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Maternelle 4 ans : levée de boucliers contre le voyage à New York du ministre Roberge

Le ministre de l'Éducation, Jean-François Roberge

Le ministre Roberge a affirmé que les personnes qu'il a rencontrées lui ont toutes conseillé de ne pas précipiter les choses en vue de l'implantation des maternelles 4 ans.

Photo : Radio-Canada

La Presse canadienne

Le ministre de l'Éducation, Jean-François Roberge, devrait commencer par comprendre la réalité québécoise avant de se rendre à l'international, ont clamé syndicats et partis d'opposition, mercredi.

Une lettre a accueilli M. Roberge à son retour de New York, le sommant de visiter un centre de la petite enfance (CPE) et un milieu familial régi et subventionné, afin d'en apprendre davantage sur les services offerts aux petits Québécois de 4 ans.

La Fédération des intervenantes en petite enfance du Québec (FIPEQ-CSQ) et le Conseil québécois des services de garde éducatifs à l'enfance (CQSEPE) estiment que le projet du ministre d'implanter la maternelle 4 ans pour tous d'ici cinq ans est mal avisé.

« Je crois sincèrement qu'il ne comprend pas notre réseau, a déclaré la présidente de la FIPEQ-CSQ, Valérie Grenon, en entrevue téléphonique. Viens voir dans notre réseau, viens voir un CPE, tu vas voir qu'on est de qualité. »

Le ministre Roberge répète qu'il souhaite que des enseignants prennent en charge les enfants de 4 ans, notamment ceux qui n'ont pas accès au CPE, en leur offrant un programme mixte, c'est-à-dire la socialisation par le jeu, ainsi que la littéracie et la numéracie.

Cette approche, qui est déjà bien établie à New York, favoriserait le dépistage précoce et combattrait le décrochage scolaire, en plus de favoriser l'égalité des chances.

Selon Mme Grenon, les CPE et milieux familiaux régis sont déjà en action; ils travaillent notamment l'éveil à la lecture et à l'écriture avec les enfants en suivant un programme éducatif de qualité.

De toute façon, selon elle, « tant que l'enfant n'est pas autonome pour répondre à ses besoins primaires, il ne sera pas prêt à apprendre des notions académiques ». Les enfants de 4 ans doivent aussi apprendre à gérer leurs émotions, soutient la chef syndicale.

« Il va à New York pourquoi? Pour s'inspirer? Avant de vouloir investir autant d'argent, t'aurais dû aller t'inspirer avant. Et si t'as besoin d'inspiration, viens voir ce qu'on a dans notre réseau, tu pourrais t'inspirer de notre réseau », a ajouté Mme Grenon.

Front commun des partis d'opposition

Ce voyage à New York a également fait rugir tous les partis d'opposition à l'Assemblée nationale, mercredi.

« Inutile de voyager à New York pour comprendre que le système américain est différent du système québécois », a lancé la porte-parole libérale en éducation, Marwah Rizqy.

« Entre autres, le Québec peut déjà compter sur des services de garde à prix raisonnables, ce qui n'était pas le cas de la métropole américaine au moment du déploiement de sa maternelle 4 ans universelle », a insisté la députée péquiste Véronique Hivon.

Elle dénonce l'« opération marketing » du ministre, qui « improvise » dans ce dossier dont il traite avec beaucoup de « désinvolture ». Selon elle, le gouvernement reste flou sur le nombre de classes de maternelle 4 ans à ouvrir et le coût total de l'opération.

« La moindre des choses, c'est d'avoir un plan extrêmement détaillé, chiffré, avec la répartition régionale. [...] On n'a toujours aucun plan », a déploré Mme Hivon.

Christine Labrie, de Québec solidaire, a abondé dans le même sens. « En allant à New York maintenant, des mois après avoir déposé son projet de loi, il ne fait que démontrer à quel point il ne fait pas les choses dans le bon ordre, a-t-elle dit. Le projet de maternelle 4 ans manque cruellement d'un plan. »

L'étude du projet de loi 5 du gouvernement Legault sur la maternelle 4 ans devrait débuter à la fin du mois.

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