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Justin Trudeau participera à l'« appel de Christchurch » pour lutter contre l'extrémisme en ligne

Le premier ministre Justin Trudeau lors de son passage à Québec.
Selon le premier ministre Justin Trudeau, il faut trouver des solutions concrètes pour éliminer les contenus en ligne à caractère terroriste. Photo: Radio-Canada / Alice Chiche
Radio-Canada

Le premier ministre Justin Trudeau se rendra en France cette semaine pour participer à l'appel de Christchurch, une réunion multilatérale visant à enrayer la propagation du terrorisme et de l'extrémisme en ligne.

Dans une déclaration publiée une semaine avant le sommet, M. Trudeau a affirmé que « les médias sociaux et d’autres plateformes en ligne ont permis de créer des nouveaux liens positifs et sans précédent entre les gens », mais que ceux-ci sont de plus en plus « utilisés pour promouvoir, publier et répandre la violence extrémiste et la haine. »

Les gouvernements et les entreprises des secteurs technologiques réunis lors de ce sommet discuteront des moyens à prendre pour lutter contre les contenus violents dans Internet. Lors de la fusillade de Christchurch, en Nouvelle-Zélande, le tireur a diffusé son attaque en direct sur les réseaux sociaux, et cette vidéo a été partagée des milliers de fois.

M. Trudeau a condamné les « éléments toxiques » de la société qui ont colporté, immédiatement après la fusillade de Christchurch, le fait que la diversité serait une faiblesse pour les nations.

La ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, a également déclaré aux Nations unies que le néonazisme, le suprémacisme blanc et l'islamophobie constituent certaines des « menaces les plus graves » auxquelles le monde est confronté.

De son côté, Washington a officiellement condamné la violence à Christchurch, et le président Donald Trump a exprimé sa sympathie pour les victimes. Il a toutefois minimisé la menace du nationalisme blanc à travers le monde, affirmant qu'il ne la considérait pas comme une menace croissante, malgré des données suggérant une augmentation.

Aucun représentant de la Maison-Blanche n'a été invité à l’appel de Christchurch.

La Nouvelle-Zélande remercie le Canada

Les commentaires de Justin Trudeau, ainsi que d’autres déclarations de soutien des dirigeants canadiens, ont été d’une aide précieuse après la tragédie de Christchurch, a déclaré le haut-commissaire de la Nouvelle-Zélande au Canada Daniel Mellsop lors d’une interview accordée à l'émission The House sur les ondes de CBC.

Le représentant néo-zélandais a publiquement remercié le Canada d'avoir condamné le contenu extrémiste en ligne à la suite de la fusillade, qui a fait 51 morts en mars dernier. M. Mellsop a loué la volonté du Canada de collaborer aux efforts visant à garantir que de telles attaques ne se reproduisent plus.

« C'est formidable que le premier ministre Trudeau ait confirmé sa venue. Le soutien que nous avons reçu du gouvernement canadien a été exceptionnel », a déclaré M. Mellsop.

L'interdiction générale par la Nouvelle-Zélande des armes à feu semi-automatiques, dites de « style militaire », après l’attentat de Christchurch a incité de nombreux militants canadiens à redoubler d'efforts pour renforcer le contrôle des armes à feu.

Au Canada, 59 % des crimes violents ont été commis avec une arme à feu en 2017, 18 % avec une carabine ou un fusil de chasse, 6 % avec une arme entièrement automatique, une carabine ou un fusil à canon scié, et 17 % avec une arme à feu, selon les données de Statistique Canada.

Le gouvernement évalue actuellement la possibilité d'interdire les armes de poing.

Le travail doit être « collaboratif »

Lors du sommet en France, il sera demandé aux pays et entreprises participants de signer une déclaration par laquelle elles s'engageront à prendre des mesures concrètes pour lutter contre les contenus violents en ligne.

Selon M. Mellsop, un partenariat public-privé sera essentiel dans cet effort. Il est presque impossible de réglementer le contenu en ligne de manière à interdire complètement les publications violentes ou extrémistes, dit-il, mais il faut bien commencer quelque part.

« Je pense que pour fonctionner, les efforts doivent être collaboratifs. Les sociétés de technologie peuvent faire quelque chose. Les gouvernements aussi pourraient agir pour résoudre le problème », a déclaré M. Mellsop.

Je pense que toutes les sociétés de technologie et les pays impliqués sont d'accord pour dire qu'il existe un ensemble de contenu terroriste, d'extrémisme violent, que nous ne voulons pas avoir sur les plateformes.

Daniel Mellsop, haut-commissaire de la Nouvelle-Zélande au Canada

Les leçons de Québec

La Nouvelle-Zélande a été en contact avec des responsables canadiens pour discuter des leçons tirées de la fusillade de la mosquée de Québec. Six fidèles ont été tués en janvier 2017 lorsque Alexandre Bissonnette a ouvert le feu pendant les prières du dimanche soir.

« Après l'événement de Christchurch, nous avons certainement discuté avec les autorités du Québec, et j'ai eu un soutien formidable de la part des responsables du pays pour partager les leçons apprises », a déclaré M. Mellsop.

L’appel de Christchurch se déroule parallèlement à la réunion des ministres du G7 responsables du Numérique, qui examineront également les moyens de lutter contre la haine et les abus en ligne.

Avec les informations de CBC

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