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La Première Nation de Kashechewan sera déplacée

Trois hommes montrent leur entente signée.

La signature de l’entente par le chef de la réserve de Kashechewan, Leo Friday, et les ministres Seamus O'Regan et Greg Rickford a suscité une vague d’applaudissements des membres des communautés de Kashechewan et Nishnawbe Aski rassemblés à Toronto jeudi.

Photo : Radio-Canada / Philippe De Montigny

Radio-Canada

La Première Nation de Kashechewan a signé une nouvelle entente avec l'Ontario et le gouvernement fédéral jeudi pour déplacer la communauté. Les 2500 habitants se réinstalleront sur des terres plus élevées à 30 kilomètres au sud-ouest de leur emplacement actuel.

Le chef de la réserve de Kashechewan, Leo Friday, le ministre fédéral des Services aux Autochtones, Seamus O'Regan, et le ministre des Affaires autochtones de l'Ontario, Greg Rickford, ont signé l'entente à Toronto devant environ 300 membres de la communauté.

Aujourd'hui, Kashechewan, l'Ontario et le gouvernement fédéral ont signé une entente qui engage les parties à travailler ensemble à la mise en place d'un processus de planification et de développement communautaire prévoyant un plan de déplacement de la communauté, dit le ministre des Affaires autochtones de l'Ontario, Greg Rickford.

Le projet de développement prendra de 8 à 10 ans.

L'entente comprend un plan à plus long terme incluant la construction d'infrastructures et de résidences.

Pour le chef Leo Friday, la priorité sera de construire une route pour permettre aux résidents d'être en sécurité et de commencer à bâtir dans la nouvelle zone.

Le site 5 où la réserve doit être déménagé :

Photo d'une carte montrant Kashechewan et le site 5

Carte montrant le site 5 choisi pour le déménagement de la réserve

Photo : Services aux Autochtones Canada

Le financement de la réinstallation sera déterminé par le gouvernement fédéral.

Un comité directeur formé de deux membres de la communauté de Kashechewan, de deux représentants du Canada et d'un représentant du ministère des Affaires autochtones de l’Ontario sera mis en place pour piloter le projet.

Ce comité devra présenter un rapport annuel au Canada, à l'Ontario et à la Première Nation de Kashechewan sur les progrès réalisés en vertu du présent accord.

Kashechewan, qui est située à l'embouchure de la rive ouest de la baie James, est évacuée pour la 17e année consécutive en raison de la crue de la rivière Albany.

La Première Nation a encore une fois déclaré l’état d’urgence le 23 avril dernier.

Presque chaque printemps, les crues de la rivière Albany provoquent des inondations à Kashechewan, et une digue construite il y a plus de 20 ans ne réussit pas à empêcher les débordements.

Des évacuations coûteuses

Les résidents de Kashechewan doivent être évacués par avion ou par hélicoptère, en raison de l'éloignement de la réserve.

Ces évacuations coûtent plusieurs millions de dollars.

Par exemple, l'évacuation de 1300 résidents en 2015 avait coûté 9,4 millions de dollars.

Kashechewan fait face à de nombreux problèmes qui nuisent au bien-être et à la sécurité des membres de sa communauté, dont de nombreuses évacuations, coûteuses, à cause des inondations annuelles et des problèmes d'infrastructure, peut-on lire dans le communiqué de presse du gouvernement de l'Ontario.

Le chef reste sceptique

Les membres de la Première Nation de Kashechewan, dans le Nord de l'Ontario, réclament le déménagement de leur communauté depuis plusieurs années.

Malgré son message optimiste lors de la signature de l’entente, le chef de la réserve, Leo Friday, se montre sceptique à l’approche des élections fédérales.

Leo Friday craint que le scénario de 2005 et 2007 ne se répète.

J'ai peur. Je suis nerveux. C'est la troisième entente que je signe. C'est [un projet] qui ne verra peut-être pas le jour.

Leo Friday, chef de la réserve de Kashechewan

L'accord signé jeudi n'entraîne pas d'obligation juridique.

Leo Friday veut que le déplacement de la réserve se fasse le plus tôt possible.

Pour sa part, le ministre Seamus O'Regan espère que le prochain gouvernement, quel qu'il soit, respectera cet engagement.

Une tentative précédente

Ce n’est pas la première fois que le déménagement de la communauté autochtone est évoqué.

En 2005, le gouvernement canadien s’est engagé à déménager la réserve à 30 kilomètres en amont de la rivière Albany, sur des terres plus élevées qui font toujours partie du territoire de chasse traditionnel de la communauté.

Les libéraux de Paul Martin avaient l’appui de la Première Nation pour ce déménagement, mais un changement de gouvernement l’année suivante a chamboulé le projet.

Les conservateurs de Stephen Harper ont rejeté l’entente de 2005 et ont ensuite proposé de déplacer la communauté 400 km au sud, loin de son territoire de chasse.

Avec les informations de Myriam Eddahia, Philippe de Montigny et Pierre-Mathieu Tremblay

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