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Collusion : un ex-VP de Genivar plaide coupable

La fiche d'Yves Lortie déposée à la commission Charbonneau.
La fiche d'Yves Lortie déposée à la commission Charbonneau. Photo: CEIC
Gaétan Pouliot

L'ingénieur Yves Lortie a reconnu avoir toléré un système illégal de partage de contrats à Montréal au cours des années 2000, alors qu'il était cadre de la firme Genivar. Il a fait cet aveu devant le conseil de discipline de l'Ordre des ingénieurs du Québec.

Après avoir annoncé vouloir contester « vigoureusement » toutes les infractions que l’Ordre des ingénieurs lui reprochait, Yves Lortie a finalement plaidé coupable à une plainte réduite, mardi.

De 2005 à 2009, alors qu’il était vice-président chez Genivar, M. Lortie a « toléré » un système de partage des contrats permettant à des firmes d'ingénierie « de contourner le processus d’appels d’offres de la Ville de Montréal », a-t-il admis.

« Un compromis, c’est un compromis. Tu écoutes les avocats », s’est limité à dire M. Lortie, avec un air contrit, à la sortie de la salle d’audience.

Une version précédente des chefs d’infraction alléguait que M. Lortie avait participé à ce système de collusion et avait posé des gestes de corruption.

Commission Charbonneau

Le nom d’Yves Lortie a été prononcé à de nombreuses reprises lors de la commission Charbonneau.

L’ingénieur François Perreault, qui était aussi vice-président chez Genivar, avait expliqué que sa firme remettait 3 % de la valeur des contrats obtenus en guise de contribution au financement d’Union Montréal, le parti de Gérald Tremblay, maire de Montréal à l’époque. En retour, Genivar - qui s’appelle aujourd’hui WSP Global - était favorisé dans l’octroi des contrats, tout comme les autres firmes collusionnaires.

Pour verser ces contributions politiques illégales, la firme d'ingénierie avait recours à un stratagème de fausse facturation.

Yves Lortie a participé à ce système de collusion et de corruption, avait affirmé M. Perreault.

« M. Lortie avait une implication à Montréal qui était loin d’être négligeable », a pour sa part dit Réal Giroux, syndic de l’Ordre des ingénieurs du Québec, lors de son témoignage devant le conseil de discipline, lundi.

Le conseil de discipline de l’Ordre des ingénieurs du Québec doit maintenant déterminer si M. Lortie sera radié temporairement et s’il lui imposera une amende.

M. Lortie travaillerait aujourd’hui comme ingénieur en chef dans les Caraïbes. Il réside aux Bermudes, a dit son avocate lors de l’audience.

60 ingénieurs sanctionnés

Dans la foulée de la commission Charbonneau, quelque 400 enquêtes ont été ouvertes par l’Ordre des ingénieurs, qui s’est fait aider dans ses démarches par une firme composée d’anciens officiers de la Sûreté du Québec spécialisés en crime économique.

Depuis, 60 ingénieurs ont été sanctionnés pour des affaires de collusion, de corruption et de fausse facturation. Cinq d’entre eux travaillaient pour Genivar.

Il reste une dizaine de cas à entendre devant le conseil de discipline de l’Ordre.

Enquête Fronde

Selon l’enquête policière baptisée Fronde, l’ex-président du comité exécutif de la Ville de Montréal Frank Zampino et le collecteur de fonds Bernard Trépanier avaient implanté un système de partage illégal des contrats pour les travaux en ingénierie en échange d’une ristourne de 3 % au bénéfice du parti Union Montréal.

L’ex-patron du service des infrastructures de la Ville de Montréal Robert Marcil, quatre cadres de firme d'ingénierie et M. Zampino font d’ailleurs face à des accusations criminelles dans cette affaire. Le procès doit débuter en septembre.

L’ex-vice-président de la firme CIMA+ Yves Théberge, qui était aussi accusé, a pour sa part plaidé coupable.

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Corruption et collusion

Société