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Uber : des milliards en revenus, mais aucun profit

Un téléphone dans la main d'un passant dont l'écran affiche le logo d'Uber.

Uber a fait son entrée à Wall Street le 10 mai 2019 avec une valorisation de 82 milliards $ US.

Photo : La Presse canadienne / PC/Ryan Remiorz

Fanny Geoffrion

Malgré les 50 milliards de dollars américains dépensés l'an dernier par les utilisateurs de l'application, pour des milliards de trajets effectués partout dans le monde, Uber n'affiche aucun profit.

L'entreprise dit avoir réinvesti plus de la totalité des revenus de 11 milliards de dollars américains réalisés en 2018 et affirme même avoir perdu 58 cents pour chaque course réalisée pendant cette période. Et bien qu'Uber soit même toujours déficitaire 10 ans après sa fondation, la société californienne est parvenue à amasser 8,1 milliards de dollars américains lors de son entrée à la Bourse de New York, le vendredi 10 mai.

Selon la spécialiste en développement des affaires Marie-Josée Loiselle, c'est le modèle d'affaires d'Uber qui expliquerait la raison pour laquelle l'entreprise n'a affiché aucun profit en 2018.

La stratégie est d'être un dominant sur le marché, tu prends tout l'argent que tu fais et tu crois, tu crois, tu crois!

Marie-Josée Loiselle, spécialiste en développement des affaires

La compagnie Uber opterait donc pour une stratégie à long terme, consistant à réinvestir tous ses revenus de manière à se positionner comme chef de file mondial dans le domaine du transport.

Selon Marie-Josée Loiselle, la société agit comme l'a fait Amazon à ses débuts, en diversifiant au maximum ses activités dans son champ d'expertise, quitte à reporter à plus tard la réalisation de profits.

Développer de nouveaux produits d'abord

Guillaume Lavoie, expert en économie collaborative, rappelle que tout comme Uber, Amazon a mis des années à faire des profits, ce qui ne l'a pas empêchée de se positionner comme un géant mondial en bourse.

Misant d'abord sur sa croissance, l'entreprise Uber a aussi effectué des investissements massifs dans le développement de nouveaux produits et le développement de véhicules autonomes.

Parmi ces investissements, on compte Uber Eats, le service de livraison de repas, Jump et Lime, les marques de vélos et de trottinettes électriques en libre-service, sans oublier le développement d'une voiture autonome, dans lequel des sommes importantes ont été injectées.

Il s'agit donc d'un modèle basé sur l'ambition de devenir un incontournable dans ce tout ce qui concerne la mobilité et la logistique. En fait, la force d'Uber repose sur un modèle d'affaires différent.

Si Uber vaut une fortune, ce n'est pas parce qu'il déplace des gens en taxi, mais plutôt car il a trouvé une manière de déplacer des gens et des choses sur la base de ce qui se déplace déjà, comme Uber Eats.

Guillaume Lavoie, expert en économie collaborative

Le spécialiste suggère même la prochaine sortie d'une nouvelle mégaplateforme d'Uber qui proposerait le partage des données concernant les déplacements des véhicules.

Une mine d'or de données personnelles

La valeur d'Uber se trouve aussi dans sa capacité à cumuler un nombre faramineux de données sur les gens qui utilisent son application, dans la lignée des autres géants des nouvelles technologies comme Facebook ou Google, explique Marie-Josée Loiselle.

Uber est en train de se demander s'il va vendre les données des gens; la valeur, elle est là. C'est ce qu'a dit le dirigeant d'Uber lui-même, probablement pour rassurer le public.

Marie-Josée Loiselle, spécialiste en développement des affaires

Jusqu'ici, cette stratégie a porté ses fruits, puisque le chiffre d'affaires d'Uber a augmenté de plus de 40 % l'an dernier. Les investisseurs répondent favorablement à cette vision d'avenir mise en avant par Uber.

Marie-Josée Loiselle explique que de nos jours, la valeur d'une entreprise ne s'évalue pas uniquement en fonction des profits qu'elle engrange.

À la bourse, un plus un ne fait pas nécessairement deux, la notion de faire des profits est relative, ajoute-t-elle.

Économie sociale et de partage

Économie