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De retour en France, l'un des ex-otages reconnaît qu'ils auraient dû éviter le Bénin

Laurent Lassimouillas, Patrick Picque et la Sud-Coréenne qui ont été libérés au Burkina Faso ont été accueillis par le président Emmanuel Macron à Villacoublay,

Photo : Reuters / Francois Guillot

Radio-Canada

Arrivé en France après sa libération par des forces spéciales françaises, l'un des deux ex-otages enlevés au Bénin a reconnu qu'ils auraient « certainement » dû « éviter » une zone non recommandée par l'État.

« Certainement aurions-nous dû prendre davantage en compte les recommandations de l'État et la complexité de l'Afrique, et éviter de nous rendre dans cette magnifique région du monde qui malheureusement bascule dans l'instabilité », a affirmé Laurent Lassimouillas, peu après son arrivée à la base aérienne de Villacoublay, près de Paris.

Les deux ex-otages français, Patrick Picque, 51 ans, et Laurent Lassimouillas, 46 ans, en plus d’une autre ex-otage sud-coréenne, sont arrivés en France, où ils ont été accueillis plutôt froidement par le président Emmanuel Macron, les ministres français des Affaires étrangères et des Armées et l'ambassadeur de la Corée du Sud.

« On est vraiment très loin des cérémonies d'accueil qui ont eu lieu par le passé, explique Vincent Touraine, collaborateur spécial de Radio-Canada à Paris. On se rappelle notamment en [2014], quand François Hollande avait accueilli des journalistes français qui avaient été pris en otages en Syrie et libérés, il y avait eu des accolades. Là, au contraire, on sent véritablement une distance. »

Deux membres des forces spéciales françaises ont perdu la vie lors de l’opération visant la libération des otages avant leur éventuel transfert vers le Mali.

Deux hommes marchent près d'un avion, sous un parapluie avec une expression grave sur leur visage.

Le président français Emmanuel Macron (droite) avec l'ex-otage Laurent Lassimouillas (gauche)

Photo : Reuters / Francois Guillot

« Le message de la France est clair, a déclaré pour sa part la ministre française des Armées Florence Parly, qui accompagnait le président français. C’est un message qui s’adresse aux terroristes : ceux qui veulent s’en prendre à la France et aux Français savent que nous les traquerons, nous les trouverons et nous les neutraliserons. »

M. Macron n’a pas pris la parole publiquement, et les médias français ont rapidement noté l'attitude distante du président à l'égard des ex-otages, qui se sont fait capturer le 1er mai dernier alors qu’ils visitaient une réserve faunique dans le nord du Bénin. Leur guide a été tué lors de l’enlèvement.

En plus des trois personnes rapatriées en France, une Américaine, dont l'identité n'a pas été dévoilée, devrait rentrer sous peu aux États-Unis.

Région déconseillée par la France

Sur le site web du ministère français des Affaires étrangères, il est formellement déconseillé de se déplacer dans l'extrême-nord du Bénin, frontalier du Burkina Faso et du Niger, « compte tenu de la présence de groupes armés terroristes et du risque d'enlèvement ».

Lors d’un autre point de presse organisé à Ouagadougou avant le départ des otages pour la France, M. Lassimouillas avait adressé ses « condoléances » aux familles et aux proches des soldats, estimant que « leur sacrifice donne un sens à nos vies et à celles de tous les Français qui défendent les valeurs essentielles de la République ».

Un hommage national aux deux commandos tués dans l'opération, le maître Cédric de Pierrepont et le maître Alain Bertoncello, sera organisé mardi aux Invalides. Leur mort porte à 27 le nombre de militaires français tués depuis l'opération Serval au Mali en 2013, à laquelle a succédé l'opération Barkhane en 2014.

L’opération de sauvetage a été motivée par le risque que les otages soient transférés dans les prochains jours à la katiba Macina, un groupe important dans la région, affilié au Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), proche d’Al-Qaïda.

Avec les informations de Reuters, Agence France-Presse, et Le Monde

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