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Poèmes de la résistance : 37 auteurs franco-ontariens dénoncent les compressions de Doug Ford

Une femme et deux hommes dont les photos sont mises l'une à côté de l'autre.
Les poètes Andrée Lacelle, Gabriel Osson et Jean-Marc Dalpé font partie des 37 personnes qui ont contribué au recueil « Poèmes de la résistance », publié par la maison d'édition Prise de parole. Photo: Radio-Canada
Bienvenu Senga

Le recueil Poèmes de la résistance, réunissant les textes de 37 auteurs franco-ontariens en réponse aux compressions du gouvernement Ford dans les services en français, sera lancé jeudi dans le cadre du 10e Salon du livre de Hearst.

Dans le préambule de l’ouvrage, sa directrice, Andrée Lacelle, indique d’emblée l’appel qu’elle a lancé à ses collègues poètes, peu après l’annonce de l’annulation du financement de l’Université de l’Ontario et de la dissolution du Commissariat aux services en français : Dire la lumière de notre colère.

Cette colère, on l’a sentie, ça a été très immédiat, il fallait accuser le coup et se dire : “Bon, ça y est, on repart”. Parce qu’en fait on peut dire que, depuis quelques années, nous étions en mode construction et en mode élaboration de notre présence de plus en plus marquée en Ontario français, explique Mme Lacelle.

C’est comme si, tout à coup, tout s’était mis à vaciller et qu’il fallait encore une fois tenter de rétablir les choses et de redire que nous sommes ici et qu’on voudrait y être à part entière.

Andrée Lacelle, poète et directrice du recueil « Poèmes de la résistance »

Je suis, nous sommes la rivière
Non le cours d’une lente agonie
non le symbole d’une disparition
ni la trace d’un effritement
mais le sourire de nos petites gens
la marche de 600 000

Extrait de « Je suis, nous sommes la rivière », de François Baril Pelletier

L’auteur Gabriel Osson est l’un des 36 écrivains qui ont répondu à l’appel de Mme Lacelle et dont les textes sont réunis dans le recueil publié aux Éditions Prise de Parole.

Résiste
Même quand on te dit
Speak white
Résiste encore davantage
Parle plus fort
Par la voix de ton peuple
Qu’on veut opprimer
Et assimiler

Extrait de « Résiste » de Gabriel Osson

J’ai toujours pensé qu’à tous les jours quand on se lève, on fait un acte de résistance en choisissant de vivre en français, note-t-il.

Malgré tous les affronts, toutes les pressions que subit la langue française, nous devons tout faire pour résister aux chocs.

Gabriel Osson, auteur

Pourquoi la poésie?

Les annonces du 15 novembre 2018 ont suscité de vives réactions de la part des francophones de partout au pays.

L’importance particulière de la prise de parole commune que font les auteurs de Poèmes de la résistance réside toutefois, selon Gabriel Osson, dans sa pérennité.

Les paroles s’envolent et les écrits restent. Je crois que, quand les gens liront ça dans 5, 10 ou 20 ans, ça restera encore actuel, affirme-t-il.

Je suis électricien agréé
agreed upon
Je suis le président du
regroupement des
électriciens
poètes
de l’Ontario francophone et francophile
le REPOFF
Je suis l’ohm de la situation
l’ohmbudsman
de la résistance électrique
et du bilinguisme en conduction
Je suis fil-de-fériste grimpant le long des murs

Extrait de « L’Ohm » d’Éric Charlebois

Ses propos font écho à ceux de l’auteur et dramaturge Jean-Marc Dalpé, qui est par ailleurs le président d'honneur du 10e Salon du livre de Hearst.

À son avis, la poésie pourrait a priori être vue comme un moyen [d'expression] parmi tant d’autres et un moyen un peu faible dans de telles circonstances.

Cela dit, ce qui va changer à long terme les mentalités, l’attitude d’un peuple, d’une communauté, ça va passer par les oeuvres des artistes et notamment les oeuvres des poètes qui arrivent à dire les choses de façon claire, efficace et concrète [...] La poésie, à son meilleur en tout cas, ça dit les choses clairement, avec une grande force.

Jean-Marc Dalpé, auteur et dramaturge
Jean-Marc Dalpé devant un microphone. La présidence d’honneur du 10e Salon du livre de Hearst est confiée à Jean-Marc Dalpé. Il participera aussi à une table ronde sur la survivance culturelle au cours de l’évènement qui prend fin samedi. Photo : Radio-Canada / Christian Côté

Un salon dont « la pertinence n’a pas changé »

Le rendez-vous littéraire à l'occasion duquel se déroulera le lancement de Poèmes de la résistance a été créé il y a deux décennies.

Selon le coprésident du Salon du livre de Hearst, Jean-Pierre Boutin, [sa] pertinence n’a pas changé, malgré des défis tels que la diminution des subventions gouvernementales, des ressources humaines pour l’organisation et le nombre de plus en plus faible de distributeurs qui se déplacent vers les salons en région.

Des jeunes qui examinent des livres.Encore une fois cette année, les élèves se rendront en grand nombre au Salon qui prend fin samedi. Photo : Radio-Canada / Martine Laberge

Les gens qui avaient imaginé le projet pensaient à valoriser le livre, la lecture, la littérature, les initiatives de quiconque désire être un auteur, une autrice en région. Ces objectifs-là n’ont absolument pas changé. Ce qui s’est développé au fil des ans avec le salon, c’est une connivence avec l’élémentaire et le secondaire, avec la communauté, fait savoir M. Boutin.

Des activités pour enfants, des causeries, des conférences et des tables rondes y sont prévues cette année.

Le 10e Salon du livre de Hearst se conclut samedi.

Prix de poésie : Inscrivez-vous du 1er avril au 31 mai
Avec les informations de Radio-Canada

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