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D’ex-ministres conservateurs ont aidé la défense du vice-amiral Mark Norman

Gros plan sur le visage du vice-amiral des Forces armées canadiennes Mark Norman qui porte un képi militaire et des lunettes.

Le vice-amiral des Forces armées canadiennes Mark Norman lors de son arrivée à un tribunal à Ottawa le 28 mars dernier.

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

Radio-Canada

Trois anciens ministres conservateurs fédéraux affirment avoir parlé avec les avocats du vice-amiral des Forces armées canadiennes Mark Norman pendant que l'accusation d'abus de confiance pesait encore contre lui, selon des informations révélées par CBC. Ils auraient notamment discuté d'informations cruciales au centre de la décision de la Couronne fédérale de suspendre l'accusation.

Peter Mackay, ancien ministre de la Défense et de la Justice, Erin O’Toole, ex-ministre des Anciens Combattants, et Jason Kenney, qui a été le dernier ministre de la Défense au sein du gouvernement conservateur de Stephen Harper, ont tous les trois affirmé avoir parlé avec les avocats représentant le numéro 2 de l'armée canadienne.

La poursuite alléguait que le vice-amiral aurait divulgué des secrets d'État au chantier naval québécois Davie, ainsi qu'à un journaliste, dans le but d'influer sur les décisions du gouvernement quant à l'octroi d'un contrat de près de 700 millions de dollars.

Le contrat, négocié par le gouvernement conservateur de Stephen Harper et conclu par le gouvernement libéral de Justin Trudeau en 2015, prévoyait la conversion et la location à la Marine d'un navire de soutien temporaire.

M. Norman, qui avait été suspendu en tant que commandant adjoint de l'armée en janvier 2017 en raison de l'enquête de la Gendarmerie royale du Canada (GRC), a longtemps affirmé qu'il n'avait rien fait de mal.

Ses avocats ont fait valoir que le dossier contre leur client était motivé par des considérations politiques et qu'il s'était battu pendant des mois lors des audiences préparatoires au procès pour avoir accès à divers documents du gouvernement afin de le prouver.

Un rôle dans la suspension de l'accusation?

Selon les dernières révélations de CBC, aucun responsable conservateur n’a été officiellement interrogé par la GRC ou par la Couronne avant l’accusation formelle, il y a un an.

MM. MacKay et Kenney disent croire que les informations fournies à la défense de M. Norman ont joué un rôle dans la suspension de l’accusation contre lui.

Dans un entretien téléphonique accordé à CBC, M. McKay a affirmé que sa discussion avec Marie Henein, l’avocate de M. Norman, « était grandement engagée ». Il indique avoir clairement dit à Mme Henein que M. Norman travaillait avec le soutien total du cabinet pour la livraison du navire de soutien temporaire.

L'entrée du chantier Davie

L'entrée du chantier Davie

Photo : Radio-Canada / Cimon Leblanc

La chaîne a confirmé une nouvelle rapportée jeudi par The National Post, affirmant que M. Kenney a également eu une longue conversation avec Mme Henein. Sur son compte Instagram, M. Kenney, récemment élu premier ministre de l’Alberta, a affirmé que lorsqu’il occupait le poste de ministre de la Défense, il « travaillait directement avec le commandant de la Marine royale canadienne à l’époque, le vice-amiral Norman, pour trouver un processus accéléré qui a finalement mené à la décision du cabinet de signer un contrat avec le chantier Davie pour la production d’un navire de ravitaillement temporaire ».

M. Kenney précise par ailleurs que la réunion avec les avocats de M. Norman a eu lieu l’année dernière à Toronto.

J’ai donné des informations qui, à mon avis, auraient pu mener à son exonération si l’affaire s’était rendue aux tribunaux.

Jason Kenney
Une image de l'avocate du vice-amiral Mark Norman, Marie Henein. Elle répond aux questions des médias après l'abandon de l'accusation qui pesait sur son client.

L'avocate du vice-amiral Mark Norman, Marie Henein, répond aux questions des médias après l'abandon de l'accusation qui pesait sur son client.

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

Mark Norman reprendra-t-il son poste?

M. O’Toole a lui aussi admis avoir parlé avec la défense du vice-amiral, mais souligne que ses informations n’étaient pas substantielles. « C’est une simplification de dire que la défense a interrogé quelques conservateurs et que cela a fait disparaître cette affaire », a-t-il dit.

Ni la Couronne ni la défense n’ont spécifié quelles informations ont mené à l’abandon de l’affaire. Lors d’une conférence de presse mercredi, Mme Henein a déclaré que l’information révélée par son équipe était directement liée à la signature du contrat il y a quatre ans.

Jeudi, Erin O'Toole a accusé les libéraux de s'être ingérés dans le dossier de M. Norman et a appelé à sa réintégration « dans un poste duquel il n'aurait jamais dû être démis ».

Les conservateurs demandent que le vice-amiral reprenne son poste de commandant en second de l'armée canadienne, qu'il occupait depuis août 2016, avant d'être suspendu et remplacé en raison des procédures judiciaires.

Ces fonctions sont maintenant occupées par le lieutenant-général Paul Wynnyk, qui a été nommé officiellement en juillet. Bien que les conservateurs réclament que M. Norman puisse occuper un poste aussi important qu'avant, il n'y a tout simplement pas de place vacante en ce moment.

Avec les informations de La Presse canadienne, et CBC

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