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Un tramway « par phases » en attendant de boucler le financement

Esquisse du réseau structurant de transport en commun de la Ville de Québec

La ligne de tramway se rendra jusqu’au secteur Louis XIV, dans le nord de la ville.

Photo : Ville de Québec

Louis Gagné

Le gouvernement Legault est prêt à donner le feu vert à la construction du tramway de la Ville de Québec avant même d'avoir bouclé le financement du projet, quitte à y aller par étapes. Il croit pouvoir aller chercher les 800 millions de dollars manquants en cours de route.

« Je le confirme aux gens de Québec et de Lévis : ce projet-là va se faire. Il y a une somme de 2,5 milliards disponible immédiatement et on va pouvoir aller chercher l’autre 800 millions dans 4 ans, quand on va finaliser le budget », assure le ministre des Transports, François Bonnardel.

Le ministre a expliqué lundi comment il entend s’y prendre pour compléter le financement du réseau structurant de transport en commun de Québec, qui fait l’objet d’une querelle fédérale-provinciale.

Le projet de tramway est évalué à 3,3 milliards de dollars. Les trois niveaux de gouvernement se sont engagés à le financer comme suit :

Répartition du financement du projet de tramway

- Gouvernement du Québec : 1,8 milliard $
- Gouvernement du Canada : 1,2 milliard $
- Ville de Québec : 300 millions $

Total : 3,3 milliards $

Chaque niveau affirme que l’argent est disponible et prêt à être dépensé. Québec et Ottawa ne s’entendent toutefois pas sur la façon d’utiliser les fonds fédéraux.

Esquisse du réseau structurant de transport en commun de la Ville de Québec

Le projet de réseau structurant de transport en commun de la Ville de Québec, qui prévoit l'aménagement d'une ligne de tramway, est évalué à 3,3 milliards de dollars.

Photo : Ville de Québec

Ces fonds incluent une enveloppe de 5,2 milliards pour le transport collectif et une autre de 1,8 milliard pour les infrastructures vertes.

[On va faire le projet] par phase, mais l'argent est sur la table. On va aller [le] chercher en bonne et due forme pour que Québec fasse son projet.

François Bonnardel, ministre québécois des Transports

Critères d’achalandage

Le gouvernement Legault souhaiterait puiser le 1,2 milliard promis par Ottawa à même l’enveloppe de 5,2 milliards dédiée au transport collectif.

Or, l’entente bilatérale intégrée Canada-Québec, qui a été conclue en 2018 pour une période de 10 ans, précise que les sommes sont octroyées aux sociétés de transport en fonction de leur achalandage, ce qui avantage grandement la région de Montréal.

Selon les critères actuels, le montant qui sera accordé au Réseau de transport de la capitale (RTC) pour la réalisation du tramway ne pourra pas excéder 400 millions de dollars.

Ottawa propose au gouvernement Legault d’aller chercher les 800 millions manquants dans le fonds des infrastructures vertes, ce que ce dernier refuse de faire, puisque les sommes ont déjà été accordées à d’autres projets.

François Bonnardel en entrevue dans les studios de Radio-Canada

Le ministre des Transports du Québec, François Bonnardel

Photo : Radio-Canada

Les modalités de l’entente bilatérale intégrée pourront être renégociées après 5 ans, soit en 2023. François Bonnardel croit qu’il sera alors possible de faire « sauter » la clause sur l’achalandage. Le gouvernement du Québec, dit-il, sera ainsi libre d’aller puiser les 800 millions manquant dans le fonds du transport en commun.

« Dans ces conditions, on peut débuter le projet et quand la clause d'achalandage va sauter dans 4 ans, bien nécessairement, il y aura 800 millions disponibles, donc c'est une des options qu'on va privilégier pour financer, boucler ce budget », indique le ministre des Transports.

Un plan « boiteux »

L’opposition libérale ne partage pas l’optimisme de François Bonnardel. Son porte-parole en matière de transports, Gaétan Barrette, reproche au gouvernement Legault de mettre le projet de tramway en danger en ouvrant la porte à une réalisation par étapes.

« Je pense que ce gouvernement-là, face à ses problèmes d'avoir trop promis, annonce un projet en phases pour en abandonner une, éventuellement, ou deux. Ce projet-là est un projet complet. Il n'a pas sa fonctionnalité s'il n'est pas construit au complet », insiste Gaétan Barrette.

Les banlieues devant aller au centre-ville, le centre-ville revenir aux banlieues, alors imaginez si on fait un, mais pas l'autre. Rien qu'en le disant comme ça, on voit bien que c'est quelque chose qui va être boiteux.

Gaétan Barrette, porte-parole du Parti libéral en matière de transports

Le député de La Pinière affirme qu’en bout de ligne, ce sont les citoyens de Québec qui seront les grands perdants.

Gaétan Barrette répond aux questions des journalistes dans les couloirs de l'Assemblée nationale.

Le porte-parole libéral en matière de transports, Gaétan Barrette

Photo : Radio-Canada

L’argent est là, martèle Ottawa

De son côté, le gouvernement fédéral a réitéré que les sommes qu’il s’est engagé à investir dans le projet de tramway étaient toujours disponibles.

Invité à commenter la sortie de François Bonnardel, le député fédéral de Louis-Hébert, Joël Lightbound, a indiqué que le gouvernement du Québec allait devoir fournir des explications sur sa proposition.

« C'est au gouvernement du Québec d'expliquer en quoi ça va consister et que ça n'occasionnera pas de délais. L'argent, pour nous, il est là pour la construction, il est là pour être investi. »

La Ville de Québec n’a pas voulu réagir à l’annonce du gouvernement Legault.

Avec la collaboration de Louise Boisvert, Sébastien Bovet, Olivier Lemieux, Véronique Prince et Patrice Roy

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