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Le nouveau site envisagé pour Kashechewan serait toujours inondable

Une rangée de maisons jaunes et bleues, le long d'une route enneigée.
Les maisons doivent parfois être détruites et reconstruites dans la petite communauté autochtone de Kashechewan, près de la baie James, en raison des inondations printanières. Photo: Radio-Canada / Olivia Stefanovich
Philippe de Montigny

La Première Nation de Kashechewan pourrait être déplacée d'ici huit ans, grâce à une entente conclue jeudi dernier avec l'Ontario et le gouvernement fédéral, mais un rapport datant d'une douzaine d'années démontre que le nouvel emplacement prévu se trouverait toujours dans une zone inondable.

Connu sous le nom de « site 5 », l’emplacement proposé est situé à environ 30 km au sud-ouest de la réserve, en amont de la rivière Albany. Il fait toujours partie du territoire de chasse traditionnel de la communauté.

C’est ce que souhaitent nos leaders. Les familles veulent un chez-soi stable, sans être déplacées et déracinées, affirme le grand chef du conseil Mushkegowuk, Jonathan Solomon, un ancien chef de Kashechewan.

La plupart des résidents de Kashechewan ont d’ailleurs privilégié cette option lors d’un sondage en 2007 et d'un référendum en 2016. Un rapport fédéral commandé par les conservateurs de Stephen Harper avait pourtant écarté cette possibilité.

Le grand chef du conseil Mushkegowuk, Jonathan Solomon.Le grand chef du conseil Mushkegowuk, Jonathan Solomon, un ancien chef de Kashechewan. Photo : Radio-Canada / Philippe de Montigny

Vulnérable aux inondations?

Mandaté pour trouver des solutions à long terme aux problèmes vécus par la réserve autochtone, le représentant spécial du ministre des Affaires indiennes de l'époque, Alan Pope, avait conclu en 2006 que le « site 5 » se trouvait toujours dans une zone vulnérable aux inondations.

Selon son analyse, le lit de la rivière Albany est peu profond à cet endroit, et donc toute fluctuation du niveau d’eau y entraîne des inondations, parce que le bassin ne peut pas l’absorber. Il souligne par ailleurs que le transport de marchandises par bateau jusqu’au nouveau site l’été serait impossible et nécessiterait la construction d’une route entre celui-ci et le site actuel.

Dans son rapport, M. Pope privilégiait le déménagement de Kashechewan près de Timmins, à plus de 400 km des terres ancestrales de la communauté, qui s’est farouchement opposée à cette option.

Une analyse contestée

Bien que le périmètre exact du nouvel emplacement du « site 5 » ne soit pas finalisé dans le plan de travail adopté cette semaine, des chercheurs de l’Université de l’Alberta affirment que l’emplacement ciblé estsécuritaire.

Le site 5 se trouve à 3 kilomètres de la rivière et à 24 mètres au-dessus de son niveau, affirme Arshad Khan Khalafzai, qui a souvent visité la région au cours des dernières années.

Une carte altimétrique de Kashechewan et du site 5, dans le nord-est de l'Ontario.Agrandir l’imageUne carte altimétrique de Kashechewan et du nouvel emplacement choisi pour la communauté, le site 5. Photo : Arshad Khan Khalafzai/University of Alberta

Selon le chercheur, c'est le point le plus haut du territoire traditionnel de la Première Nation et le meilleur choix pour se protéger des inondations, qui ravagent régulièrement la communauté.

Et s'il y a un changement de gouvernement?

La question politique reste un grand enjeu : le ministre fédéral des Services aux Autochtones, Seamus O’Regan, affirmait jeudi qu’il espérait que le prochain gouvernement, quel qu’il soit, respecterait cet engagement.

Si nous ne pensons qu'en cycles électoraux de quatre ans, rien ne se réalisera. Il faut mettre la main à la pâte.

Seamus O’Regan, ministre fédéral des Services aux Autochtones

Le chef du NPD, Jagmeet Singh, souligne qu’il a visité la communauté de Kashechewan avec son député Charlie Angus. Selon lui, il est important d’honorer la nouvelle entente, qui s’inspire des revendications de longue date des résidents.

On a vu l’impact des inondations, donc c’est un engagement pour moi de suivre ce qu’on a proposé pour aider les familles, les enfants, affirme le chef néo-démocrate.

Le bureau du chef conservateur Andrew Scheer n’a pas répondu à nos nombreuses demandes d’entrevues et de commentaires.

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