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La députée Hélène David demande de nouveau une commission « Grandir dans la dignité »

Hélène David, parlant aux journalistes dans la salle de presse, devant des drapeaux fleurdelisés.

La députée Hélène David a une fois de plus défendu l'idée d'une commission « Grandir dans la dignité ».

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Alors qu'étaient célébrées les funérailles de la fillette de 7 ans de Granby morte la semaine dernière, la députée libérale Hélène David a pressé le premier ministre François Legault de lancer une commission parlementaire spéciale consacrée à la protection des enfants.

La porte-parole de l'opposition officielle en matière de services sociaux a indiqué au cours d'un point de presse, jeudi, qu'elle avait écrit au premier ministre pour relancer l'idée.

Jeudi dernier, François Legault avait lui-même indiqué qu'il entendait lancer une « grande réflexion » sur le système de protection des enfants en vigueur au Québec qui inclurait tous les partis, saluée unanimement par les élus. Il avait évoqué le modèle non partisan de la Commission sur les soins de fin de vie, sans exclure toutefois la possibilité qu’une autre approche soit retenue.

Mme David avait alors saisi la balle au bond, disant souhaiter une « commission Grandir dans la dignité » sur l’avenir des enfants du Québec.

« Nous sommes une semaine après, [...] il a dit : "Laissez-moi quelques jours", ce qui est tout à fait, tout à fait correct, et nous saluons d’ailleurs la réflexion qu’il fait, mais j'aimerais vraiment beaucoup – et notre parti aussi – que ça se traduise le plus rapidement possible par une commission spéciale qui pourrait faire un travail rigoureux [...] pour regarder tout ce qui s’est passé », a-t-elle déclaré jeudi devant les journalistes.

« Le cas de cette jeune fille, c’est exactement ça, il n’y a pas eu de dignité, de respect de sa personne », a-elle commenté au sujet de l'enfant de Granby dont la mort tragique a ému la société québécoise.

La fillette était connue de la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) qui, en cour, avait recommandé que sa garde soit confiée au père et à la belle-mère, qui sont pour l'instant accusés de séquestration. La femme fait aussi face à des accusations de voies de fait graves mettant la vie de l'enfant en danger. Les accusations ont été déposées avant la mort de l'enfant.

Faire la lumière sur les failles du système pour éviter d'autres drames

Se disant d'accord avec l'approche transpartisane suggérée par le premier ministre Legault et saluant le « grand moment de solidarité parlementaire » de la semaine dernière, Hélène David a présenté une commission comme le meilleur moyen de faire la lumière sur les lacunes du système et de les pallier.

La commission pourrait non seulement se pencher sur le cas précis de la fillette de Granby, mais sur le système de protection de la jeunesse en entier, a-t-elle soutenu, faisant notamment référence à la lourde charge de travail des travailleurs sociaux et aux longues listes d'attente pour l'évaluation des enfants signalés à la DPJ.

En début d'année, La Presse révélait que ces listes sur l'ensemble du territoire québécois dépassaient les 3000 noms.

On doit retourner toutes les pierres et regarder comment on peut faire en sorte qu’un enfant ne passe pas entre les failles du système.

Hélène David, porte-parole libérale en matière de services sociaux

La commission pourrait en outre « se promener dans toutes les régions du Québec », a ajouté Mme David.

Deux experts interviewés la semaine dernière à ICI RDI, qui soutenaient une telle initiative, avaient proposé des pistes de réflexion.

L'ex-député Camil Bouchard, auteur du rapport Un Québec fou de ses enfants, publié en 1991, avait notamment déploré un manque de ressources accordées à la première ligne et plaidé en faveur d'une meilleure prévention.

La psychologue à la retraite Louisiane Gauthier, qui a oeuvré près de 30 ans dans les Centres jeunesse de Montréal avait pour sa part dénoncé le climat difficile dans lequel travaillent les intervenants et la pression de performance qui leur est imposée.

Mme Gauthier avait aussi remis en question le fait que les différentes DPJ de la province relèvent des Centres intégrés universitaires de santé et de services sociaux [CIUSSS] régionaux, « qui obéissent à une logique médicale qui n’est pas compatible forcément avec l’expertise très pointue qu’a développée la DPJ » et allégué que la protection du lien du jeune avec sa famille, prévue dans la Loi sur la protection de la jeunesse, n'était pas toujours souhaitable.

François Legault avait lui-même dit qu'il fallait s'interroger sur les tribunaux, la Loi de la protection de la jeunesse, sur nos services sociaux et la coordination avec les écoles.

Manque de communication et bureaucratie

L'intérieur de l'église est décoré de fleurs et d'oursons en peluche.

Plus de 600 personnes se sont réunies jeudi pour assister aux funérailles de la fillette de 7 ans morte la semaine dernière.

Photo : Radio-Canada / Brigitte Marcoux

Le manque de communication entre les différents ministères et organismes gouvernementaux est un problème connu.

Mme David a mentionné le cas d'un couple de l'Estrie, pour qui deux différents ministères sont arrivés à des conclusions différentes. Celui-ci s'est vu confier des enfants par la DPJ, alors que le ministère de la Famille avait révoqué le permis de la femme, qui était responsable d'une garderie, parce qu'elle n'avait pas la capacité d'intervenir adéquatement auprès des enfants, selon le Journal de Montréal.

La députée a aussi critiqué la bureaucratie évoquée par plusieurs travailleurs sociaux au cours des derniers jours. « Cette initiative [de déclencher une commission] que le premier ministre pourrait annoncer serait une très bonne façon de dire comment ils peuvent travailler plus auprès des gens et moins sur la paperasse », a-t-elle affirmé, disant espérer une réponse positive « au cours des prochains jours ».

« Je dirais que je suis très confiante, car il était très authentique et très sérieux quand il a dit ça la semaine dernière », a-t-elle lancé, ajoutant ne pas vouloir qu'il oublie cet enjeu « très spécial ».

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