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Centre hospitalier Restigouche : un meilleur suivi s'impose, selon un enquêteur externe

Le Centre hospitalier Restigouche vu de l'extérieur.

Le Centre hospitalier Restigouche est situé à Campbellton, dans le nord du Nouveau-Brunswick (archives).

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Un spécialiste en matière de santé mentale a remis ce matin au gouvernement du Nouveau-Brunswick son rapport sur les graves problèmes soulevées par l'ombudsman au Centre hospitalier Restigouche (CHR). Il recommande entre autres qu'un « continuum de soins de santé mentale et de toxicomanie » soit établi et qu'il comprenne des mesures pour mieux cerner les besoins à combler.

George Weber, ancien président et chef de la direction des Services de santé Royal Ottawa, a produit ce rapport à la demande du ministre de la Santé, Ted Flemming.

La couverture du rapport Weber.

Le rapport de l'enquêteur externe, George Weber, sur les problèmes au Centre hospitalier Restigouche.

Photo : Radio-Canada / Nicolas Steinbach

Le CHR est l’hôpital psychiatrique du Nouveau-Brunswick.

L'ombudsman du Nouveau-Brunswick a ouvert une enquête sur le CHR après avoir reçu une dénonciation anonyme en 2017. Il concluait dans son rapport déposé en février dernier que des patients de cet établissement sont victimes d'actes de négligence, de violence et de traitements inacceptables et que la sécurité des employés est mise en jeu.

Une photo des ecchymoses du patient. On ne voit pas son visage afin de conserver sa confidentialité.

Le rapport de l'ombudsman sur le centre hospitalier Restigouche a révélé de multiples cas de mauvais traitement à l'hôpital.

Photo : Rapport spécial du Bureau de l'ombudsman du Nouveau-Brunswick concernant le Centre hospitalier Restigouche

Conserver l'hôpital

Dans son rapport, George Weber écarte l'idée de fermer le CHR. Il suggère plutôt au gouvernement de collaborer avec le Réseau de santé Vitalité pour élaborer des stratégies de recrutement et de rétention concurrentielles de professionnels de la santé.

Charles Murray avait attribué une partie des problèmes qu'il avait exposés à une pénurie de main-d'oeuvre qui avait érodé la culture du CHR.

Il avait notamment présenté les cas d'un patient trouvé mort et d'un autre souffrant de malnutrition. Il a aussi rapporté le témoignage d'un employé selon lequel les rapports d'incident dans l'établissement ne sont pas toujours exacts.

Diriger des patients ailleurs

L'enquêteur Weber recommande aussi une meilleure concertation entre ministères pour dirigés les patients du Centre Restigouche qui n'ont plus besoin de services tertiaires vers d'autres programmes qui répondent mieux à leurs besoins.

Il recommande enfin à la province de désigner une personne qui sera responsable de surveiller les évaluations médico-légales et d'en assurer le contrôle de la qualité. L'ombudsman Murray avait fait état d'aides-légistes qui utilisaient des moyens d’intimidation contre le personnel [...].

Le rôle de Vitalité, qui gère le CHR

George Weber fait aussi des recommandations au Réseau de santé Vitalité. Elles portent sur l’amélioration de la formation du personnel du CHR, sur la formulation d’un plan de recrutement de personnel médical propre au CHR et sur un meilleur suivi des traitements et des incidents dans l’établissement.

Maintenir le Centre d'excellence pour jeunes

Il aborde d'autre part la question de l'avenir du Centre d'excellence pour les enfants et les jeunes à besoins complexes, dont l'ouverture a été retardée par le ministre de la Santé Hugh Flemming dans la foulée du rapport de l'ombudsman. Il conclut que les plans du Centre d'excellence sont « sensés » et que ses besoins actuels et futurs en personnel ont bien été évalués.

Le Centre d’excellence pour jeunes de Campbellton, en annexe du Centre hospitalier Restigouche.

Le Centre d’excellence pour jeunes de Campbellton en construction, en annexe du Centre hospitalier Restigouche.

Photo : Radio-Canada

Il recommande pour les mineurs aussi l'élaboration d'un continuum de soins, y compris pour les « jeunes en transition », c'est-à-dire ceux âgés de 18 à 25 ans.

M. Weber estime que le ministère de la Santé devrait conclure une entente officielle avec des psychiatres pédiatriques pour appuyer le Centre provincial de traitement pour jeunes à Campbellton et prévoir un « nombre raisonnable » d'autres employés en place avant l'ouverture du centre.

Des changements déjà faits, selon le ministre Flemming

Le ministre Hugh Flemming accepte les recommandations de M. Weber. Le ministère de la Santé surveillera attentivement la situation au CHR pour que les patients reçoivent les traitements et les soins qui répondent le mieux à leur besoins, souligne M. Flemming.

Le ministre de la Santé, Hugh Flemming en mêlée de presse, à Fredericton, le 8 mai 2019.

Le ministre de la Santé, Hugh Flemming, accepte l'ensemble des recommandations du rapport.

Photo : Radio-Canada / Nicolas Steinbach

George Weber continuera de travailler avec le ministère de la Santé et Vitalité jusqu’en 2020 pour appuyer la mise en oeuvre des plans d’amélioration recommandés, ajoute le gouvernement.

Le ministre Flemming a ajouté que des lits devront fermer, au CHR, pour ajuster la capacité du centre aux ressources humaines disponibles. Des patients seront dirigés vers d'autres services.

Il a précisé que les changements avaient déjà commencé. La situation au CHR aujourd'hui est considérablement meilleure qu'elle ne l'était au moment où l'ombudsman a déposé son rapport, a-t-il dit, un constat qui rejoint celui de l'enquêteur Weber.

M. Weber a noté dans son rapport que déjà, on a donné congé à 63 patients qui n'avaient plus besoin de soins tertiaires ce qui a permis de fermer temporairement deux unités de 20 lits.

D'autre part, des lignes de responsabilité plus claires ont été mises en place pour les psychiatres qui travaillent à l'établissement.

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