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« Nous sommes prêts à nous battre », jurent les opposants au réservoir Springbank

Karin Hunter répond à des questions devant un micro.

Karin Hunter, la présidente de l'Association communautaire de Springbank, est opposée au projet de barrage.

Photo :  CBC / Julie Debeljak

Radio-Canada

Des citoyens de la région de Springbank enjoignent au gouvernement de ne pas précipiter les étapes du projet de barrage controversé en amont de la rivière Elbow.

Opposée au réservoir Springbank, Karin Hunter ne voit pas d’un bon oeil la volonté du Parti conservateur uni d’accélérer la construction de ce barrage, conçu pour protéger Calgary des inondations comme celles de 2013.

C’est toutefois dans ce but que le gouvernement a engagé un avocat la semaine dernière.

Mauvais départ

Les nouveaux élus « ne sont pas partis du bon pied » avec les membres de l’Association communautaire de Springbank, avance Mme Hunter, qui la préside.

Préoccupée, l’Association s’est réunie mardi pour se mobiliser et faire savoir à la communauté qu’une lettre avait été adressée au gouvernement lui demandant de réfléchir avant d’agir.

« Nous espérons qu'il y aura des changements et de véritables consultations auprès des habitants de la région », a-t-elle déclaré, faisait preuve d'un optimisme prudent.

Selon elle, les consultations précédentes étaient « partiales », parce que les solutions de rechange au réservoir Springbank n’ont pas été correctement exposées.

Une d’entre elles consiste à construire le barrage dans le secteur McLean Creek. Toutefois, l’ancien gouvernement néo-démocrate avait écarté cette option en avançant qu’elle était moins fiable et plus dommageable pour l’environnement.

« [Notre opposition au projet] ne relève pas du syndrome “pas dans ma cour” », garantit Karin Hunter, puisque le barrage aurait aussi des effets dans les secteurs de Redwood Meadows, de Bragg Creek et sur les terres de la Première Nation Tsuut'ina.

Le chef Lee Crowchild déplore par ailleurs que le Parti conservateur uni n’ait pas prévenu sa communauté de l’embauche d’un avocat pour accélérer l’approbation du projet.

« Les gouvernements sont toujours de drôles d’oiseaux avec lesquels interagir », affirme-t-il.

Ça ne coule pas de source

La province n’est pour l’instant propriétaire que de 20 % des terres sur lesquelles elle prévoit construire le réservoir évalué à 432 millions de dollars.

Comme l’ancien gouvernement, le PCU doit faire face à une forte opposition des propriétaires terriens de la région qui ne veulent pas être expropriés.

« On nous enlève notre héritage, nos maisons et nos emplois », déplore Mary Robinson, une éleveuse dont la famille vit dans ce coin du sud de l’Alberta depuis cinq générations.

 Le réservoir Springbank n’est bénéfique qu'à une minorité d'Albertains, surtout ceux qui vivent en ville, à Calgary. 

Mary Robinson

Si le réservoir voit le jour, les terres de la famille Robinson pourraient se retrouver ensevelies sous les eaux.

« C’est un choix très égoïste », dit celle qui y voit plus d’inconvénients que d’avantages.

Bien que le PCU se soit engagé à terminer la ronde de consultations avec les propriétaires terriens locaux, il campe sur sa décision de démarrer la construction du réservoir Springbank dès que possible.

« Nous sommes prêts à nous battre », prévient pour sa part Lee Crowchild.

Le projet est actuellement en train d’être étudié par l’Agence canadienne d’évaluation environnementale, le ministère de l’Environnement et des parcs de l’Alberta et l'agence provinciale de conservation des ressources naturelles.

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