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Deux pêcheurs abandonnés en mer durant quelques heures

Christopher Clark et Devon Dominix ont passé plusieurs heures en mer sans qu'aucun bateau ne leur vienne en aide. Photo: Radio-Canada / Philippe Grenier
Jean-Louis Bordeleau

Un capitaine d'expérience et son aide-pêcheur ont passé quelques heures en mer sans recevoir l'aide des pêcheurs madelinots qui se trouvaient tout près d'eux.

Ancien maire de Grosse-Île et capitaine depuis 41 ans, Christopher Clark se souviendra à tout jamais de ce début de pêche au homard.

Vers 7 h 30 mercredi, un bris mécanique immobilise son bateau.

Un navire qui pêche près d'eux vient alors prêter assistance aux deux malchanceux. Le bon samaritain leur donne des boyaux hydrauliques. L'équipage tente de réparer le bateau, mais rien n'y fait. Vers midi, Christopher Clark se résigne et lance un appel à l'aide.

Personne ne répond.

La garde-côtière lance à son tour une demande radiodiffusée d'assistance maritime en anglais et en français. Aucun capitaine, ni même les pêcheurs-auxiliaires de la garde côtière ne prêtent attention à ce signal de détresse.

Silence radio.

Finalement, la Garde-Côtière envoie son bateau pour remorquer le Aquaholic 1 qui ramène les deux pêcheurs au quai de Grande-Entrée vers 18 h. Il a fallu plus de cinq heures entre l'appel à l'aide et le remorquage du bateau.

Cet article a été modifié. Dans la version précédente, il était incorrectement indiqué que les deux hommes avaient été laissés seuls 12 heures en mer, alors qu'il s'agissait plutôt du temps total passé en mer lors de cette journée.

Les pêcheurs doivent s'aider entre eux! À Terre-Neuve, les choses ne se seraient pas passées ainsi, lance son aide-pêcheur terre-neuvien, Devon Dominix. Lorsque lui et son capitaine dérivaient, il a aperçu trois bateaux tout près qui ont ignoré leur appel à l'aide.

Le capitaine aussi se dit très déçu de ses confrères. Il déplore que la communauté maritime de Grande-Entrée soit moins tissée serré qu'à l'époque. Selon lui, une loi non écrite stipule que les pêcheurs doivent s'entraider.

Lui-même a déjà secouru plusieurs personnes au fil des ans.

Christopher Clark capitaine du Aquaholic 1Christopher Clark, capitaine du Aquaholic 1 Photo : Radio-Canada / Philippe Grenier

Les personnes interagissaient plus en communauté dans le passé. Les gens deviennent plus individualistes.

Traduction libre de Christopher Clark, capitaine du Aquaholic 1

Le quai du Aquaholic 1, celui de Grande-Entrée, est un port de 125 bateaux.

Christopher Clark sur son bateau au quai de Grande-EntréeChristopher Clark, capitaine du Aquaholic 1 et son aide-pêcheur Devon Dominix ont passé toute la journée de mercredi à la dérive. Photo : Radio-Canada / Philippe Grenier

Le président du Rassemblement des pêcheurs et pêcheuses des côtes des Îles tente d'expliquer ce qui s'est passé.

Je comprends que dans des situations comme les premières journées, c'est l'appât du gain des grosses journées. Il y en a qui ferment les radios, qui se concentrent et [finalement], personne ne les a entendus, mentionne Charles Poirier.

Ce qui s'est passé avec ça, c'est un cas unique, parce qu'habituellement les pêcheurs s'entraident beaucoup!

Charles Poirier, président du Rassemblement des pêcheurs et pêcheuses des côtes des Îles

Christopher Clark dit avoir perdu au moins 10 000 $ avec cette mésaventure.

Ce qu'il souhaite surtout, c'est qu'une histoire comme celle-là ne se reproduise pas.

Avec les informations de Philippe Grenier

Gaspésie et Îles-de-la-Madeleine

Industrie des pêches