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Une mère de famille intoxiquée par les coraux de son aquarium

Le CAPQ n’a répertorié qu’un seul autre cas d'intoxication en lien avec cette espèce animale dans la province. Photo: Radio-Canada / Julia Page
Hadi Hassin

Une famille de Saint-Léonard-de-Portneuf a vu son quotidien être bouleversé au cours des derniers jours en raison d'une exposition à une toxine de coraux. Même si les cas d'intoxication en lien avec cette espèce animale sont relativement rares, le Centre antipoison du Québec (CAPQ) lance un appel à la plus grande prudence.

Mélissa Tremblay et son mari, Frédéric Tremblay, procédaient vendredi dernier au nettoyage du nouvel aquarium dont ils venaient récemment de faire l’acquisition. En voulant transférer les coraux de l’ancien réservoir au nouveau, la mère de famille aurait endommagé l’un des animaux. Dès lors, un poison en aurait émané.

Mélissa Tremblay ignore tout du danger qui la guette à ce moment-là : ni couleur, ni odeur, ni saveur ne laisse entrevoir une menace à l’horizon.

Melissa Tremblay devant son aquariumSon état de santé ne fera que se détériorer de minute en minute. Photo : Radio-Canada

Et pourtant, dans les minutes qui suivent, les premiers symptômes se manifestent. Des éternuements répétitifs, un écoulement nasal puis une sensation de brûlure sur la peau.

C’est comme si j’avais bu de l’eau de Javel.

Mélissa Tremblay

Son état de santé ne fera que se détériorer de minute en minute.

« Ça s’est mis à brûler tellement fort que je n’étais plus capable de rester sans rien faire », raconte celle qui a décidé de se tourner vers le service de consultation téléphonique Info-Santé pour trouver réponse à ses questions.

Elle est aussitôt redirigée vers le Centre antipoison du Québec, qui exige qu’elle se rende dans un centre hospitalier. Une investigation médicale y est alors entreprise. Mélissa Tremblay demeurera sous surveillance jusqu’au lendemain.

Tout porte à croire qu’elle a été exposée à la palytoxine, une puissante toxine.

Le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) de la Capitale-Nationale recommande à la famille de ne pas réintégrer leur habitation jusqu’à ce qu’elle soit décontaminée adéquatement.

Par précaution, les trois enfants du couple sont conduits chez leur grand-mère dans la nuit de vendredi à samedi, le temps de procéder à des vérifications.

Trois enfants observent un aquariumPar précaution, les trois enfants du couple sont conduits chez leur grand-mère dans la nuit de vendredi à samedi. Photo : Radio-Canada / Julia Page

Un deuxième cas

Le CAPQ n’a répertorié qu’un seul autre cas d'intoxication en lien avec cette espèce animale dans la province. Pour autant, la Dre Maude St-Onge, directrice médicale du Centre antipoison, prend la chose très au sérieux.

« Le corail est un animal qui va se défendre en produisant de la palytoxine. Il n’est pas très clair quels coraux en contiennent et quels coraux n’en contiennent pas. Le plus prudent est d’assumer qu’ils en contiennent potentiellement tous », explique l’intensiviste, qui reconnaît que tous les coraux ne sont pas nécessairement dangereux.

Il n’existe par ailleurs aucun guide pratique au pays pour procéder à une décontamination d’une résidence infectée par cette toxine. Des guides européens prescrivent de leur côté un protocole de nettoyage et de désinfection aux citoyens qui en sont touchés.

Le CIUSSS leur a fourni un de ces guides de nettoyage, rédigé par le Service de santé national écossais. Mais on leur a fortement recommandé de faire appel à une entité spécialisée en décontamination.

« Il faut faire un grand ménage des surfaces. Il faut pouvoir bien gérer les lieux de passage, les lieux où sont allées les personnes, où elles se sont promenées », insiste la Dre Isabelle Goupil-Sormany, adjointe médicale à la santé publique du CIUSSS de la Capitale-Nationale.

Faute de moyens financiers, Frédéric Tremblay a cependant été forcé de procéder lui-même au nettoyage de la résidence familiale. Aidé d’un membre de la famille, il s’est assuré de nettoyer chaque petit recoin avec de l’eau de Javel.

Frédéric TremblayFrédéric Tremblay a été forcé de procéder lui-même au nettoyage de la résidence familiale. Photo : Radio-Canada

Mon beau-père s’est occupé de faire les planchers […] Lui, il faisait les gros morceaux et, moi, je nettoyais derrière lui. On faisait une belle équipe.

Frédéric Tremblay

Près d’une semaine après l’incident, la famille a réintégré son domicile. Le couple souhaite maintenant se débarrasser du corail qui est à l’origine de cette mésaventure. La prochaine étape vise à trouver un expert qui pourra manipuler l’animal de façon sécuritaire.

Celui-ci se trouvait toujours dans l’aquarium jeudi. L’eau du réservoir pourrait être hautement contaminée.

« Il faut éviter d’acheter des coraux, tranche la Dre Isabelle Goupil-Sormany. Si on en a dans notre aquarium, on n’y touche pas. On essaye de ne pas manipuler ces animaux. C’est la meilleure des prudences. »

Selon la spécialiste, un travail de sensibilisation est d’autant plus nécessaire. « Il faut que la population soit avisée. Il faut que les vendeurs [dans les animaleries] soient sensibilisés aux risques », conclut-elle.

Avec la collaboration de Christiane Latortue

Animaux

Société