•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Mieux comprendre cette maladie du foie qui inquiète dans le nord du Manitoba

Dix professionnels de la santé avec des manteaux d'hiver devant un petit avion.
Les experts ont dû se rendre par avion de Winnipeg jusqu'à St. Theresa Point qui est seulement accessible du haut des airs. Les recherches ont lieu près de cette communauté oji-cris dans le nord-est du Manitoba. Photo: fournie par Julia Uhanova
Radio-Canada

Des professionnels de la santé souhaitent collaborer avec au moins 2000 personnes des régions de Island Lake et Winkler dans le nord-est du Manitoba afin d'avoir une meilleure idée de la prévalence de la stéatose hépatique non alcoolique, une maladie du foie de plus en plus répandue.

Ce sont des médecins, des diététiciens et infirmières, ainsi que des coordonnateurs dans des organismes pour les communautés autochtones, qui participent à ce projet d’étude en collaboration avec l’Université du Manitoba, l’Autorité de santé Four Arrows et une clinique de Winkler.

La docteure Julia Uhanova, qui dirige cette recherche à l’Université du Manitoba, explique que la stéatose hépatique non alcoolique touche un plus grand nombre de personnes. Pas seulement au Manitoba, souligne-t-elle, mais partout dans le monde.

Nous observons cette maladie beaucoup plus dans les communautés autochtones, beaucoup plus qu’on le voudrait, alors c’est un gros problème

Dre Julia Uhanova

Cette maladie s'observe notamment en raison d’un apport alimentaire trop riche en gras. La matière grasse s’accumule dans le foie des personnes qui consomment peu ou pas du tout d’alcool.

À l’occasion de ce projet d’étude, les professionnels de la santé procéderont à des tests médicaux sur les personnes qui acceptent d’y collaborer. Il y aura ensuite d’autres examens qui auront lieu à différents moments au cours d’une période de cinq ans.

Après la première série de tests, les personnes chez qui la maladie a été diagnostiquée seront surveillées de plus près et pourront travailler avec l’équipe d’experts pour diminuer les risques associés à la stéatose hépatique non alcoolique.

Les autres devront seulement effectuer d’autres tests vers la fin du projet d’étude.

Des avantages autant pour les participants que pour les chercheurs

Selon la docteure Uhanova, le projet est un succès puisque les communautés ont accepté d’accueillir les chercheurs et les professionnels de la santé. Je suis vraiment honorée de voir qu’ils souhaitent collaborer avec nous. La communauté nous a ouvert la porte , mentionne-t-elle.

Puisque cette maladie peut rapidement être atténuée en modifiant notamment les habitudes alimentaires, la docteure ajoute que l’aide des participants au projet sera d’autant plus utile.

Christina Disbrowe, une des participantes, explique qu’elle a appris beaucoup grâce à ses premières discussions avec les spécialistes. Dans six mois, elle pourra voir un professionnel de la santé pour des tests sanguins et le tout se fera dans sa communauté, qui est éloignée des grands centres.

Je serais tellement heureuse si tout le monde voulait participer à cette étude

Christina Disbrowe de Red Sucker Lake

Les habitudes alimentaires des communautés éloignées doivent être repensées puisque les résidents n'ont pas accès à des produits frais et santé qui sont abordables. Ainsi, l'équipe estime qu'une meilleure connaissance des habitudes alimentaires traditionnelles des peuples autochtones pourrait être utile.

La docteure Julia Uhanova souligne que plusieurs participants partagent même leur savoir autochtone avec l’équipe du projet de recherche.

On est réellement en train de faire un échange de connaissance, de nous vers eux et ainsi de suite , croit-elle.

La docteure est optimiste puisque même si le taux de prévalence de la maladie est plus élevé, lorsqu’elle est observée rapidement chez un patient, le simple fait de réduire la consommation de boissons sucrées peut avoir des effets très positifs, par exemple.

Ce projet provient d’un financement fédéral de 2 millions de dollars sur cinq ans. Les données recueillies seront utilisées par les experts mais, elles appartiendront officiellement à la communauté grâce au principe PCAP (propriété, contrôle, accès et possession).

Avec les informations d’Erin Brohman de CBC

Manitoba

Autochtones