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« Il est temps de démanteler Facebook », affirme un de ses fondateurs

Une photo de Chris Hughes en train de donner un discours devant un écran géant rediffusant son image.

Chris Hughes à Montréal, en 2011.

Photo : La Presse canadienne / Paul Chiasson

Radio-Canada

Le cofondateur de Facebook Chris Hughes dénonce la domination de Facebook et recommande au gouvernement de scinder l'entreprise.

« Il est temps de démanteler Facebook », affirme sans détour Chris Hughes dans une lettre ouverte publiée jeudi dans le New York Times.

Il regrette que son ami et ancien collègue Mark Zuckerberg ait accordé plus d’importance aux revenus de l’entreprise qu’à la sécurité des données des utilisateurs, à l’intégrité du processus électoral américain et à la lutte contre la désinformation.

« Le Facebook qui existe aujourd’hui n’est pas le Facebook que nous avons fondé en 2004, a indiqué Chris Hughes à NBC News. Et celui que nous avons aujourd’hui est bien trop gros, selon moi. Il est bien trop puissant. Et surtout, son PDG, Mark Zuckerberg, n’a de comptes à rendre à personne. »

Aux yeux de M. Hughes, l’influence de Mark Zuckerberg ne doit pas être prise à la légère dans un monde hyperconnecté, étant donné qu’il contrôle 60 % des actions avec droit de vote de l’entreprise. Il souligne par ailleurs que Facebook détient Instagram et WhatsApp, et que leur nombre d’utilisateurs cumulé avoisine les 3 milliards, soit près de 40 % de l’humanité.

« Mark peut à lui seul décider comment configurer les algorithmes de Facebook pour déterminer ce que les gens voient dans leur fil d’actualités, quels réglages de sécurité ils peuvent utiliser, et même quels messages se rendent à destination », explique M. Hughes dans sa lettre d’opinion.

Sentiment de culpabilité

Chris Hughes, qui a quitté Facebook en 2007 pour militer activement pour l’élection de Barack Obama, dit ressentir de la culpabilité par rapport aux conséquences négatives du réseau social sur la société actuelle.

« Je suis déçu de moi-même et de l’équipe des débuts de Facebook pour ne pas avoir réfléchi davantage à la façon dont l’algorithme du fil d’actualités pouvait changer notre culture, influencer les élections et donner du pouvoir aux leaders nationalistes », admet-il.

Des pistes de solutions

Selon lui, le gouvernement devrait mettre en œuvre deux actions pour rééquilibrer le marché des réseaux sociaux.

Premièrement, il devrait forcer Facebook à se départir de WhatsApp et d’Instagram afin d’encourager une concurrence plus saine et permettre à d’autres entreprises d’émerger plus facilement.

Deuxièmement, il devrait créer une nouvelle agence gouvernementale à laquelle les entreprises du secteur auraient des comptes à rendre.

On ne fait pas confiance aux compagnies aériennes ou aux entreprises pharmaceutiques pour qu’elles s’autorégulent, et on ne devrait pas faire confiance aux réseaux sociaux non plus.

Chris Hughes, cofondateur de Facebook

Cette agence serait chargée d’appliquer les lois en place, d’émettre des directives et de punir les contrevenants.

« Actuellement, Facebook prend lui-même des décisions au sujet de la liberté d’expression avec peu de comptes à rendre, affirme Chris Hughes. C’est le gouvernement qui doit dicter la marche à suivre, pas les employés de Facebook. »

« Facebook a peur d’une procédure antimonopole »

De plus en plus de voix s’élèvent pour réclamer la division de Facebook et davantage de règlements pour encadrer les entreprises du web.

La candidate à l’investiture du Parti démocrate et sénatrice Elizabeth Warren a pris position publiquement sur cette question en mars dernier et en a fait l’un des sujets phares de sa campagne. Selon elle, Facebook, Google, Apple et Amazon jouissent tous d’un monopole dans leurs secteurs respectifs et doivent tous être morcelés.

Le sénateur républicain Ted Cruz fait aussi partie des partisans d’une procédure antitrust contre Facebook.

Dans un communiqué envoyé à la journaliste Hadas Gold de CNN, le directeur des affaires mondiales de Facebook Sir Nicholas William Peter Clegg a expliqué que le démantèlement de Facebook n'est pas la voie à suivre.

« Facebook accepte le fait que le succès est accompagné d'une plus grande responsabilité, a indiqué M. Clegg. Mais on ne peut pas forcer la responsabilité en appelant au démantèlement d'une entreprise américaine qui connaît du succès. La responsabilisation des entreprises technologiques ne peut être atteinte que par l'introduction rigoureuse de nouvelles règles pour Internet. »

Le PDG de Facebook lui-même a ouvert la porte à une réglementation du secteur des réseaux sociaux dans une lettre ouverte (Nouvelle fenêtre) publiée en mars dans le Washington Post. Chris Hughes estime que les propositions mises de l’avant par Mark Zuckerberg dans cette lettre ont été faites de bonne foi, mais qu’elles servent surtout de diversion.

« Facebook n’a pas peur de quelques règles de plus, croit M. Hughes. Il a peur d’une procédure antimonopole et du genre de responsabilité qu’une véritable surveillance gouvernementale amènerait. »

Avec les informations de The New York Times, CNBC, CNN, et Agence France-Presse

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