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La chrétienne pakistanaise Asia Bibi réfugiée au Canada

Asia Bibi

Sur cette photo d'archive du 20 novembre 2010, Asia Bibi, une chrétienne pakistanaise, écoute des responsables dans une prison de Sheikhupura, près de Lahore.

Photo : Associated Press

Radio-Canada

Six mois après avoir échappé à la peine de mort pour blasphème, la chrétienne Asia Bibi a quitté le Pakistan pour trouver refuge au Canada, selon son avocat, Saif Ul Malook, et des sources de CBC.

« C'est un grand jour », a commenté Me Malook au quotidien britannique The Guardian, qui affirme qu'« Asia Bibi a quitté le Pakistan et est arrivée au Canada ».

L'avocat a également confirmé l'information au New York Times, en précisant que sa cliente se trouvait à Ottawa, où ses deux filles vivent depuis décembre.

Interrogé à ce sujet après une réunion du caucus libéral, le premier ministre canadien Justin Trudeau a indiqué qu'il ne pouvait « malheureusement » pas commenter l'information.

« Je ne peux pas confirmer quoi que ce soit pour des raisons de vie privée et de sécurité », a-t-il déclaré.

Le ministère canadien des Affaires étrangères avait précédemment indiqué dans un courriel envoyé à Radio-Canada qu'il n'avait « pas de commentaire » à faire dans ce dossier.

En novembre dernier, M. Trudeau avait confirmé à l'Agence France Presse qu'Ottawa était « en discussion » avec les autorités pakistanaises pour accueillir Mme Bibi.

« On est en discussion avec le gouvernement du Pakistan. Je ne veux pas me prononcer plus là-dessus parce que c'est très délicat, mais comme vous savez très bien, le Canada est un pays qui accueille », avait-il dit.

En janvier, l'avocat de Mme Bibi avait aussi indiqué que si sa cliente pouvait un jour quitter le Pakistan, sa destination la plus probable serait le Canada.

Wilson Chowdhry, le président de l'association des chrétiens pakistanais de Grande-Bretagne, qui aide Asia Bibi et sa famille depuis des années, avait déjà révélé que le mari de Mme Bibi avait demandé l'asile « aux États-Unis, en Grande-Bretagne et au Canada ».

« Ces pays ont les plus grandes communautés de chrétiens pakistanais » et l'on y parle l'anglais, une langue qu'apprennent les filles d'Asia Bibi, mais qu'elle-même et son mari ne parlent pas, avait-il expliqué.

Contacté mercredi par Associated Press, M. Chowdhry a dit avoir reçu un message texte d'un diplomate britannique lui annonçant qu'« Asia est sortie ».

Un départ confirmé en catimini

Plus tôt dans la journée, des responsables des ministères de l'Intérieur et des Affaires étrangères du Pakistan ont indiqué sous couvert de l'anonymat qu'Asia Bibi avait bel et bien quitté le pays.

« Asia Bibi a quitté le pays. Elle est libre et voyage de sa propre volonté », a par exemple indiqué un responsable de la diplomatie pakistanaise à la chaîne Dawn.

Relâchée sur la base d’une décision de la Cour suprême pakistanaise, qui l'a innocentée en octobre dernier, Asia Bibi se sentait en danger au Pakistan.

Le verdict controversé a poussé des milliers de manifestants islamistes à prendre les rues d’assaut pour réclamer la mise à mort de cette chrétienne de 50 ans.

Les plus fervents détracteurs ont d’ailleurs menacé le premier ministre Imran Khan de renverser son gouvernement s'il osait laisser partir Mme Bibi.

« C'est un grand soulagement que cette épreuve honteuse soit enfin arrivée à son terme et qu'Asia Bibi et sa famille soient en sécurité », a déclaré Omar Waraich, directeur adjoint du programme Asie du Sud d’Amnistie internationale.

[Asia Bibi] n'aurait jamais dû être emprisonnée, et encore moins subir les menaces constantes qui pèsent sur sa vie.

Omar Waraich, d’Amnistie internationale.

Condamnée en 2010 pour blasphème, cette travailleuse agricole et mère de quatre enfants a passé huit ans dans le couloir de la mort. Elle a toujours plaidé son innocence.

Les événements qui l'ont menée derrière les barreaux remontent à 2009, lorsque Mme Bibi a voulu offrir de l’eau à des villageoises musulmanes.

Certaines ont refusé de boire dans la même bouteille qu’une chrétienne. Une dispute s’en est suivie, et deux d’entre elles l’ont accusée d’avoir insulté le prophète Mahomet.

Avec les informations de Reuters, et Agence France-Presse

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