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L'Iran donne 60 jours pour sauver l'accord sur le nucléaire

Le président iranien, portant la barbe mi-longue, des lunettes et un chapeau enturbanné, observe un mur où figure un diagramme et des cadrans analogiques.

(Archives, 2015) Le président iranien Hassan Rohani lors d'une visite à la centrale nucléaire de Bouchehr

Photo : Associated Press / Mohammad Berno

Radio-Canada

Un ultimatum de 60 jours a été lancé par le président iranien Hassan Rohani aux autres pays signataires de l'accord de Vienne sur le nucléaire pour qu'ils mettent en œuvre leurs promesses de protéger les secteurs bancaire et pétrolier contre les sanctions américaines.

L’Iran a fait cette demande à la Chine, la Russie, la France, le Royaume-Uni et l’Allemagne, les États-Unis s’étant retirés de cet accord l’an dernier.

L'accord « avait besoin de subir une opération chirurgicale » après « qu'une année de sédatifs n'a produit aucun effet », a déclaré M. Rohani.

« Cette opération chirurgicale est destinée à sauver l'accord, pas à le détruire », a-t-il ajouté.

M. Rohani a également annoncé, dans un discours retransmis à la télévision iranienne, que son pays cesserait de vendre son uranium enrichi et son eau lourde à d’autres pays, comme le prévoit l’accord signé en juillet 2015.

Or, si les autres pays signataires ne respectent pas leurs propres engagements, Téhéran augmentera son niveau d’uranium enrichi.

Hassan Rohani a mis en garde contre la « réponse ferme » de la République islamique si le Conseil de sécurité des Nations unies devait à nouveau se rencontrer pour discuter du dossier nucléaire iranien. Il s'est dit prêt à des négociations.

Pékin invite à la retenue

La Chine a répliqué aux demandes iraniennes en faisant valoir que le respect de l’accord devait primer. « Maintenir et appliquer l'accord est de la responsabilité de toutes les parties », a déclaré devant la presse le porte-parole de la diplomatie chinoise, Geng Shuang.

« Nous appelons toutes les parties en présence à faire preuve de retenue, à renforcer le dialogue et à éviter une escalade des tensions », a ajouté M. Geng, rappelant que la Chine s'opposait aux sanctions unilatérales des États-Unis contre l'Iran.

Le président Donald Trump a annoncé le retrait des États-Unis de l’accord de Vienne il y a un an, ouvrant ainsi la voie au rétablissement des sanctions économiques américaines levées après son entrée en vigueur.

De nouvelles sanctions pourraient d'ailleurs s'additionner « prochainement » contre l'Iran, a laissé planer le conseiller spécial du président, Tim Morrison.

Attendez-vous à des sanctions supplémentaires prochainement. Très prochainement.

Tim Morrison, conseiller spécial du président américain lors d'une conférence à Washington

Pour sa part, le secrétaire d'État américain Mike Pompeo a qualifié les récentes déclarations de l'Iran d'« intentionnellement ambiguës ». « Il faut que nous attendions de voir quelles seront vraiment les actions de l'Iran » avant de décider d'une réponse américaine, a ajouté M. Pompeo.

Sauver l'accord

Les signataires européens s'efforcent de sauver l'accord depuis le retrait des Américains en contournant ces sanctions, qui s'étendent aux partenaires commerciaux de Téhéran.

Mais ils se réservent la possibilité d'enclencher le mécanisme de retour aux sanctions si Téhéran décide d'entorses à l'accord, a déclaré mardi une source à l'Élysée.

« Aujourd'hui, rien ne serait pire que l'Iran, lui-même, quitte cet accord », a d’ailleurs précisé la ministre française des Armées, Florence Parly, sur BFM TV et RMC Info.

Questionnée à savoir si le régime iranien s'exposait à des sanctions, la ministre a répondu : « Probablement, cela fait partie des choses qui seront examinées. »

« Si ses engagements n'étaient pas respectés, naturellement cette question serait posée », a-t-elle déclaré.

De son côté, la Russie a indiqué mercredi demeurer « engagée » dans l'accord sur le nucléaire iranien. Moscou a par ailleurs dénoncé les pressions « déraisonnables » contre l'Iran.

« Le président [Poutine] a à de nombreuses reprises parlé des conséquences des actions irréfléchies entreprises contre l'Iran, dont la décision prise par Washington [de quitter l'accord]. Nous voyons maintenant ces conséquences à l'oeuvre », a indiqué lors d'une conférence téléphonique le porte-parole du Kremlin Dmitry Peskov.

Avec les informations de Reuters, et Agence France-Presse

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