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Des digues faites de sacs de sable ont permis de protéger bon nombre de résidences situées à L'Île-Bizard.

Photo : Radio-Canada

Jean-Philippe Robillard

Les maires de L'Île-Bizard et de Pierrefonds demandent l'aide de Québec pour se protéger contre les inondations. Les deux élus montréalais veulent installer des digues permanentes pour protéger des quartiers et des centaines de maisons d'éventuelles crues des eaux.

Au cours des dernières semaines, les résidents de L'Île-Bizard ont été sur le qui-vive. Ils ont regardé l'eau monter et les cols bleus mettre en place des digues temporaires pour freiner la crue des eaux. Jusqu'à présent, l'opération a fonctionné. Très peu de maisons ont été inondées.

Le maire de l'arrondissement, Normand Marinacci, est fier de ces digues qui retiennent l'eau de la rivière des Prairies et qui protègent des quartiers. « Avec la digue, je peux vous dire que très peu de personnes ont été touchées », a-t-il dit.

Le maire de l'arrondissement de L’Île-Bizard–Sainte-Geneviève, Normand Marinacci, photographié sur le bord de la rivière des Prairies.

Le maire de l'arrondissement de L’Île-Bizard–Sainte-Geneviève, Normand Marinacci, se dit favorable à la construction de digues.

Photo : Radio-Canada

Des digues temporaires comme celles qui ont été installées à L'Île-Bizard, les municipalités en ont construit plusieurs au Québec au cours des dernières semaines.

Alors que la fréquence des inondations semble augmenter, le maire Marinacci souhaite construire trois digues permanentes pour protéger les quartiers situés en zone inondable et des centaines de maisons.

« Je vais prôner la protection avec des digues permanentes. Il y a un travail d'analyse à faire. Quelle sorte de digue? Est-ce qu'on fait une digue végétalisée? Est-ce qu'on met des roches, des pierres, de la glaise? Tout ça reste à déterminer », a-t-il déclaré.

Pareil à Pierrefonds-Roxboro

Dans l'arrondissement de Pierrefonds-Roxboro, le maire Dimitrios Jim Beis souhaite lui aussi installer plusieurs digues permanentes pour lutter contre la crue des eaux.

Déjà après les inondations de 2017, il avait fait construire des digues naturelles pour sécuriser les zones à risque. Certaines d'entre elles peuvent protéger une centaine de maisons. Mais cette année encore, il a eu recours à des structures temporaires pour protéger les zones à risque.

Après cette crise, c'est sûr qu'on va analyser d'autres endroits, ajouter des digues naturelles. On sait très bien que ça fonctionne.

Le maire de Pierrefonds-Roxboro, Dimitrios Jim Beis

Jusqu'à présent, les travaux pour construire les digues temporaires ont coûté de 2 à 3 millions de dollars à L'Île-Bizard. À Pierrefonds-Roxboro, la facture est de 2,5 millions de dollars.

Le maire de l'arrondissement de Pierrefonds-Roxboro, Dimitrios Jim Beis, se tient debout à l'extérieur près d'une digue faite de sacs de sable.

Le maire de l'arrondissement de Pierrefonds-Roxboro, Dimitrios Jim Beis, réclame une aide financière de Québec pour bâtir de nouvelles digues.

Photo : Radio-Canada

Le maire de l'arrondissement de Pierrefonds-Roxboro demande une aide financière de Québec pour bâtir ces nouvelles digues, « parce qu'on n'est pas capable, comme Ville, comme arrondissement, d'absorber les coûts associés à la création des digues naturelles comme ça ».

Le maire de l'arrondissement de L’Île-Bizard–Sainte-Geneviève croit lui aussi que le gouvernement Legault doit délier les cordons de la bourse.

Le gouvernement du Québec a tout intérêt à nous aider parce que c'est lui, justement, qui assume la facture quand les gens sont inondés. Ils ont englouti des millions et des millions de dollars dans le paiement des dommages.

Normand Marinacci, maire de l'arrondissement de L'Île-Bizard-Sainte-Geneviève

Trouver une solution permanente

Une digue faite de petites roches sépare la rivière des Prairies de L'Île-Bizard.

Jusqu'à présent, les travaux pour construire les digues temporaires ont coûté de 2 à 3 millions de dollars à L'Île-Bizard.

Photo : Radio-Canada

Nicole David-Strauss, une résidente de L'Île-Bizard qui vit en zone inondable, mais qui n'a pas été touchée par la crue cette année grâce à la digue, voit d'un bon oeil l'idée d'une structure permanente pour sa maison.

« Il faudrait trouver une solution permanente. Est-ce qu'on parle de construction d'une digue? Alors, quel type de digue ce serait? L'autre solution serait une digue gonflable. Après ça, on peut l'enlever, et la remettre préventivement. Il va falloir trouver des solutions permanentes, ça, c'est sûr, parce qu'on ne peut pas vivre ça tout le temps », a-t-elle opiné.

Des citoyens de l’arrondissement d'Ahuntsic-Cartierville demandent également la construction d’une digue permanente pour protéger leur résidence.

Revoir la législation

Le président  l'Association professionnelle des ingénieurs du gouvernement du Québec, Marc-André Martin, photographié dans un bureau.

Le président l'Association professionnelle des ingénieurs du gouvernement du Québec, Marc-André Martin, invite Québec à revoir la législation concernant les barrages.

Photo : Radio-Canada

Alors que des municipalités réclament des fonds pour construire des digues, le président de l'Association professionnelle des ingénieurs du gouvernement du Québec, Marc-André Martin, demande au gouvernement Legault de revoir la Loi sur la sécurité des barrages, afin d’y inclure les digues en milieu municipal.

« Cela permettrait d’évaluer les risques sur les populations, de déterminer des critères de conception et d’inspection », a-t-il expliqué.

Marc-André Martin ajoute : « Avec les changements climatiques, présentement, on est assis sur une bombe à retardement. »

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