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Les guêpes, capables de raisonnement logique?

La tête d'une guêpe Polistes dominula.
La tête d'une guêpe Polistes dominula Photo: Université du Michigan/Elizabeth Tibbetts
Alain Labelle

Deux espèces de guêpes polistes sont capables, selon des biologistes américains, d'établir des relations transitives, cette habileté à utiliser des relations connues pour déduire des relations inconnues.

Une guêpe Polistes dominula.Une guêpe Polistes dominula Photo : Université du Michigan/Elizabeth Tibbetts

La Pre Elizabeth Tibbetts et ses collègues de l’Université du Michigan affirment que leurs travaux apportent une première preuve d’une telle aptitude chez des animaux non vertébrés.

Il s’agit, en quelque sorte, d’une forme de raisonnement logique qui consiste à utiliser des relations connues pour déduire des relations inconnues. Par exemple, si A est supérieur à B, et B est supérieur à C, alors A est supérieur à C.

Ce type de capacité de déduction était jusqu’à tout récemment associée uniquement à l’espèce humaine, mais dans les dernières années, il a été observé chez des singes, des oiseaux et des poissons.

Ces travaux s’ajoutent au nombre croissant de preuves que le système nerveux des insectes, bien que minuscule, est capable de comportements sophistiqués.

Elizabeth Tibbetts
La tête d'une guêpe Polistes dominula.La tête d'une guêpe Polistes dominula Photo : Université du Michigan/Elizabeth Tibbetts

Le saviez-vous?

Dans les dernières années, des scientifiques australiens et français ont montré que les abeilles mellifères peuvent réaliser des calculs mathématiques de base, et qu’elles étaient capables de se représenter et d'interpréter le zéro.

Pas les abeilles

Toutefois, des travaux publiés en 2004 ont aussi montré que les abeilles n’étaient pas en mesure d’établir des relations transitives.

Les raisons restent inconnues, mais les chercheurs pensent que le système nerveux des abeilles impose des contraintes cognitives qui ne leur permettent pas de réaliser des inférences transitives.

Les deux espèces de guêpes à papier (Polistes dominula et Polistes metricus) étudiées dans la présente recherche possèdent un système nerveux à peu près de la même taille que celui des abeilles, contenant environ un million de neurones. Elles présentent cependant des comportements sociaux plus complexes que ceux observés dans les colonies d'abeilles.

Les colonies d'abeilles mellifères n’ont qu’une seule reine et plusieurs ouvrières de rang égal. Par contre, les colonies de guêpes à papier ont plusieurs femelles reproductrices dominantes qui rivalisent entre elles et forment des hiérarchies linéaires.

Le rang d'une guêpe dans la hiérarchie détermine ses parts de reproduction, de travail et de nourriture.

L'inférence transitoire pourrait permettre aux guêpes de déduire rapidement les nouvelles relations sociales.

Les chercheurs émettent l'hypothèse que ces compétences permettraient aux guêpes d'organiser spontanément l'information pendant les tests d'inférence transitive.

Nos résultats laissent à penser que la capacité de comportement complexe peut être façonnée par l'environnement social dans lequel les comportements sont bénéfiques, plutôt que d'être strictement limitée par la taille du cerveau.

Elizabeth Tibbetts

Dans de précédents travaux, la même équipe avait établi que les guêpes du papier reconnaissent les individus de leur espèce par les différentes marques faciales, et qu'elles se comportent de façon plus agressive envers les guêpes dont le visage est peu familier.

En outre, elle a montré que ces guêpes ont une mémoire étonnamment longue et basent leur comportement sur ce dont elles se souviennent des interactions sociales antérieures avec d'autres guêpes.

Le détail de ces travaux est publié dans les Biology Letters (Nouvelle fenêtre) (en anglais).

Biologie

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