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Présence d'arsenic chez des enfants à Noranda : des parents réclament des mesures concrètes

Des parents du quartier Notre-Dame inquiets de la présence d'arsenic sous les ongles de leurs enfants ont fondé un comité citoyen.

Photo : Radio-Canada / Thomas Deshaies

Jean-Marc Belzile

Les parents d'enfants qui sont surexposés à l'arsenic dans le quartier Noranda, à Rouyn-Noranda, sont très inquiets et réclament que le gouvernement du Québec et les élus interviennent. Constatant que la Direction de la santé publique (DSP) de l'Abitibi-Témiscamingue tarde à dévoiler les résultats publiquement, ils craignent que certains tentent d'étouffer l'affaire.

Des enfants qui habitent dans le quartier Notre-Dame à Rouyn-Noranda, en Abitibi-Témiscamingue, sont surexposés à l'arsenic, une substance cancérigène. C'est ce que révèle une étude de biosurveillance menée à l'automne 2018.

Des parents d'enfants qui ont participé à l'étude ont décidé de parler publiquement mercredi puisqu'ils ont l'impression que les résultats sont connus, mais qu'ils ne sont pas divulgués.

Pascal Gélinas, père de trois enfants, dont deux ont participé à l'étude, affirme d'ailleurs que le comité de parents a reçu des pressions afin de ne pas parler publiquement mercredi.

On est conscient qu'on dérange puisqu'on a déjà été approché par certaines instances gouvernementales qui ont essayé de nous faire attendre que l'étude sorte. Pourquoi on essaie de nous dire de nous taire alors qu'on pose des questions légitimes?, lance-t-il.

Ces familles demeurent à proximité de la Fonderie Horne, qui est responsable de cette problématique liée à l'arsenic.

Déjà en 2004, un rapport du ministère de l'Environnement concluait qu'il faudrait réduire considérablement les émissions atmosphériques d'arsenic de la fonderie.

Ces parents ont l'impression que rien n'a pourtant changé depuis 15 ans. Ils réclament que des actions soient prises rapidement de la part du gouvernement du Québec.

On le sait que l'arsenic c'est un cancérigène, c'est reconnu par la communauté scientifique donc on le sait que ça peut développer le cancer, mais est-ce qu'il n'y aurait pas autre chose de moins connu qui pourrait être développé? Est-ce qu'il pourrait y avoir d'autres contaminants?, affirme la porte-parole du comité citoyen et mère de deux enfants ayant participé à l'étude, Valérie Fournier.

On fait quoi avec ça? Il n'y a pas juste des enfants qui habitent dans le quartier et qui sont contaminés, il y a d'autres citoyens, il y a des personnes âgées, on fait quoi avec eux? Nous ce qu'on demande c'est qu'il y ait une étude plus large qui soit menée dans le quartier et dans la ville de Rouyn-Noranda, ajoute Pascal Gélinas.

La Direction de la santé publique de l'Abitibi-Témiscamingue s'explique

La Direction de la santé publique de l'Abitibi-Témiscamingue affirme que les résultats de l'étude seront présentés le 14 mai prochain.

L'organisation affirme que le délai a été plus important puisqu'on souhaitait présenter un plan d'action aux parents plutôt que de simplement présenter les résultats.

On avait des résultats préliminaires, mais vous comprendrez qu'on ne va pas annoncer des résultats préliminaires à la population, on est là pour donner une information transparente et objective puis on a un grand souci d'avoir la meilleure information, affirme le coordonnateur de l'étude de biosurveillance, Daniel Proulx.

Une femme et un homme tiennent un point de presse dans une salle de conférence.

La Direction de la santé publique a tenu un point de presse à la suite de celui du comité de parents inquiets du quartier Notre-Dame.

Photo : Radio-Canada / Jean-Marc Belzile

La DSP assure que la Fonderie Horne a été consultée, puisqu'il s'agit d'un acteur clé dans ce dossier.

On a voulu les sonder pour voir comment ils recevaient ces résultats, parce que ce sont eux qui émettent des métaux dans le quartier, donc on les a interpellés, indique Daniel Proulx.

Lorsque questionnés à savoir si la Fonderie Horne avait demandé à ce que les résultats soient publiés plus tard, les représentants de la Direction de la santé publique ont hésité quelques instants.

On voulait que le ministère de l'Environnement et la Fonderie Horne présentent aussi des actions concrètes aux citoyens pour la suite des choses, a ensuite ajouté la Directrice de la Santé publique, Lyse Landry.

Le coordonnateur de l'étude de biosurveillance, Daniel Proulx, assure par ailleurs être très préoccupé par la présence d'arsenic chez ces enfants.

Il n'y a pas d'effet immédiat à la santé. C'est certain qu'on est préoccupé, mais ce n'est pas comme si c'était la variole et qu'en une minute tout le monde pouvait mourir. On est dans une situation où on a plus de temps. On comprend par contre cette anxiété de la population et on est très préoccupé aussi.

La Fonderie Horne réagira plus tard

La Fonderie Horne a fait savoir par courriel qu'elle attendra que les résultats soient présentés aux parents le 14 mai avant de réagir publiquement.

Par courriel, l'organisation a tout de même fait savoir que les émissions atmosphériques de l'entreprise sont en constante diminution depuis 2004.

La Fonderie Horne parle d'une réduction des émissions d'arsenic de 81 %, de 61 % pour le plomb et d'une réduction des émissions fugitives de dioxyde de soufre de 92 % depuis 2004.

L'entreprise ajoute que les émissions d'arsenic sont conformes aux cibles fixées dans leur attestation d'assainissement par le ministère de l'Environnement. Celle-ci serait basée sur un avis de la Direction de santé publique de 2013.

D'ici 2021, la Fonderie Horne prévoit investir 36 millions de dollars spécifiquement pour des projets de réduction des émissions atmosphériques.

- Avec la collaboration de Thomas Deshaies

Abitibi–Témiscamingue

Santé publique