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Les homosexuels pourront donner du sang après trois mois d'abstinence

Les hommes homosexuels pourront maintenant donner du sang s'ils s'abstiennent de relations sexuelles pendant trois mois.

Les hommes homosexuels pourront maintenant donner du sang s'ils s'abstiennent de relations sexuelles pendant trois mois.

Photo : Reuters / Eric Gaillard

Radio-Canada

Santé Canada se rend aux arguments de la Société canadienne du sang et d'Héma-Québec. Les hommes homosexuels pourront maintenant donner du sang après trois mois d'abstinence plutôt qu'un an.

C’est le plus récent jalon franchi depuis 1986, quand le scandale du sang contaminé a mené le Canada à interdire aux hommes homosexuels actifs sexuellement de faire un don de sang.

À partir de 2013, on leur a permis de le faire après une abstinence de cinq ans, puis le délai est passé à un an en 2016.

La Société canadienne du sang et Héma-Québec avaient déposé le 21 décembre dernier une requête afin de réduire ce délai à trois mois, spécifiant qu'une période de 90 jours est aujourd'hui amplement suffisante pour identifier les pathogènes qui sont transmissibles par le sang.

« On a fait l’analyse de leur demande et on est très contents d’annoncer que nous avons accepté cette directive », a indiqué mercredi matin la ministre fédérale de la Santé, Ginette Petitpas Taylor, avant la réunion hebdomadaire du caucus libéral, à Ottawa.

Ces réductions, qui sont fondées sur des données probantes, n'ont pas fait augmenter le nombre de dons de sang séropositif, a indiqué la ministre par communiqué. « C'est un pas important vers l'élimination complète de la période d'exclusion », a-t-elle précisé.

« C’est une indication de ce qui arrive quand le gouvernement suit la science », a ajouté son collègue libéral Randy Boissonnault, conseiller spécial du premier ministre sur les enjeux liés à la communauté LGBTQ2+.

C'est une victoire pour la communauté LGBTQ2.

Randy Boissonnault, député d'Edmonton-Centre et conseiller spécial du premier ministre

M. Boissonnault a rappelé que le Canada est maintenant « au niveau de ce qui se fait au Royaume-Uni ». L’Angleterre et l’Écosse ont en effet adopté le délai de trois mois en novembre 2017.

Pour le Conseil québécois LGBT, l'annonce de mercredi est une bonne nouvelle. « On est plutôt rassurés, puisque notre position a toujours été que la sélection des donneurs soit faite en fonction des comportements, et non de l’orientation sexuelle », a expliqué Firmin Havugimana, coordonnateur aux communications de l'organisme, lors d'un entretien téléphonique.

« On aimerait saluer le fait que la déclaration de la ministre mentionne explicitement l’horizon d’une élimination complète de la période d’exclusion », a-t-il ajouté.

« Scientifiquement justifié »

La Société canadienne du sang et Héma-Québec poursuivent leurs démarches pour que la sélection des donneurs soit basée sur le comportement, et non pas sur l'appartenance à un groupe jugé « à risque ».

Les deux organisations se sont dites satisfaites, mercredi, de cette modification, qui permettra d'avoir un plus grand nombre de donneurs potentiels pour l'approvisionnement de leurs banques de sang.

« La démonstration est faite que l'implantation d'une exclusion temporaire à 12 mois en 2016 n'a eu aucune incidence sur la sécurité du système transfusionnel. Les données récentes en matière de sécurité transfusionnelle permettent aujourd'hui de revoir la politique d'interdiction appliquée aux hommes ayant eu une relation sexuelle avec un autre homme. Un tel changement est scientifiquement justifié et ne mettra aucunement en péril le très haut niveau de sécurité des produits sanguins », a déclaré le Dr Marc Germain, vice-président aux affaires médicales et à l'innovation chez Héma-Québec, par communiqué.

Le changement entrera en vigueur à compter du 3 juin prochain pour l'ensemble des activités de collecte de sang, indique Héma-Québec.

Avec les informations de La Presse canadienne

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