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La chienne Preti appuie des personnes souffrant de problèmes mentaux

Preti reçoit beaucoup de caresses au centre d'hébergement.

Photo : Radio-Canada / Anne-Louise Despatie

Anne-Louise Despatie

Elle a sa propre carte d'employée de l'Institut universitaire en santé mentale de Montréal, et tous les jours, elle visite des résidents en centres d'hébergement. Preti, une chienne de race Saint-Pierre d'un an et demi, est la nouvelle assistante de deux psychoéducatrices qui veulent se rapprocher de leur clientèle.

Des chercheurs de l'Institut universitaire en santé mentale de Montréal vont mesurer l'efficacité de Preti en fonction de variables précises. Quelque 200 centres qui hébergent les personnes ayant des problèmes de santé mentale persistants font appel au soutien du CIUSS de l'est-de-l'Île-de-Montréal.

« En psychoéducation, c'est souvent pour des problèmes de comportement. Avec Preti, on peut établir plus rapidement un lien avec la clientèle. Pour l'instant, elle est vraiment bien accueillie, tout le monde l'adore et vraiment il y a des sourires sur des visages qu'on ne voyait plus sourire », constate Léa-Marie George, l'une des deux psychoéducatrices qui se partagent la garde de Preti lorsqu'elle n'est pas au travail.

Mme Coulombe caresse Preti.

Antoinette Coulombe avec Preti

Photo : Radio-Canada / Anne-Louise Despatie

Antoinette Coulombe, qui vit dans un centre d'hébergement, voit son anxiété diminuer au contact de la jeune chienne. Elle est nostalgique en pensant à son Nouveau-Brunswick natal, mais la visite de Preti illumine sa journée. « Avoir un chien c'est comme le bonheur, la joie, l'amour. [...] Moi j'aime ça la voir, j'aime ça la rencontrer, mais j'aimerais surtout la promener », dit-elle.

La psychoéducatrice Annie Desjardins compte sur Preti pour travailler avec Mme Coulombe sur la confiance en elle-même dans les lieux publics. « Preti peut juste redonner la motivation d'aller marcher à l'extérieur. On a une clientèle qui est très sédentaire. Ça peut faire des mois, des années qu'ils ne sont pas sortis et Preti peut [donner] le petit coup de pouce pour retourner marcher », explique Annie Desjardins, coordonnatrice du programme de soutien et d'intervention clinique.

Au cours de la même visite Preti va aussi réconforter Roger Lauzon et Gilles Beauregard. « C'est monotone ici, il y a beaucoup de solitude et quand elle vient, c'est comme une autre configuration de nos malaises. Elle nous fait rêver et on se sent mieux », raconte M. Beauregard.

Quant à M. Lauzon, il se sent compris par la chienne. « Les chiens sentent et comprennent les gens qui sont malades », dit-il.

Plus que de la zoothérapie

Preti est couchée sur un matelas à l'extérieur du bureau d'une psychoéducatrice.

Deux psychoéducatrices se partagent la garde de Preti lorsqu'elle n'est pas au travail.

Photo : Radio-Canada / Anne-Louise Despatie

C'est après avoir essayé la zoothérapie auprès de certains résidents que l'idée d'avoir un chien a germé au sein de l'équipe de soutien et d’intervention clinique en santé mentale du CIUSSS. Avec 2000 personnes à suivre, il était trop coûteux d'offrir des séances de zoothérapie à tous.

La directrice générale de la Fondation de l'Institut universitaire en santé mentale de Montréal, Carole Morin, a bien accueilli l'idée d'obtenir un chien dressé en assistance de soutien émotionnel.

« La fondation finançait déjà de la zoothérapie, mais là d'avoir un chien personnalisé, adapté aux besoins de notre clientèle, ça fait toute la différence [...] parce qu'on investit aussi dans le rétablissement de la clientèle », dit-elle.

La Fondation de l'Institut va débourser 5000 $ par année pour soutenir Preti, qui a été sélectionnée et dressée par la Fondation Mira.

Une vingtaine de chiens Mira en santé mentale

Depuis 1981, la Fondation Mira est connue pour les chiens qu’elle fournit gratuitement à des personnes aveugles et handicapées. Mais sa vocation a changé au fil des ans. La moitié des 200 chiens dressés chaque année sont remis à des enfants autistes. Et il y a aussi une vingtaine de chiens d'assistance en soutien émotionnel qui se retrouvent en institution, comme des centres jeunesse ou des écoles. Preti est la première à travailler dans le réseau de la santé avec des adultes.

« Le chien en tant que tel ne fera pas grand-chose, mise à part sa présence. C'est vraiment de la façon dont l'intervenant va travailler avec le chien. Et donc sa grande force, c'est son tempérament, davantage que ce qu'il sait faire », souligne Charlotte Moses-Bélanger, de la Fondation Mira.

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