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Des employés de GM à Oshawa se sentent trahis

Chaîne d'assemblage de véhicules.

Les employés de l'usine de GM à Oshawa espèrent que la rencontre de jeudi avec le syndicat leur annoncera de meilleures nouvelles que mercredi.

Photo : Radio-Canada

Myriam Eddahia

Colère et déception, l'entente entre le constructeur automobile General Motors et le syndicat Unifor est loin de faire plaisir aux employés de l'usine d'Oshawa. Malgré les 170 millions de dollars investi par GM qui permettront de préserver 300 emplois, l'inquiétude et la frustration se dessinent sur les visages des employés.

Une ambiance lourde règne à la sortie et à l'entrée des employés de l'usine, mercredi après-midi.

Aucun des employés que Radio-Canada a rencontrés ne s'est dit satisfait par cette annonce.

Je suggère à tous les Canadiens qui souhaitent acheter une voiture d'acheter chez Toyota parce qu'eux investissent pour créer des emplois. Regardez dans le stationnement la loyauté que nous avons à GM et nous n'avons rien en retour, dit Jeremy Dwyer qui travaille pour GM depuis 17 ans.

Je suis extrêmement fâché, ajoute-t-il. Pas assez d'emplois ont été sauvés selon ce père de deux enfants.

Jeremy Dwyer ne sait pas ce qu'il fera après la fin de l'année 2019.

Même le président du syndicat Unifor, Jerry Dias, a dit qu'il n'était pas content de l'entente annoncée mercredi par lui et le président de General Motors Canada, Travis Hester.

Nos membres vont être fâchés et ils devraient l'être. Je suis contrarié.

Jerry Dias, président du syndicat Unifor

Cet investissement du constructeur automobile permettra de lancer un plan de transformation qui préservera seulement 300 des 2600 emplois de l'usine de General Motors à Oshawa.

L'usine d'assemblage sera transformée pour que la compagnie puisse notamment y fabriquer des pièces.

Pour déterminer à qui iront ces 300 emplois, il faudra passer par une série d'étapes, dont l'ancienneté des employés.

Selon le président de GM Canada, Travis Hester, la moitié des 2600 travailleurs sont admissibles à la retraite. GM s'engage à offrir des indemnités de départ et des allocations de retraite bonifiées aux syndiqués d'Oshawa qui perdront leur emploi en décembre.

Si l'indemnisation n'est pas suffisante pour moi, je vais décider de garder un des 300 emplois, dit Steve Chrapek, un employé de General Motors admissible à la retraite.

Le nombre doit être juste pour que je sois heureux.

Steve Chrapek, employé à l'usine d'Oshawa depuis 35 ans

Les employés qui souhaitent toujours travailler pour GM auront la possibilité d'être réaffectés en Ontario.

Le plan de transition de GM comprend également un nouveau centre de formation nommé « le centre d'action pour l'emploi » qui ouvrira ses portes en juin.

Selon GM, ce centre permettra aux employés sans emploi à partir de décembre 2019 de planifier de futures opportunités de carrière à l'extérieur de [l'entreprise].

Aussi, certains de ces 300 emplois seront directement liés à la nouvelle piste d’essai de véhicules autonomes et « avancés » qui sera mise en place à Oshawa.

M. Hester n'a toutefois pas voulu dire si les salaires allaient rester les mêmes ou s'ils allaient baisser.

Peu d'employés sont confiants

Plusieurs employés ont déjà commencé à chercher un autre emploi et peu pensent faire partie des 300 travailleurs qui garderont leur emploi.

300 emplois ce n'est pas beaucoup. De nombreuses personnes perdront leurs emplois et pas seulement à GM. Les compagnies qui travaillent principalement avec nous sont aussi dans l'eau chaude, dit Rob Cochrane qui travaille à l'usine depuis 13 ans.

Ils n'auront rien pour moi. Ça fait longtemps que je n'ai pas rempli un curriculum vitae. Il faudra que je me penche sur mes compétences transférables, ajoute-t-il.

Je ne vais pas conduire trois heures pour aller travailler pour GM et ne pas voir ma femme et mon enfant, lance M. Cochrane.

Réactions de la scène politique

Selon le premier ministre Justin Trudeau et le ministre fédéral des Transports, Marc Garneau, c’est une bonne nouvelle.

C’est une nouvelle encourageante. Chaque emploi compte, dit pour sa part le ministre fédéral du Développement économique, Navdeep Bains.

Cet investissement montre clairement qu'il existe une opportunité de croissance à long terme.

Navdeep Bains, ministre fédéral du Développement économique

Le ministre du Développement économique, de la Création d'emplois et du Commerce, Todd Smith, abonde dans le même sens.

C'est une bonne nouvelle pour la ville d'Oshawa et toute la région de Durham. On attendait ce moment depuis longtemps. Ils fabriqueront des pièces et ça, c'est une bonne nouvelle, dit-il.

Nous étions en contact avec General Motors durant tout le processus. Je suis heureux que GM et Unifor aient réussi à arriver à une entente, ajoute M. Smith.

Pour sa part, Jerry Dias dit qu’il ne saute pas de joie. Pour lui ce n’est pas une victoire, mais c’est mieux que la perte de tous les emplois.

M. Dias rencontrera les membres du syndicat pour leur faire part des prochaines étapes, jeudi.

Avec les informations de Jean-François Morissette

Industrie automobile

Économie