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Le départ tardif de la pêche au crabe se répercute sur les travailleurs d’usine

Un travailleur décortique du crabe

Photo : Radio-Canada / Philippe Grenier

Radio-Canada

Les dates écourtées de la pêche au crabe, du début mai à la fin juin dans la zone 12, ont un impact sur les usines de transformation, qui doivent augmenter la cadence. Des membres de l'industrie du crabe aux Îles-de-la-Madeleine tirent la sonnette d'alarme.

Le départ tardif de la pêche au crabe a une fois de plus cette année ajouté une pression supplémentaire dans les usines, où on compte beaucoup de travailleurs âgés de 60 ans et plus.

Fruits de mer Madeleine, par exemple, emploie 156 Madelinots âgés en moyenne de presque 62 ans. Depuis le début du mois de mai, la chaîne de production fonctionne à plein régime.

Une fois de plus cette année, les heures sont plus longues. Âgé de 70 ans, Julien Landry explique que la courte durée de la saison a un impact énorme sur la vie familiale.

C’est dur, dit-il, les gens sont sept jours au travail, un dimanche de congé de temps en temps et, physiquement, ce n’est pas un travail si facile que ça!

Un homme debout dans une usine qui décortique du crabe.

Les longues heures de travail ont un effet sur la motivation, la santé et le moral des employés.

Photo : Radio-Canada / Philippe Grenier

Le directeur de l’usine, Pierre Déraspe, croit qu’il est impensable de maintenir un rythme de production aussi élevé avec des gens âgés.

Il estime que ce sont les employés d’usine qui assument les contrecoups d’un lancement tardif de la saison, en raison de la présence de glaces dans les ports du Nouveau-Brunswick, et de la fin plus hâtive pour protéger la baleine noire.

Il juge que cela devient un frein pour conserver ses employés et en attirer des nouveaux.

Tous les ans, c'est pareil, dit-il, un paquet de gens vont avoir des accidents de travail parce qu'ils sont épuisés, ont des pneumonies. Ce sont des choses qui pourraient être évitées si le départ était plus ralenti, plus graduel, ce qui les amènerait à faire une saison plus longue avec le même nombre d'heures.

Départ à date fixe

Les crabiers madelinots et gaspésiens étaient prêts à prendre la mer au début du mois d'avril. Les crabiers de la zone 12 ne sont finalement partis que le 2 mai.

Cette attente est inutile, selon Paul Boudreau, représentant des crabiers traditionnels des Îles-de-la-Madeleine. Il souhaite que Pêches et Océans Canada procède à l’ouverture de la pêche au crabe avec une date fixe.

On s'attend, explique M. Boudreau, que le Ministère mette ses culottes et décide d'ouvrir la pêche le plus tôt possible pour tout le monde. Les pêcheurs, les capitaines décideront quel est le moment opportun pour eux pour sortir en mer.

Ces changements toutefois pourraient pénaliser les crabiers du Nouveau-Brunswick, incapables de partir en même temps que les autres pêcheurs du golfe.

Paul Boudreau croit, par contre, que les crabiers néobrunswickois pourraient trouver des solutions. Ils vont pouvoir, dit-il, faire leur saison plus tard ou bien déplacer leurs bateaux pour rester dans des ports ouvert à l'année.

Julien Landry garde la forme et le sourire, mais la semaine de travail est longue. Je peux vous garantir qu'après six jours de travail, je fais mon âge , lance le septuagénaire.

Un travailleur dans une usine de transformation de produits marins (Fruits de mer Madeleine).

Julien Landry travaille à l'usine Fruits de mer Madeleine, où la moyenne d'âge des employés est de 62 ans.

Photo : Radio-Canada / Philippe Grenier

Il avoue toutefois que si rien ne change, il ne sera pas de retour l'an prochain.

Avec les informations de Philippe Grenier

Gaspésie et Îles-de-la-Madeleine

Industrie des pêches