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Fête des Mères sans maman : « Je la célèbre encore »

Une femme en entrevue la larme à l'oeil.

Geneviève Côté se livre avec émotion sur la mort de sa mère au micro de Jhade Montpetit.

Photo : Radio-Canada / Benoit Roussel

Marie-Ève DuSablon

Des fleurs, une carte, un cadeau ou un souper : tous les moyens sont bons pour célébrer celle qui nous a mis au monde. Mais qu'advient-il lorsque celle-ci nous quitte pour toujours? Geneviève Côté a perdu sa maman, Lise, l'an dernier. Dimanche, elle vivra une deuxième fête des Mères sans sa présence, son sourire et son odeur.

Lorsqu’on entre chez Geneviève Côté, à Gatineau, les souvenirs de sa mère se retrouvent un peu partout. Sur les meubles, les murs et dans la cuisine. Tous les objets réparés ou bricolés lui viennent de sa maman, qu’elle décrit comme une personne très « habile ».

Et… il y a aussi les plats dans le congélateur, au goût réconfortant de pâté à la viande ou au poulet. Ceux que Lise, malgré sa maladie, prenait soin de confectionner pour Noël avec l'aide de son mari. Geneviève les a conservés. Elle a encore la chance de les savourer en pensant à celle qui les a popotés.

Pour elle, c’est une façon de partager la cuisine de sa maman avec sa petite fille Béatrice, âgée de cinq ans.

Il ne me reste plus de sauce à spaghetti, mais il me reste quelques pâtés. Des fois, on dit à Béatrice que c’est grand-maman Lise qui a fait le souper.

Geneviève Côté

Lise la battante

Une dame plus âgé sourit à un poupon tenu par sa maman.

La petite Béatrice a pu profiter de la présence de sa grand-mère Lise.

Photo : Radio-Canada / Benoit Roussel

Ces petits plats incarnent en fait l’une des principales qualités de sa mère : la détermination.

Lise était une battante. Dès l’âge de 16 ans, elle a dû apprendre à vivre avec le diabète. S’en sont suivis d’autres problèmes graves de santé, tels un infarctus ainsi qu’une greffe des reins et du pancréas, et les séances de dialyse.

Pourtant, Lise réussissait contre toutes attentes à déjouer le destin, comme une guerrière face à un ennemi inconnu.

Son dossier médical, c’était gros comme le bottin de la Ville de Montréal!

Geneviève Côté

Infirmière de profession, sa mère a, d’une certaine façon, « jamais quitté l’hôpital ». Malgré ses maladies et ses limites physiques, elle est restée tout au long de sa vie une mère et une grand-mère très présente, avec une oreille exceptionnelle.

C’est peut-être ce qui me manque le plus. J’ai perdu quelqu’un à qui parler, une confidente.

Geneviève Côté

Je voyais bien que ça n’allait pas bien. Quand c’est arrivé, je suis restée malgré tout surprise. On ne se prépare jamais à ça, peu importe la manière, confie Geneviève, en reprenant son souffle.

Les souvenirs de grand-maman Lise

Photo en contre-plongée de la grand-maman et sa petite-fille, accotées sur une rampe.

Lise et Béatrice

Photo : Radio-Canada / Benoit Roussel

Sa mère Lise a toutefois eu le temps de chérir son rôle de grand-maman auprès de ses deux petites-filles, dont Béatrice, l’enfant de Geneviève. Une chance inouïe pour elle, considérant ses problèmes de santé.

Elle était amoureuse de ses deux petites-filles. Ça, jusqu’au bout, exprime Geneviève avec conviction.

Cet amour, Geneviève a réussi à le faire ressentir à sa petite Béatrice. Malgré son jeune âge au moment du décès de sa grand-maman, la fillette, sensible et expressive, a éprouvé un sentiment de manque lié à son absence.

Une jeune fille dessine avec la photo de sa grand-mère.

La jeune Béatrice dessine avec la photo de sa grand-mère à la garderie.

Photo : Radio-Canada / Courtoisie : Geneviève Côté

Il y a eu un moment où Béatrice a ressenti le besoin d’amener une photo de ma mère à la garderie. On l’a laissée faire. J’ai reçu une photo de Béatrice qui dessinait devant le cadre de ma mère. Elle dessinait avec sa grand-mère, raconte Geneviève.

Pour cette dernière, il y a une part d’incompréhension avec le concept de la mort qui entre en jeu à l'âge de sa fille. Il y avait quelqu’un dans ma vie, puis là, elle n’est plus là ou elle est partie au ciel , c’est alors important d’accompagner son enfant dans ce processus, soutient-elle.

Quand la vie continue...

Lorsqu'on demande à Geneviève si elle a réussi à surmonter son deuil, on sent à quel point le coup a été dur à encaisser, et que le vide demeure difficile à combler. La douleur s'avère encore vive.

C’est un vide éternel.

Geneviève Côté

J’ai eu ma mère et je la célèbre encore à ma manière. Est-ce qu’il n’y aura pas un pincement au coeur ? Certainement , prend-elle le temps de souligner, en pensant à la fête des Mères qui approche.

Cette épreuve ne l’empêchera toutefois pas d’accueillir avec tendresse sa fille, au moment où celle-ci sautera sur son lit, dimanche, un « bonne fête des Mères » accroché aux lèvres.

Ottawa-Gatineau

Famille