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Frontière américaine : le transfert d'agents au Sud fait craindre des délais au Nord

Des dizaines d'automobiles prises dans une congestion au point d'entrée de Niagara Falls.

Le déplacement de centaines d'agents frontaliers vers la frontière américano-mexicaine risque d’entraîner d'importants délais d’attente le long de la frontière nord.

Photo : Associated Press / Don Heupel

Radio-Canada

Des centaines d'agents frontaliers américains sont temporairement réaffectés vers le sud du pays, ce qui, à l'aube de la saison estivale, pourrait entraîner des conséquences sur le commerce transfrontalier et le tourisme le long de la frontière nord.

Le Service des douanes et de la protection des frontières des États-Unis (SDPF, en anglais U.S. Customs and Border Protection ou CBP) indique que 731 agents des services frontaliers terrestres, maritimes et aéroportuaires seront envoyés en renfort à la frontière entre les États-Unis et le Mexique pour aider à gérer l'arrivée de familles et d'enfants non accompagnés en provenance d'Amérique centrale.

Le président Donald Trump a fait de la lutte contre l'immigration illégale une de ses priorités, mais il fait face à une hausse des arrivées de migrants en provenance essentiellement du Honduras, du Guatemala ou du Salvador, dont le nombre est estimé à environ 100 000 par mois.

Les agents proviennent de 328 points d'entrée, mais le SDPF ne précise pas lesquels.

Ce transfert survient au moment où les entreprises américaines se préparent pour la saison estivale, pendant laquelle des dizaines de milliers de touristes canadiens contribuent à stimuler l'économie de collectivités situées dans les États frontaliers et ailleurs aux États-Unis.

La décision inquiète ceux qui, le long de la frontière nord, dépendent de ce commerce transfrontalier, notamment les aubergistes, les commerçants et les restaurateurs américains, qui craignent que leurs clients canadiens ne soient pris dans des embouteillages aux postes frontaliers.

Garry Douglas, le président et PDG de la North Country Chamber of Commerce de Plattsburgh, dans l'État de New York, voit le commerce avec le Canada comme « la plus grande force motrice  » de l'économie régionale.

Il a fallu des années pour obtenir des effectifs suffisants à la frontière nord, longue de 8891 kilomètres, où environ 400 000 personnes et 1,6 milliard de dollars américains en marchandises transitent quotidiennement, a-t-il fait valoir au cours d’une entrevue accordée à l'Associated Press.

Dans un courriel, il a indiqué ne pas encore avoir constaté de problèmes, mais a averti que la haute saison ne commencerait que la fin de semaine du 18 mai.

Des centaines de baigneurs profitent d'une journée à la plage à Old Orchard.

La ville d'Old Orchard, dans le Maine, dépend beaucoup des touristes canadiens.

Photo : Associated Press / Pat Wellenbach

Des élus inquiets

La semaine dernière, 13 élus du Congrès de six États frontaliers du Nord – New York, Michigan, New Hampshire, Minnesota, Washington et Dakota du Nord – ont écrit au secrétaire à la Sécurité intérieure par intérim, Kevin McAleenan, pour exprimer leurs inquiétudes.

« La décision de déployer des agents du SDPF à la frontière sud complique de plus en plus la mission de base de l’agence, qui consiste notamment à sécuriser efficacement les points d'entrée aux États-Unis et à protéger et simplifier le commerce et les voyages légaux », ont écrit les élus – des démocrates et des républicains – dans leur lettre datée du 3 mai et rendue publique mercredi dernier.

Jeudi, le représentant démocrate du Vermont, Peter Welch, a envoyé une lettre identique au département de la Sécurité intérieure.

« Le tourisme est au cœur de notre économie dans l'État du granit, et je suis très préoccupée par toute perturbation de l'efficacité des opérations à la frontière canadienne », a déclaré à l'Associated Press la représentante démocrate Annie Kuster, du New Hampshire, dans une entrevue par courriel.

« Le déplacement du personnel du Service des douanes et de la protection des frontières depuis la frontière nord risque d'avoir des répercussions sur le commerce et le tourisme américano-canadiens à l’approche des mois d'été, qui sont très occupés. Je travaillerai avec mes collègues dont les États et les districts ont une frontière commune avec le Canada pour régler ce grave problème. »

Dans une déclaration conjointe, la sénatrice républicaine Susan Collins et son collègue indépendant Angus King, tous deux du Maine, ont dit comprendre le besoin de ressources supplémentaires à la frontière sud, mais ont dit qu'ils surveillaient la situation pour « s'assurer que la frontière nord demeure sûre et sécuritaire, et que les passages qui facilitent les emplois et les activités économiques essentielles ne sont pas touchés de façon négative au Maine ».

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