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Ces femmes qui décident de ne pas avoir d'enfant

Une jeune femme avec des lunettes soleil sourit à grandes dents.

Le choix de ne pas avoir d'enfant pour une femme reste encore tabou.

Photo : Getty Images/iStock Photo / Merlas

Selon des chiffres de Statistique Canada de 2011, 5,5 % des femmes âgées de 20 à 39 ans n'ont pas l'intention d'avoir d'enfant. Leurs raisons sont multiples et le jugement social, fréquent.

« Vu tout ce qu'on me répond, je n'ai pas forcément envie de dire que je ne veux pas avoir d'enfant parce qu'après, il faut se justifier », raconte Andrea Robin.

La jeune femme de 27 ans a déjà reçu des commentaires désobligeants face à sa décision de ne pas avoir d’enfant.

Elle et son ancien colocataire ont souvent eu des discussions sur ce sujet. « Il pensait que l'aboutissement de la vie, c'était de se marier et d'avoir des enfants », dit-elle.

Une jeune femme souriante aux chveux noirs avec une fleur dans les cheveux.

Andrea Robin a fait le choix de ne pas avoir d'enfant.

Photo : Andrea Robin

Briser le moule de la société et remettre en question le choix de ne pas avoir d’enfant reste encore un sujet tabou, selon la sociologue Francine Descarries, de l’Institut de recherches et d’études féministes de l'Université du Québec à Montréal (UQAM).

Dans les mentalités, majoritairement, on continue de naturaliser les femmes et à penser que leur première fonction dans la vie c’est d’être mère.

Francine Descarries, sociologue à l'Institut de recherches et des études féministes à l'Université du Québec à Montréal

« L’une des plus grandes victoires du féminisme a été de permettre une certaine dissociation entre identité femme et identité mère », dit-elle. Toutefois, les avancées en ce sens semblent encore fragiles, et se heurtent à la résistance au changement.

Au Canada, les femmes qui refusent la maternité font fi de ceux qui les voient comme des carriéristes, voire des personnes égoïstes.

Chez les non-parents, les raisons de ne pas se reproduire sont diverses et variées : peur de la responsabilité, envie de se concentrer sur soi ou simplement une absence de désir.

Sarah Marty, fondatrice de l'Opération City Quest

Sarah Marty est une femme épanouie à Vancouver

Photo : Radio-Canada

Pour Sarah Marty, 45 ans, l’une des priorités dans sa vie était de se sentir libre. Si elle est tombée enceinte dans sa vingtaine, elle a su rapidement qu’elle ne voulait pas garder cet enfant. « J’ai vécu ma vie telle que je voulais la vivre et dans cette vie-là et ce n’était pas un objectif pour moi d’avoir des enfants, une maison, un chien, le standard qui se passe », raconte-t-elle.

Un choix mal compris

La non-parentalité ne correspond pas à des scénarios habituels que la société met de l’avant : rencontrer quelqu’un, se mettre en ménage, avoir des enfants…

Comme l’explique la sociologue Francine Descarries, « on a de la difficulté à penser qu’une femme qui n’est pas mère peut vivre une vie pleine et entière ».

Pour Andrea Robin, ce choix a mené à des réactions vives et à des regards pesants.

Ça m'embête de devoir me justifier quand il y a des discussions, je n’ai pas envie d’en parler à des gens qui ne comprennent pas et de me justifier sur mes choix.

Andrea Robin, animatrice avec les enfants

À la question : est-ce que tu as des enfants? Carole Dupin, 44 ans, répond tout simplement « non ». Quand elle était plus jeune, elle se rappelle qu’on lui disait souvent cette phrase « oh, tu as le temps de changer d’avis… oui, mais non », dit-elle.

Je n’ai pas spécialement envie de passer tous mes samedis matins au parc ou passer mon temps à emmener les enfants aux activités [...] ça sonne horriblement égoïste, mais je ne le suis pas.

Carole Dupin, soutien d'enfant à besoins particulier à la Commission scolaire de Vancouver

Deux poids deux mesures

Au Canada, 6,7 % des hommes de 20 à 39 ans déclarent également ne pas vouloir d'enfant, dit Statistique Canada. Si les raisons qui les poussent à ne pas en avoir sont parfois similaires à celles des femmes, les réactions, elles, sont différentes, croit Francine Descarries.

« On doit demander à la société d’accepter que les femmes comme les hommes aient le droit de choisir si elles veulent être parentes ou non », dit la sociologue.

Un « vieux schéma » pour lequel il reste encore beaucoup à faire pour Sarah Marty : « L’équité n’est pas encore là, les inégalités sont encore présentes et la femme n’est pas encore libre de faire tout ce qu’elle veut ».

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