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L'utilisation des médias sociaux aurait un effet néfaste « minime » sur les jeunes

Les réseaux sociaux sont encore très populaires. Photo: Getty Images / bigtunaonline
Pascal Robidas

Une étude réalisée par deux chercheurs de l'Université d'Oxford en Angleterre conclut que l'utilisation des médias sociaux a peu d'impact sur le bien-être des jeunes, déboulonnant ainsi plusieurs mythes sur les effets néfastes des réseaux sociaux.

L'étude des professeurs Andrew Przybylski et Amy Orben de l’Oxford Internet Institute publiée lundi est non seulement l'une des études les plus étoffées sur les jeunes et les médias sociaux, mais aussi l'une des premières qui va à contre-courant.

Leurs travaux se sont échelonnés sur presque une décennie, soit de 2009 à 2017.

Les deux chercheurs ont analysé les réponses de 12 672 jeunes âgés de 10 à 15 ans au sujet de leur temps passé quotidiennement sur les réseaux sociaux, afin d'évaluer leur indice de bonheur.

Dans un article publié dans la revue scientifique PNAS (Nouvelle fenêtre), ils concluent que les conséquences des réseaux sociaux sur la « satisfaction des jeunes face à la vie » sont minimes, voire absentes.

Dans une entrevue accordée à la BBC [en anglais] (Nouvelle fenêtre), Andrew Przybylski, directeur de la recherche à l'institut Oxford Internet, a affirmé que « 99,75 % du bonheur dans la vie d'une personne n'a rien à voir avec son utilisation des médias sociaux ».

Il ajoute que « leurs résultats ne montrent aucune preuve qui suscite une grande inquiétude ».

Selon ses conclusions, les trois facteurs qui influencent vraiment le bonheur des jeunes sont ancrés dans leur vie réelle : le contexte familial à la maison, le cercle d'amis et la vie scolaire.

Un point de vue partagé

La Dre Sonia Lupien, directrice du Centre d'études sur le stress humain (CESH) de l'Institut universitaire en santé mentale de Montréal, affirme que la vie des jeunes n'a pas été bouleversée par la révolution numérique, contrairement à celle de leurs parents.

Les médias sociaux font simplement partie de leur environnement.

Son point de vue de chercheure rejoint celui des deux professeurs britanniques de l'Université d'Oxford.

Dre Sonia LupienDre Sonia Lupien, directrice du Centre d'études sur le stress humain (CESH) de l'Institut universitaire en santé mentale de Montréal Photo : Radio-Canada / Pascal Robidas

Quand Facebook est sorti, l'Association des pédiatres disait que ça allait causer la dépression, parce qu'ils [les pédiatres] voyaient que plus les gens utilisaient Facebook, plus ils étaient déprimés. Or, c'est une corrélation, ce n'est pas une cause à effet.

Dre Sonia Lupien, directrice de l'Institut universitaire en santé mentale de Montréal

« Ce qui a été démontré après, c'est que les gens déprimés avaient plutôt tendance à utiliser davantage Facebook. Donc avant de dire que l'un cause l'autre, il faut vraiment faire des études comme celle qui a été faite », ajoute-t-elle.

Selon la Dre Lupien, c'est l'imposant échantillon de participants [plus de 12 000], suivis scientifiquement sur une très longue période [9 ans], qui apporte la crédibilité à l'étude.

« Et quand c'est fait avec énormément de gens, on voit que les jeunes s'adaptent très bien. Je pense que c'est leurs parents qui sont plus stressés avec le cellulaire que leurs jeunes », conclut la Dre Lupien.

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