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La stratégie d'Ottawa pour lutter contre la pénurie d'enseignants est bien accueillie

Des enfants dans une salle de classe.

Un enseignant sur cinq quitte son poste dans les premières années de sa carrière, selon la Fédération nationale des conseils scolaires francophones.

Photo : Radio-Canada / Pierre Verrière

Abdoulaye Cissoko

Ottawa veut agir pour favoriser le recrutement et la rétention des enseignants francophones. La stratégie veut permettre, entre autres, de financer des projets afin de comprendre les causes de la pénurie qui touchent les écoles françaises et d'immersion un peu partout au pays.

Cette annonce est bien accueillie par des intervenants du milieu de l'éducation française. Ils plaident également pour une valorisation du métier d'enseignant.

Ainsi, Valérie Morand, directrice générale de la Fédération nationale des conseils scolaires francophones, dit que son organisme travaille avec l'Université d'Ottawa sur une étude visant à mieux comprendre la pénurie.

Valérie Morand.

Valérie Morand, directrice générale de la Fédération nationale des conseils scolaires francophones.

Photo : FNCSF

« On tente de cerner toutes les causes qui font qu'on perd beaucoup de nos enseignants. On estime qu'un enseignant sur cinq quitte son poste dans les premières années et on veut savoir pourquoi », explique-t-elle.

Elle affirme que, jusqu'à présent, les conseils scolaires francophones ont fait preuve de beaucoup de créativité pour rester compétitifs, malgré une forte concurrence du système anglophone, qui est également à la recherche d'enseignants francophones, notamment en immersion.

« Il faut parfois offrir des incitatifs financiers, du mentorat et des outils d'accompagnement qui feront en sorte qu'on va avoir de meilleures chances de pouvoir attirer des enseignants francophones et les garder au sein de nos écoles », note Valérie Morand.

La rétention des enseignants est un défi majeur pour certaines écoles.

La Division scolaire franco-manitobaine (DSFM) affirme cependant ne pas connaître ce problème. Selon le directeur général, Alain Laberge, le secret de cette réussite est d'être le plus transparent possible quand on embauche des enseignants.

« C'est d'expliquer aux enseignants à quoi ils devraient s'attendre. Lorsque, par exemple, on les envoie à Thompson (une ville située dans le nord du Manitoba), on leur dit qu'ils seront à huit heures de route de Winnipeg », explique-t-il.

Un homme, Alain Laberge,pose devant la caméra et sourit.

Alain Laberge, directeur général de la Division scolaire franco-manitobaine.

Photo : Dan Harper

M. Laberge dit que la DSFM met aussi l'accent sur la prise en charge de nouvelles recrues. La division organise ainsi un institut d'été pour tous ses nouveaux enseignants.

« On les prend en charge dès leur arrivée, en août, puis on leur affecte des enseignants appelés des leaders pédagogiques. En cours d'année, ils ont un appui qui leur évite de tomber dans les failles du système », ajoute-t-il.

Valoriser le métier d'enseignant

D'après les intervenants, la lutte contre la pénurie d'enseignants passe également par la valorisation de cette profession. Selon Valérie Morand, le plus souvent, le métier d'enseignant a mauvaise presse. Les enseignants évoluent dans un milieu où les choses changent rapidement.

« On ne parle pas assez du rôle qu'ils peuvent jouer pour changer la vie d'un élève. Je pense qu'en ayant des campagnes de promotion on pourrait peut-être réussir à convaincre des jeunes pouvant être d'excellents enseignants, mais qui, pour l'instant, n'envisagent pas de faire carrière dans ce domaine », estime-t-elle.

Alain Laberge affirme que cette revalorisation est d'autant plus importante que le regard sur le métier d'enseignant a radicalement changé au fil des années. « Il y a des gens pour qui le système scolaire a des ratés. Ils sont donc en porte-à-faux avec le monde de l'éducation », dit-il.

Selon lui, il faut commencer le travail de valorisation très tôt auprès des jeunes.

Faciliter le recrutement à l'étranger

High school teacher calling on student in classroom

Un enseignant en salle de classe

Photo : Getty Images / Hero Images

Valérie Morand pense que la reconnaissance des compétences professionnelles des nouveaux arrivants permettrait aussi de contrer la pénurie d'enseignants.

« J'étais à Destination Canada (un salon de l'emploi qui se déroule à Paris et à Bruxelles) l'automne dernier, j'ai vu des centaines d'enseignants qualifiés qui souhaitent venir au Canada. Toutefois, ils doivent obtenir la reconnaissance de leurs compétences professionnelles. Cela passe par les ordres des enseignants, dont les critères varient selon les provinces et les territoires », dit-elle.

Mme Morand plaide par ailleurs pour un système qui favoriserait la mobilité des enseignants canadiens, mais également ceux qui viennent de l'étranger. Elle souhaite que la procédure de reconnaissance des compétences de nouveaux arrivants soit allégée.

Selon elle, de nombreux enseignants étrangers soumettent leurs candidatures, mais très peu vont jusqu'au bout du processus.

Manitoba

Éducation