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L’ambitieux plan de New York pour se protéger des inondations

Le reportage de Raphaël Bouvier-Auclair
Raphaël Bouvier-Auclair

Entourée d'eau, New York entend prendre les grands moyens pour se protéger de la crue des eaux. Prolongement des berges, construction de barrières naturelles : le plan de la métropole est ambitieux, mais pourrait se heurter à un barrage financier.

« C’est audacieux, mais c’est surtout nécessaire. » Après des années de discussions, le maire de New York Bill de Blasio présentait, à la mi-mars, son plan pour protéger le sud de Manhattan de la crue des eaux.

La Ville veut à tout prix éviter qu’un scénario catastrophe, comme le passage de l’ouragan Sandy en 2012, se répète. À l’époque, le désastre naturel avait causé l’équivalent de 19 milliards de dollars en dommages.

Les multiples projets annoncés en mars se concentrent surtout autour du sud de Manhattan, où se trouve le secteur financier.

On voit l'autoroute en surplomb et un voilier au loin.Une vue de la berge Photo : Radio-Canada / Raphaël Bouvier-Auclair

Pour créer un espace entre les édifices et l’eau, on propose par exemple d'allonger certaines sections des berges de l’East River de 15 à 150 mètres. Ce prolongement abritera-t-il de nouveaux édifices ou encore un parc? La Ville n’a pas encore tranché.

À Battery Park, sur la pointe de Manhattan, des travaux devraient commencer dès l’an prochain pour rehausser l’esplanade et les quais. Une barrière naturelle doit aussi être construite dans le parc.

Battery Park, à New YorkBattery Park, à New York Photo : Radio-Canada / Marcel Calfat

C’est une zone qu’on a gagnée à la mer. Maintenant, l’idée c’est de faire une protection naturelle comme il y avait au début, mais qui serait utilisable, puisque ce serait des espaces verts.

Rafael de Balanzo, professeur spécialisé en résilience urbaine à la City University.

S’il salue la volonté de la Ville, le spécialiste en résilience urbaine Rafael de Balanzo se demande si davantage de petits projets, mieux dispersés sur le territoire, ne bénéficieraient pas à un plus grand nombre de citoyens, surtout que, selon la Ville, près de trois millions de New-Yorkais vivent dans une zone d’évacuation en cas d’ouragan.

Le professeur Rafael de Balanzo est spécialiste des questions de résilience urbaine.Le professeur Rafael de Balanzo est spécialiste des questions de résilience urbaine. Photo : Radio-Canada / Raphaël Bouvier-Auclair

L’administration municipale, qui a proposé des initiatives pour certaines autres zones sensibles, justifie l’accent mis sur le sud de Manhattan en soulignant que 75 % des lignes de métro passent par ce secteur qui abrite le dixième des emplois de la ville.

New York a-t-elle les moyens de ses ambitions?

L’ambitieuse stratégie présentée par le maire de Blasio est accompagnée d’une facture salée. Dix milliards de dollars devraient être nécessaires pour la réalisation des projets. Pour l’instant, l’administration municipale s’est contentée d’annoncer un investissement de 500 millions.

Manhattan, vu d'un traversier.Manhattan, vu d'un traversier. Photo : Radio-Canada / Raphaël Bouvier-Auclair

Pour que ses plans se transforment en chantiers, New York doit se tourner vers le gouvernement américain. Or, le maire admet qu’il sera difficile d'obtenir des montants si importants de la part de l’administration Trump.

Dans ce contexte, la stratégie new-yorkaise est-elle réaliste? Roland Lewis, président de Waterfront Alliance, un organisme qui fait la promotion d’un meilleur aménagement des berges, appelle les élus à s’entendre pour protéger le centre économique du pays.

Ce n’est pas un problème républicain ou démocrate. C’est un problème humain qu’il faut régler. En fin de comptre, c’est Dame Nature qui aura le dernier mot.

Roland Lewis, président de Waterfront alliance
Roland Lewis, président du groupe Watefront AllianceRoland Lewis, président du groupe Watefront Alliance Photo : Radio-Canada / Raphaël Bouvier-Auclair

Le privé se met de la partie

Dans une ville où les terrains et les propriétés situés près des rives valent une fortune, il n’y a pas que l’administration municipale qui s’inquiète de l’impact de la montée des eaux.

Ce projet immobilier à Brooklyn sera adapté aux risques d'inondations.Ce projet immobilier à Brooklyn sera adapté aux risques d'inondations. Photo : Radio-Canada / Raphaël Bouvier-Auclair

« Bien des promoteurs immobiliers importants à qui nous parlons prennent cela au sérieux », observe Roland Lewis, de l’organisme Waterfront Alliance, qui a noté des changements de mentalité ces dernières années.

Son organisation a d’ailleurs travaillé avec certains promoteurs pour développer une certification de construction adaptée aux risques d’inondations.

Un projet adapté à la crue des eaux dans le quartier Queens.Un projet adapté à la crue des eaux dans le quartier Queens. Photo : Radio-Canada / Raphaël Bouvier-Auclair

Dans certains grands projets en cours de construction, les promoteurs se sont par exemple assuré d’élever le terrain au-dessus du niveau de la mer et de construire un parc en pente entre l’eau et les édifices. Dans un développement du quartier Queens, un mur entouré de végétation a même été mis sur pied.

Il faudra attendre des années avant que les grands projets de la ville se matérialisent, mais à New York, le paysage est déjà en train de se transformer.

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