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L'armée française perd deux soldats en libérant des otages au Burkina Faso

Des soldats français discutent près d'une colonne de véhicules blindés.

Les forces spéciales françaises ont perdu deux soldats lors de l'opération de libération des quatre otages qui s'est déroulée dans des conditions difficiles au Burkina Faso.

Photo : AFP/Getty Images / DAPHNE BENOIT

Agence France-Presse
Prenez note que cet article publié en 2019 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Les forces spéciales françaises ont libéré quatre otages, deux Français, une Américaine et une Sud-Coréenne, lors d'une intervention « complexe » dans le nord du Burkina Faso, au cours de laquelle deux militaires français ont été tués, ont annoncé vendredi les autorités.

« Cette libération a pu être obtenue grâce à une opération militaire, conduite par les forces françaises dans la nuit de jeudi à vendredi, au nord du Burkina Faso », a précisé l'Élysée dans un communiqué.

Les deux Français, Patrick Picque et Laurent Lassimouillas, avaient été enlevés le 1er mai dernier lors d'un séjour touristique au Bénin. Ce pays avait été jusque-là épargné par l'insécurité en Afrique de l'Ouest, où opèrent de nombreux groupes djihadistes liés à Al-Qaïda et à l'organisation État islamique (EI).

Le corps du guide béninois des deux enseignants français avait été retrouvé samedi dans le parc national de la Pendjari. Leur véhicule avait ensuite été retrouvé dans l'est du Burkina Faso, pays voisin confronté à une dégradation de la situation sécuritaire sur son sol depuis trois ans, avec une accélération alarmante ces derniers mois.

L'identité des deux autres otages libérés n'était pas connue dans l'immédiat.

Deux soldats tombent au combat

Au cours de leur libération, « deux militaires ont trouvé la mort au combat, le maître Cédric de Pierrepont et le maître Alain Bertoncello, tous deux officiers mariniers au sein du commandement des opérations spéciales », qui supervise les forces spéciales françaises, précise l'Élysée.

Le président Emmanuel Macron « s'incline avec émotion et gravité devant le sacrifice de nos deux militaires, qui ont donné leur vie pour sauver celles de nos concitoyens » et « adresse ses sincères condoléances à leurs familles ».

« C'est avec émotion et tristesse que j'adresse mes pensées aux familles des deux militaires décédés, à leurs proches, à leurs frères d'armes et à l'ensemble des commandos marine », a réagi la ministre des Armées Florence Parly dans un communiqué séparé.

La ministre félicite par ailleurs « l'ensemble des forces ayant mené cette opération complexe, ainsi que tous ceux qui y ont contribué », en saluant notamment « le précieux soutien de nos alliés américains dans la conduite de cette opération » et la « coopération » des « autorités béninoises et burkinabées ».

« Cette opération audacieuse » a été « rendue possible par la mobilisation des moyens de Barkhane [force française de 4500 hommes déployée au Sahel, NDLR], l'implication des forces burkinabées et le soutien américain en renseignement », précise le chef d'état-major français, le général François Lecointre, dans un autre communiqué.

« Je salue avec émotion le sacrifice des deux militaires français engagés dans cette opération », a renchéri le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, en adressant également des « pensées aux proches du guide béninois sauvagement assassiné lors de l'enlèvement de nos deux compatriotes ».

Une zone de plus en plus dangereuse

Selon des experts et des sources sécuritaires, le nord des pays côtiers de l'Afrique de l'Ouest, comme le Togo et le Bénin, est devenu vulnérable ces derniers mois face à la stratégie d'expansion et de multiplication des fronts adoptée par les groupes armés.

Depuis 2014, la France a déployé quelque 4500 hommes au Sahel dans le cadre de l'opération Barkhane qui vise à lutter contre les groupes djihadistes opérant dans la région et au Sahara.

Au fil du temps, les violences djihadistes se sont propagées du nord vers le centre et le sud du Mali, et le phénomène déborde sur le Burkina Faso et le Niger voisins, se mêlant souvent à des conflits intercommunautaires.

Au Burkina Faso, 90 % des attaques ne sont pas revendiquées. Elles sont pour la plupart attribuées à Ansaroul Islam, au Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (GSIM) ou à l'État islamique dans le grand Sahara (EIGS), mais une dizaine d'autres groupes, « plus petits et sans doute moins structurés » sont également actifs, selon l'International Crisis Group (ICG).

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