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Dérapage contrôlé pour Uber à Wall Street

Dara Khosrowshahi utilise un téléphone cellulaire pour se photographier avec Garrett Camp.

Le président-directeur général d'Uber Technologies, Dara Khosrowshahi, se prend en photo avec le cofondateur Garrett Camp sur le plancher de la Bourse de New York.

Photo : Reuters / Brendan McDermid

Reuters

L'action Uber Technologies a perdu jusqu'à 9 % vendredi pour ses débuts à Wall Street à l'occasion de la plus importante introduction à la Bourse de New York depuis celle de Facebook, il y a sept ans.

La plateforme de voitures de transport avec chauffeur (VTC) avait pourtant choisi la prudence en fixant le prix de son premier appel public à l'épargne dans le bas de sa fourchette indicative, à 45 $ US par action, ce qui valorisait le groupe à un peu plus de 82 milliards de dollars américains.

Uber espérait ainsi éviter les mésaventures de son concurrent Lyft, dont le cours en bourse a chuté de 27 % depuis sa première cotation fin mars sur le NASDAQ.

L'action d'Uber, qui a ouvert à 42 $ US vendredi, a ensuite touché un plus bas de 41,06 $ US avant d'effacer une grande partie de ses pertes. Vers 12 h 55 (HAE), elle reculait encore de 0,82 % à 44,63 $ US sur un marché lui-même orienté à la baisse avec l'indice S&P 500 (-0,47 %).

Dans le sillage d'Uber, l'action de Lyft, numéro deux américain des VTC, lâchait plus de 2 % à 53,89 $ US, après avoir touché un creux à 51,79 $ US.

Les contraintes de la cotation

Uber fait ses premiers pas en bourse dans un contexte délicat de turbulences sur les marchés financiers provoquées par les tensions commerciales entre les États-Unis et la Chine, auxquelles s'ajoute le scepticisme croissant des investisseurs quant à la capacité du groupe à devenir rentable suffisamment rapidement.

Uber est né il y a dix ans, de la frustration de ses fondateurs à trouver un taxi par une soirée neigeuse.

Le président-directeur général d'Uber, Dara Khosrowshahi, et quelques autres responsables du groupe étaient présents à l'ouverture de la séance à Wall Street. Le cofondateur et ancien patron du groupe, Travis Kalanick, qui a démissionné en 2017 sous la pression d'investisseurs lui reprochant ses méthodes de gestion, a aussi fait le déplacement.

Uber a trouvé de nombreux obstacles sur sa route avant de s'introduire en bourse, notamment le durcissement de la réglementation sur les VTC dans plusieurs pays et des conflits avec les chauffeurs réclamant une meilleure rémunération.

Uber a déclaré qu'il pouvait potentiellement se développer non seulement dans des activités de taxis mais aussi en tant que « superapplication » pour offrir une variété de services logistiques, tels que la livraison de nourriture, l'organisation de transport de fret et même des services financiers, à l'image de Grab, en Asie du Sud-Est. Le groupe singapourien ambitionne de se diversifier au-delà des services de VTC dans la région.

En tant qu'entreprise non cotée, Uber a levé plus de 15 milliards de dollars américains pour financer sa croissance et son développement dans la livraison de produits alimentaires et le transport de marchandises, sans se concentrer sur la rentabilité.

Uber a perdu 3,03 milliards de dollars américains en 2018 et a annoncé une perte nette d'environ un milliard de dollars au premier trimestre 2019, sur un chiffre d'affaires d'environ 3 milliards.

Mais en tant que société cotée, elle devra gérer la publication de ses résultats tous les trimestres, respecter un certain nombre d'obligations réglementaires et répondre aux demandes de ses actionnaires.

Entrevue avec Jean-François Ouellet, professeur à HEC Montréal.

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