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Des traces de pollution de l’époque romaine détectées dans les Alpes

Ruines de la civilisation romaine à Rome.
Ruines de la civilisation romaine à Rome. Photo: iStock / stocklapse
Alain Labelle

Certaines des couches de glace du massif du Mont-Blanc présentent des traces de plomb et d'antimoine, une réalité qui montre l'existence d'une pollution atmosphérique dès l'antiquité romaine.

La pollution atmosphérique ne serait donc pas apparue avec la révolution industrielle (de la fin du 18e siècle et surtout au 19e siècle).

À la suite d’examens au carbone 14, une équipe internationale menée par des scientifiques français de l’Institut des géosciences de l’environnement a montré une présence très significative de métaux toxiques comme du plomb et de l’antimoine dans les plus profondes couches du glacier du col du Dôme entre la France et l’Italie.

Le massif du Mont-Blanc. Le massif du Mont-Blanc tel que vu à partir d'Émosson, en Suisse. Photo : Reuters / Denis Balibouse

Selon les chercheurs, c’est la première fois que l'on trouve de l'antimoine dans la glace alpine ancienne.

Susanne Preunkert et ses collègues estiment que cette pollution est liée à l’activité minière et à la production de plomb et d’argent des Romains.

Le saviez-vous?

  • L’opération de forage au col du Dôme a eu lieu en août 2016.
  • Trois carottes de glace, de 126, 128 et 129 mètres, ont été extraites, puis descendues par hélicoptère dans la vallée.
  • Elles sont entreposées dans un entrepôt frigorifique près de Grenoble.

Deux pics d’émissions

Les Romains extrayaient le minerai de plomb argentifère pour produire le plomb nécessaire à la fabrication des conduites d’eau, et l’argent pour la monnaie.

Ce procédé de séparation plomb-argent demandait une fusion du minerai à 1200 degrés Celsius, ce qui entraînait d’importantes émissions de plomb dans l’atmosphère.

Des traces de ces émissions avaient déjà été montrées dans des tourbières.

Deux périodes d’émission de plomb bien distinctes ont été observées dans les archives alpines, et retracent par le fait même les deux grandes périodes de succès de la civilisation romaine.

  • la République (entre 350 et 100 ans av. J.-C.)
  • l’Empire (entre 0 et 200 ans apr. J.-C.).

Cette première étude consacrée à la pollution durant l’Antiquité permet de mieux évaluer l’impact des émissions anciennes sur l’environnement européen et de le comparer notamment à celui de la pollution plus récente liée à l’utilisation de l’essence au plomb dans les années 1950-1985.

D’autres études du glacier du col du Dôme ont déjà mis en évidence une nette augmentation des émissions de dioxyde de soufre (SO2) entre 1925 et 1980 provenant des pays entourant l’arc alpin.

Pollution

Science