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Une adolescente malade intimidée à travers la nouvelle application YOLO

La jeune Kelly-Ann Gallien en entrevue.

Kelly-Ann Gallien, 16 ans, est atteinte d'une maladie auto-immune depuis l'âge de 5 ans.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

YOLO, une nouvelle fonctionnalité de Snapchat, permet à ses utilisateurs d'envoyer des messages incognitos. Un anonymat derrière lequel se cachent désormais de nombreuses personnes pour intimider la jeune Kelly-Ann Gallien, élève du secondaire à Moncton.

Atteinte d’une maladie auto-immune, Kelly-Ann n’a plus de cheveux. Cela la rend différente des autres élèves de son école secondaire, mais elle tente de ne pas trop s’en soucier et de mener une vie normale.

Je l’ai depuis que j’ai cinq ans, je suis habituée de l’expliquer. C’est une maladie auto-immune. Mon système ne reconnaît pas ma racine des cheveux. Donc il va l’attaquer comme si c’était une grippe ou quelque chose de vraiment fort.

À 16 ans, elle est habituée depuis longtemps aux commentaires de ses camarades, des inconnus, et même de certains professeurs. Mais les mots n’ont jamais été aussi violents que depuis que l’application YOLO fait sensation.

Celle-ci permet aux utilisateurs de Snapchat d’envoyer des messages anonymes, et plusieurs en profitent.

Je me suis déjà fait dire [des choses] en face, mais pas autant d'insultes et autant de méchanceté. En arrière d'un écran, il y a bien des choses qui peuvent se faire.

Kelly-Ann Gallien
Différents messages reçus faisant référence à son absence de cheveux.

Kelly-Ann reçoit plusieurs messages de personnes qui se moquent de sa maladie ou de son absence de cheveux à travers la nouvelle fonctionnalité YOLO de Snapchat.

Photo : Radio-Canada

Il y a tellement de personnes qui t’encouragent, qui te disent que c’est correct, comme si de rien n’était, puis tu te dis que tu sais ce qu’ils pensent de toi dans ton dos, ajoute-t-elle.

Une tolérance zéro qui n'est pas réellement appliquée à l'école

Kelly-Ann s'est confiée à une enseignante qui l'a immédiatement dirigée vers la direction.

C'était la remplaçante de la directrice parce que la directrice était en réunion, explique la mère de la jeune fille. Elle avait l'air bien touchée par ce qui se passait, mais elle ne savait pas c'était quoi le protocole. Alors elle a renvoyé Kelly-Ann en classe.

Faute de soutien, Kelly-Ann est retournée à la maison, déçue.

Ils annoncent partout que c’est tolérance zéro, mais quand il arrive quelque chose, ils sont pas capables de rien faire. [...] On attend combien de temps avant de régler le problème?

Kelly-Ann Gallien
Kelly-Ann Gallien pratique le patinage artistique. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Malgré la maladie, Kelly-Ann Gallien ne veut pas être perçue comme une victime et tente de mener une vie ordinaire.

Photo : Radio-Canada

La procédure a été respectée et un suivi est présentement en cours pour venir en aide à l'élève, a répondu le District scolaire francophone Sud, tout en réitérant avoir une politique de tolérance zéro face à l'intimidation.

Kelly-Ann ne veut cependant pas être perçue comme une victime. Elle a une mission plus importante. Je vais revenir plus forte et j’ai l’intention de faire une présentation devant toute mon école pour que les gens comprennent. S’ils ne peuvent pas être éduqués par les parents ou par le système, moi je vais le faire.

Entre-temps, l’application YOLO a indiqué sur ses plateformes que les messages d’intimidation ne sont pas tolérés et que l’identité des gens serait révélée dans de tels cas.

D’après un reportage de Mathieu Massé

Nouveau-Brunswick

Éducation