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  • Archives
  • Les belles années du musée de cire de Montréal

    Montréal ce soir, 12 mai 1989
    Radio-Canada

    Le Musée historique canadien, communément appelé le musée de cire de Montréal, a fermé ses portes le 12 mai 1989. Effrayant pour certains, intrigant pour d'autres, il a impressionné les nombreux visiteurs qui ont parcouru ses 24 scènes représentant notre passé catholique et colonial. Nous vous proposons une visite en archives de ses catacombes.

    Des personnages à préserver

    Le jour de la fermeture définitive de l’institution, le journaliste Gilles Sirois s’entretient avec l’un des cofondateurs, Robert Tancrède, artiste-peintre originaire de France. Au Téléjournal, ce dernier explique que lui et son associé, le sculpteur français Albert Chartier, ne sont plus en âge de renouveler les scènes pour attirer les gens au musée.

    À l’époque, les sculpteurs sur cire sont rares. Tous les personnages sont façonnés par Albert Chartier dans les ateliers Grévin de Paris.

    Tout ce qui a été fait ici a pu être fait dans les ateliers du musée Grévin qui avait la qualité voulue, les employés voulus et que nous n’aurions trouvé nulle part au monde.

    Robert Tancrède, artiste peintre et co-fondateur du Musée historique canadien

    Durant près de 60 ans, de 1935 à 1989, le Musée historique canadien présente à ses visiteurs des scènes de la vie des premiers chrétiens et de l’histoire du Canada. Situé près de l’oratoire Saint-Joseph, l’endroit compte des dizaines de personnages de cire grandeur nature.

    Le musée avait fait son temps. Il n’attirait plus les foules. Il fallait fermer.

    Gilles Sirois, journaliste

    À la fermeture du musée, la Ville de Montréal refuse de prendre en charge la collection. C’est le Musée de la civilisation de Québec qui accepte le mandat de conservation. Encore aujourd’hui, les personnages créés par Albert Chartier y sont entreposés.

    Les beaux jours du musée de cire

    Vu, 30 mars 1961 (remontage)

    Le 30 mars 1961, l’équipe de l’émission Vu accompagne des élèves de l’Académie Michèle Provost à leur visite du musée.

    Les jeunes de 8 à 9 ans avancent d’un pas non assuré dans les sombres galeries.

    Parmi les tableaux illustrant la chrétienté, le plus saisissant est sans aucun doute celui du grand cirque romain.

    Le directeur en fait la description aux jeunes visiteurs :

    Vous voyez près de la grille, une femme qui est dévorée vivante, remarquez l’expression de terreur dans ses yeux [...] On exposait des familles de chrétiens à l’horreur de ce spectacle en leur demandant d’abdiquer leur foi. S’ils refusaient, on les jetait aux bêtes fauves.

    Gérard Lafortune, directeur du Musée historique canadien
    Téléjournal, 4 janvier 1973 (remontage)

    Dans ce montage d’archives tiré du Téléjournal du 4 janvier 1973, la journaliste Madeleine Poulin s’entretient avec Gérard Lafortune, directeur de l’institution. Il mentionne les tableaux préférés des visiteurs :

    Il y a des tableaux qui sont très spectaculaires, comme le cirque romain. Nous avons aussi Frontenac à Cataraqui, Lévis qui brûle ses drapeaux, la scène du pape, Jacques Cartier.

    Gérard Lafortune, directeur du Musée historique canadien

    Durant les 20 premières années, le musée accueille près de 4,5 millions de visiteurs. C’est quelque 250 000 visiteurs par année. Au total, 10 millions de personnes ont exploré ses installations. Il est devenu un incontournable pour les touristes.

    Le bâtiment de style Art déco du boulevard Queen Mary conçu en 1935 par l’architecte Paul Lemieux abrite aujourd’hui une pharmacie.

    En 2013, l’aile québécoise du Musée Grévin de Paris a ouvert ses portes au 5e étage du Centre Eaton de Montréal. Le nouveau musée de cire montréalais attire quelque 100 000 visiteurs par années avec ses 125 personnalités de cire.

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    Arts