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Après les excuses, les survivants de la rafle des années 60 veulent plus d'engagement

Robert Doucette regarde au loin pendant une entrevue à la rotonde du Palais législatif.

Robert Doucette dit que les registres de survivants de la rafle des années 60 sont souvent mis de côté parce qu'ils « n'ont aucune importance historique ». En tant que survivant, cela le blesse.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

La Société de la rafle des années 1960 de la Saskatchewan (SSISS) souhaite qu'il y ait plus de dialogue avec le Parti saskatchewanais et que ce dernier prenne plus d'engagements auprès des survivants de la rafle.

Un texte d'Amélia MachHour

Depuis les excuses offertes par la province en janvier dernier, la SSISS affirme ne pas avoir rencontré la province, et ce malgré de nombreux appels téléphoniques faits au ministère des Services sociaux.

Vince Vandale, membre du conseil d'administration de la SSISS, affirme avoir également envoyé une lettre au ministre des Services sociaux, Paul Merriman, qui en confirme la réception.

La SSISS a fait part de ses inquiétudes au Nouveau Parti démocratique de la Saskatchewan (NPD). Son chef, Ryan Meili, a alors invité le groupe jeudi matin à l’Assemblée législative.

Le chef néo-démocrate en a profité pour offrir ses excuses au nom de son parti.

« Des gouvernements antérieurs du NPD portent une part de responsabilité dans la mise en œuvre de cette politique. De ce fait, nous demandons pardon pour le mal fait aux enfants, pour la souffrance infligée aux parents et pour les dégâts causés à la communauté », a-t-il déclaré.

Comme la SSISS, Ryan Meili s’interroge sur l’engagement du gouvernement de Scott Moe à respecter les huit recommandations qui ont été formulées par la SSISS dans un récent rapport. Ce dernier contient aussi des témoignages de survivants qui ont été écrits à la suite d’une série de cercles de partage qui ont eu lieu l’automne dernier.

Ce rapport a d’ailleurs aidé la province à formuler ses excuses.

Les recommandations sont : 

  1. Création d’un comité pour trouver les registres des survivants;
  2. Campagne de sensibilisation auprès du public;
  3. Continuer les cercles de partage;
  4. Arrêter de protéger les agresseurs;
  5. Création d’un plan pour aider les jeunes;
  6. Reconnaître la fondation Finding Our Way de la SSISS;
  7. Création d’une équipe de recherche au sujet des enfants autochtones ou métisses en famille d’accueil;
  8. Création d’un programme familial pour éviter de briser les familles.

Ryan Meili a notamment mis l’accent sur les recommandations 2 (sensibilisation auprès du public) et 3 (plus de cercles de partage).

Le chef néo-démocrate souhaite aussi que l’histoire de la rafle soit enseignée dans les écoles. C’est un point que le coprésident de la SSISS, Robert Doucette, soutient.

Robert Doucette dit être satisfait des excuses faites par les deux partis politiques.

Il aimerait toutefois que la province respecte les recommandations du rapport de la société, notamment la première recommandation. Cette dernière demande la création d'un comité consacré au dossier de la rafle qui s'assurera de récupérer les documents ou enregistrements des survivants. Ceci doit se faire, explique-t-il, afin de permettre aux survivants de faire partie de l'histoire et d'avoir une identité.

Robert Doucette affirme qu’il a reçu 20 à 25 lettres de personnes qui racontent que leurs documents ont été détruits. Ce processus est laborieux, d’où l’importance d’avoir un comité qui aide les survivants à rebâtir leurs histoires, d'après lui.

Paul Merriman a dit qu’il accepte le rapport. Par contre, il n'a pas voulu se prononcer sur chacune des recommandations, ne voulant pas préciser s'il les accepte toutes ou en partie.

Pour l'instant, il affirme qu'en raison de questions de confidentialité, son ministère préfère travailler au cas par cas. Il n'optera donc pas pour la création d'un comité.

Le ministre des Services sociaux doit rencontrer prochainement Robert Doucette et sa collègue - coprésidente du SSISS - Melissa Parkyn pour discuter des recommandations. La date n'a pas encore été fixée.

La rafle des années 1960 a arraché plus de 20 000 enfants autochtones à leur famille au cours des années 1960, 1970 et 1980. Ces derniers ont ensuite été donnés en adoption à des familles non autochtones du Canada, des États-Unis et même d’Europe.

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