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25 M$ en heures supplémentaires pour la SQ durant le G7

Policiers, anti-émeute, g7.

Photo : Radio-Canada / Daniel Coulombe

Maxime Corneau
Jonathan Lavoie

Le gouvernement du Québec a finalement réclamé 64,2 millions de dollars à Ottawa pour rembourser ses dépenses reliées au Sommet du G7, a appris Radio-Canada. La part du lion ira à la Sûreté du Québec (SQ) qui a notamment facturé 25 millions de dollars en heures supplémentaires.

Dans le Sommaire des réclamations provinciales, obtenu par Radio-Canada en vertu de la Loi sur l’accès aux documents des organismes publics, on peut lire qu’une trentaine d’organismes et municipalités ont fait une réclamation à Ottawa. Les dépenses couvrent l'événement de juin 2018, mais aussi les phases de planification et de démobilisation.

À elle seule, la SQ a demandé un total de 40,4 millions de dollars, dont 25 millions pour payer les heures supplémentaires de ses policiers et employés.

En février dernier, Radio-Canada révélait que la Sûreté du Québec avait dû rappeler au travail 232 policiers en vacances pendant le G7. Ces policiers avaient été payés à taux et demi pour l’événement. À l’époque, la SQ n’était pas en mesure de chiffrer ses dépenses reliées aux heures supplémentaires.

Questionné sur les dépenses de l’organisation, le lieutenant Jason Allard assure que le recours aux heures supplémentaires était nécessaire dans le cadre d’un « événement exceptionnel ».

Même si l’événement était prévu, sans l’attribution de temps supplémentaire, il aurait été impossible de mobiliser à temps régulier l’ensemble des policiers puisque ces derniers sont assignés à leurs fonctions régulières ou encore ils sont en congé.

Jason Allard, porte-parole à la Sûreté du Québec

Après la Sûreté du Québec, les intervenants qui ont réclamé les plus gros montants sont la Ville de Québec, le ministère de la Santé et des Services sociaux, Hydro-Québec et la Ville de Saguenay.


8 M$ pour la Ville de Québec

Comme annoncé en décembre, la Ville de Québec a fait parvenir une réclamation de plus de 8 millions de dollars.

Si les services de sécurité sont habituellement peu enclins à dévoiler la quantité d’effectifs déployés sur le terrain, les documents de la Ville envoyés à Ottawa précisent qu’environ 450 policiers et 300 membres des équipes d’enquête ont été mobilisés à Québec pendant le G7.

Plus de 85 % du montant demandé sert à couvrir les salaires, les heures supplémentaires et les avantages sociaux octroyés à ces policiers.

« Exagération de la menace »

Devant la facture de plus de 45 millions de dollars pour les corps policiers québécois, le coordonnateur de la Ligue des droits et liberté à Québec estime qu’il y a eu « exagération de la menace ».

Les sommes dépensées sont « difficiles à justifier », selon Maxim Fortin. « Le potentiel de perturbation était faible, les mobilisations vraisemblablement n'allaient pas dépasser les quelques milliers, voire les quelques centaines de personnes. »

Il y a eu vraiment, je pense, de l'incompétence au niveau de l'évaluation du potentiel de perturbation.

Maxim Fortin, coordonnateur de la section Québec de la Ligue des droits et libertés
Maxime Fortin, Coordonnateur de la section Québec de la Ligue des droits et libertés

Maxime Fortin, Coordonnateur de la section Québec de la Ligue des droits et libertés

Photo : Radio-Canada

Maxim Fortin espère que le G7 de La Malbaie servira de leçon aux organisateurs de ces grands événements.

« Les autorités ont encouragé les commerçants et la population à développer une paranoïa qui n'était pas justifiée et c'est la première chose que les autorités devraient arrêter de faire. »

Imposant déploiement médical

Le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) a dépensé pour sa part près de 5 millions de dollars. Dans le rapport du Ministère, on peut lire que son action s’étendait sur plusieurs régions du Québec et que des cliniques avaient été mises en place au Manoir Richelieu et au Château Frontenac.

Le Manoir Richelieu à La Malbaie.

Le Manoir Richelieu à La Malbaie.

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Lavoie

En plus de la mobilisation d’employés supplémentaires et de l’achat de matériel spécialisé, le document précise que le MSSS avait stocké en quantité des antidotes pouvant servir en cas d’attaques chimiques avec des agents neurotoxiques.

Ces stocks d’antidotes auraient pu traiter 210 patients pendant une période de 24 heures. Le Ministère craignait une attaque d’agents organophosphorés, qui peuvent être produits à l’aide de pesticides. On apprend aussi qu’une stratégie était en place pour faire face à l’apparition d’un cas du virus Ebola.

Décontamination de masse

Même si la Ville de Lévis ne faisait pas partie de l’entente initiale, elle a finalement réclamé plus de 860 000 $ au gouvernement fédéral pour des dépenses liées au G7.

À la demande du ministère de la Sécurité publique du Québec, 32 pompiers et 4 officiers du Service de protection contre l’incendie de Lévis ont été mobilisés à La Malbaie.

Cette équipe était responsable de la décontamination de masse dans l’éventualité où les policiers auraient à utiliser des gaz lacrymogènes ou que des manifestants auraient utilisé des agents irritants.

Les documents soumis au fédéral pour la réclamation indiquent que finalement « aucun incident n’est survenu qui aurait nécessité le déploiement de l’unité ».

Environ la moitié des 860 000 $ réclamés à Ottawa serviront à payer le salaire des pompiers déployés sur le terrain. Lévis souhaite aussi se faire rembourser environ 300 000 $ pour la location d’équipement et l’achat d’appareils de télécommunications.

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