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Gilets jaunes : affaiblissement du mouvement en ce 26e samedi de mobilisation

Une femme tenant des ballons en forme du nombre vingt-six s'adresse à des policiers en tenue antiémeute sur une place publique de Nantes.

Des centaines de personnes ont manifesté samedi à Nantes, en France.

Photo : Getty Images / Sebastien Salom-Gomis

Agence France-Presse

À bientôt six mois de mobilisation, les gilets jaunes n'ont pas réussi à contrer l'essoufflement de leur mouvement au cours de leur 26e samedi de mobilisation.

Selon le ministère de l'Intérieur, ils étaient 18 600 en France, dont 1200 à Paris, soit la plus faible mobilisation depuis le début du mouvement le 17 novembre. Un décompte contesté par les gilets jaunes, qui ont comptabilisé environ 37 500 manifestants.

Cet essoufflement du mouvement est depuis longtemps espéré par les autorités, la crise des gilets jaunes étant la pire essuyée par Emmanuel Macron depuis son accession au pouvoir il y a deux ans, et ayant coïncidé avec une baisse de sa popularité. Sa cote est cependant remontée à 32 %, selon le dernier sondage en date, paru vendredi, à un peu plus d'un mois des élections européennes du 26 mai, pour lesquelles la liste de la majorité présidentielle est au coude-à-coude avec celle de l'extrême droite.

« On est là, on est là », assuraient cependant plusieurs centaines de gilets qui défilaient à Paris. L'accès aux Champs-Élysées était une nouvelle fois fermé, dans la crainte d'une répétition des violences qui émaillent régulièrement ces cortèges.

Affrontements avec des policiers

À Lyon (centre-est) ou Nantes (ouest), où les gilets avaient annoncé des manifestations « nationales », les cortèges ont réuni respectivement environ 2000 personnes dans une ambiance qui s'est rapidement tendue.

À Nantes, une équipe de la Brigade anti-criminalité (BAC) a été la cible de jets de projectiles par des manifestants, ce qui a conduit à une intervention des forces de l'ordre et à des tirs de LBD – des lanceurs de balles de défense.

Un journaliste reporter d'images (JRI) de la chaîne d'information CNews a dit avoir été touché par un tir de LBD au niveau du bas-ventre, assurant toutefois aller « bien ».

À Lyon, la gendarmerie mobile et les CRS, qui encadraient de très près la tête du cortège, étaient l'objet de jets de bouteilles, de pierres ou de pétards. Ils ripostaient par de nombreux tirs de gaz lacrymogène, a constaté un journaliste de l'AFP. Des heurts qui ont fait 10 blessés côté forces de l'ordre et au moins un côté manifestants, selon l'AFP, et qui ont conduit à neuf interpellations dans la journée.

Une foule marche dans une rue de Nantes, quelqu'un brandissant une pancarte sur laquelle il est écrit «La peur a changé de camp! #Revolution».

Il s'agissait du 26e samedi de mobilisation d'affilée pour les gilets jaunes.

Photo : Getty Images / Sebastien Salom-Gomis

À Bordeaux (sud-ouest), ex-bastion du mouvement, la mobilisation a continué de baisser avec 700 gilets jaunes, tandis qu'une centaine de gilets jaunes seulement ont défilé à Nice (sud-est).

« Tant en nombre qu'en motivation, ça n'a rien à voir avec les manifs du début, ça a marché un temps, mais il y a de la lassitude. Aussi, beaucoup de gens ont peur des violences policières », reconnaît Mo, 32 ans et militant de La France Insoumise (gauche radicale).

« Je commence à penser que ça ne sert à rien », soupire à Paris Christine Sawicki, 51 ans, comptable, qui estime insuffisantes les récentes mesures en faveur du pouvoir d'achat prises par le président Emmanuel Macron, à la suite du « grand débat national » de deux mois destiné à écouter la fronde populaire.

D'autres gilets ne voulaient pas croire à un déclin. « Ça va, ça vient, ça dépend des jours », assure Laurence, 57 ans, à Paris.

« Il y a eu un bel éveil des consciences. Il y a de plus en plus de gens qui nous rejoignent et qui comprennent que le gilet jaune, c'est pas une idéologie politique ou terroriste, et que en-dessous il y a des citoyens, et que les revendications qu'on apporte sont des revendications citoyennes », veut croire Jérôme Rodrigues, figure du mouvement qui manifestait à Lyon.

Pour Anaïs, auxiliaire de puériculture âgée de 26 ans et coorganisatrice de la manifestation de Douai (nord), la mobilisation va « stagner » d'ici les élections européennes, prévues le 26 mai en France. « On est un peu en attente », estime-t-elle, même si à titre personnel elle « ne va pas lâcher ».

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