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Des aînés qui vivent plus longtemps et sont plus sujets à l’anxiété

Les mains d'une personne âgée tiennent une canne.
L'étude menée par Centre manitobain des politiques en matière de santé de l'Université du Manitoba concerne trois groupes d'âges : 65 ans - 74 ans, 75 ans - 84 ans et 85 ans et plus. Photo: iStock
Radio-Canada

Les aînés manitobains sont en meilleure santé, vivent plus longtemps, mais sont aussi plus sujets à la dépression et à l'anxiété. C'est ce qui ressort d'une étude publiée lundi par le Centre manitobain des politiques en matière de santé de l'Université du Manitoba.

Cette étude complète porte sur la santé des aînés vivant dans des maisons privées ou des résidences pour personnes âgées. Elle a été menée sur deux périodes de cinq ans entre 2005 et 2010 et 2010 et 2015.

Au total elle été menée sur un échantillon de plus de 200 000 aînés manitobains divisés en trois groupes d'âge : 65 ans - 74 ans, 75 ans - 84 ans et 85 ans et plus.

Trois principaux points se dégagent de cette étude. Elle montre dans un premier temps que les aînés vivent plus longtemps, sont moins sujets aux maladies cardio-vasculaires et aux attaques cardiaques et qu’ils restent plus longtemps au sein de leur communauté, c’est à dire chez eux où dans des appartements spécialisés, plutôt que dans des établissements de soins.

« Quand on mène des sondages auprès d’eux, les aînés situent leur niveau de santé plus positivement que par le passé et s’estiment plus actifs », explique le docteur Dan Chateau, professeur assistant au département des sciences de la santé communautaire à l’Université du Manitoba.

D’un autre côté, l’étude montre une certaine détérioration de la santé mentale.

« Nous voyons des niveaux plus importants de démence, de dépression et d’anxiété ainsi qu’une augmentation des troubles dus à la consommation de substances psychotropes », note le docteur Chateau.

Selon lui, les patients qui ont participé à l’étude sont moins enclins à situer positivement leur niveau de santé mentale et reconnaissent souvent être stressés.

L’étude montre aussi un taux d’hospitalisation en baisse chez les aînés. En revanche les chiffres illustrent une augmentation des visites chez les médecins de famille qui témoigne d’une hausse massive de la demande pour les soins primaires, selon le Dr Chateau.

Les babyboomers sont les aînés d'aujourd'hui

« Cela peut s’expliquer par le fait que cette génération a un rapport différent avec le système de santé, elle a peut-être davantage le réflexe de l’utiliser et de prendre soin d’elle », avance le médecin.

« Les babyboomers deviennent les aînés d’aujourd’hui et ce groupe d’âge, entre 64 et 74 ans, amène avec lui des changements concernant le recours aux services de santé. »

Âgée de 83 ans, Carmen LaRoche habite à l’Accueil Colombien à Saint-Boniface. Elle siège au conseil d’administration des résidents de cette résidence pour aînés qui vivent de manière indépendante en appartements. Elle dit comprendre les conclusions de l’étude.

« Les aînés sont plus conscients de ce qu’ils mangent et ils font un effort pour manger de bonnes choses. Ceux qui vivent longtemps se gardent actifs. Il y a plein de personnes qui continuent de faire des choses, qui font de l’exercice, qui s'occupent de vérifier les petits problèmes avant que ça ne devienne des gros problèmes », souligne Carmen LaRoche.

Selon elle, l’éloignement de la famille et la perte d’un compagnon de vie expliquent par ailleurs les problèmes de santé mentale parmi les aînés.

L'étude menée par le Centre manitobain des politiques en matière de santé de l'Université du Manitoba a pour but d'aider les planificateurs en soins de santé à se préparer à répondre aux besoins des aînés qui ne vivent pas dans des foyers de soins.

Manitoba

Santé publique