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Quand les rues résidentielles deviennent des autoroutes

Circulation lourde dans une rue résidentielle de Montréal.

Photo : Radio-Canada

Marie-Eve Cousineau

De plus en plus de voitures et de camions circulent dans certaines rues résidentielles à Montréal. Des riverains croient que les applications comme Google Maps et Waze y sont pour quelque chose.

« On l'a surnommée l'autoroute! » Des voitures et des camions défilent aux heures de pointe sur la 2e Avenue, dans l'arrondissement de Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension.

Brahim Bouzaf habite avec sa famille sur cette rue résidentielle. « Nous, ça nous dérange pour les enfants, quand ils reviennent de l'école, dit-il. C'est la rue la plus dangereuse à traverser. »

Bien des automobilistes empruntent la 2e Avenue à partir de Jean-Talon ou Villeray pour se rendre au boulevard Crémazie et accéder à l'autoroute 40, en direction est.

La 6e Avenue, qui va vers le sud, est aussi achalandée, selon Patrice Lavigne, qui y réside avec trois jeunes enfants. « C'est sûr que ça pose des problèmes de sécurité quand on se promène à pied dans le quartier, explique-t-il. Les gens sont pressés. Les gens veulent aller plus vite. Ils ne font pas nécessairement attention aux stops. »

Des applications qui changent les comportements

Des automobilistes empruntent ces petites rues à la recommandation d'applications de navigation comme Google Maps et Waze. Patrice Lavigne croit que ces outils contribuent à la circulation de transit dans le secteur. « Ça propose aux gens des nouveaux chemins, soulève-t-il. Donc, ils ont plus tendance à passer par les petites rues. Une fois qu'ils ont trouvé ce chemin-là, ils gardent cette habitude-là. »

Impossible de savoir si ces outils sont responsables de l'augmentation de la circulation sur la 2e et la 6e Avenue. Des chantiers de construction sont en cours dans le secteur. Et les voitures sont de plus en plus nombreuses sur les routes de Montréal.

Chose certaine, ces applications, qui proposent les itinéraires les plus rapides en temps réel, vont modifier les comportements des automobilistes, selon Nicolas Saunier, professeur à Polytechnique Montréal et expert en transport intelligent.

« La question, c'est l'amplitude de cette modification, ajoute-t-il. Personne, je pense, ne sait répondre à cette question aujourd'hui. »

Dans un courriel à Radio-Canada, l'entreprise Google souligne que divers facteurs sont pris en compte pour déterminer le meilleur itinéraire, comme le type de route (autoroute ou route secondaire) et le temps de trajet estimé. Elle dit encourager les utilisateurs à respecter les lois locales et à faire preuve de jugement lorsqu'ils sont au volant.

La 2e Avenue comme raccourci

L'arrondissement de Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension dit avoir reçu jusqu'à présent une seule plainte de citoyen concernant l'achalandage sur la 2e Avenue à la hauteur de Jean-Talon. Par courriel, un porte-parole indique que l'utilisation de la 2e Avenue comme raccourci vers Crémazie sera prise en compte. Pour le moment, l'arrondissement ignore si des mesures d'apaisement seront mises en place.

Depuis janvier, la vitesse permise dans toutes les rues résidentielles de cet arrondissement est de 30 km/h. Mais pour réduire la circulation de transit, il faut mettre davantage de bâtons dans les roues des automobilistes, selon Nicolas Saunier.

« On parle vraiment d'avoir des mesures physiques, de changer la géométrie des routes pour bloquer le mouvement tout droit, explique-t-il. C'est des chicanes, des avancées de trottoirs, des dos d'âne. [...] Il faut bloquer à certains endroits les chemins plus droits à la circulation générale. »

Un peu, dit-il, comme l'a fait le maire Luc Ferrandez sur Le Plateau-Mont-Royal.

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