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Des sinistrés de Sainte-Marthe dépités d’apprendre qu’ils ne seront pas indemnisés

M. Lacroix devant l'église, une main sur une rampe d'escalier.

Yves Lacroix est un des sinistrés qui est allé à la rencontre d'information du ministère de la Sécurité publique, à l’église de Saint-Agapit. Il habite sur la rue Lambert, à Sainte-Marthe-sur-le-Lac.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Radio-Canada

Le climat est tendu aux séances d'informations offertes par le ministère de la Sécurité publique aux sinistrés de Sainte-Marthe-sur-le-Lac. Plusieurs y ont appris depuis le début de la semaine qu'ils ne seront pas admissibles au programme d'indemnisation du gouvernement.

De lundi à mercredi, six rencontres ont été organisées à l’église Saint-Agapit de Deux-Montagnes, la municipalité voisine. Mais les sinistrés qui y participent en ressortent souvent avec plus de questions que de réponses.

D’autres peinent à cacher leur mécontentement après avoir appris qu’ils ne toucheront pas un cent de l’aide gouvernementale promise.

Les propriétés écartées du programme d’indemnisation sont principalement celles de résidents qui n'ont pas été inondés directement par le débordement du lac des Deux Montagnes, mais qui ont subi un refoulement d'égout.

Le gouvernement du Québec juge que, dans ce cas-ci, c’est aux compagnies d’assurance de rembourser les sinistrés. Or ceux-ci se doutent bien que les primes qu’ils toucheront risquent d’être bien moins élevées que les dommages subis par les crues printanières.

Pendant ce temps, le travail de nettoyage se poursuit sur le terrain. La brèche qui a fait céder la digue a été colmatée en fin de semaine dernière, et les opérations de pompage continuent dans la zone « sacrifiée », ce qui contribue à faire diminuer le niveau de l’eau.

L’opération est délicate, puisque les autorités doivent s’assurer que la digue est en mesure de supporter la pression qui arrive de l’intérieur des terres, alors qu’elle a été construite pour contenir la crue du lac des Deux Montagnes.

Ainsi, la digue fait l'objet de vérifications chaque fois que le niveau de l'eau diminue de 30 centimètres – une précaution qui sera observée jusqu'à ce que toutes les rues de Saint-Marthe-sur-le-Lac soient au sec.

Des intervenants psychosociaux sont par ailleurs présents sur le terrain afin de soutenir les citoyens les plus durement touchés, qui rentrent progressivement chez eux pour constater l'ampleur des dégâts.

Une équipe de professionnels s'est installée près de la zone inondée, dans un véhicule récréatif qui tient lieu d'unité mobile psychosociale.

« On veut être visible à la population », explique Sandra Cormier, responsable des mesures d'urgence psychosociales pour le Centre intégré de santé et de services sociaux des Laurentides.

« Ce qu'on souhaite, c'est qu'ils viennent vers nous, dans l'unité mobile, de façon plus confidentielle », poursuit-elle. « La clientèle pleure beaucoup. On sent aussi un certain traumatisme, en lien avec des bruits, des sons. »

Infirmières et travailleurs sociaux seront présents sur le terrain pour les trois prochains mois. Car les symptômes d’une détresse psychologique peuvent se manifester plusieurs semaines après le choc initial, prévient Jean-Claude Dessau, médecin-conseil à la direction de Santé publique.

« On fonctionne à l'adrénaline, alors on essaye de parer au plus pressant; on a beaucoup de choses à penser, ça occupe tout l'esprit… », illustre-t-il.

Mais le stress est là! Et après, quand l'adrénaline est tombée, qu'on se rend compte des choses qu'on doit faire à moyen et à long terme, c'est là que ça peut devenir problématique.

Jean-Claude Dessau, médecin-conseil à la direction de Santé publique

Selon le dernier bilan d’Urgence Québec, il y a encore à Sainte-Marthe-sur-le-Lac 736 résidences inondées, 872 résidences isolées et 5506 personnes évacuées.

Deux hommes portant des vêtements de travail marchent devant un tas de débris, posé sur le terrain avant d'une maison.

Le nettoyage bat son plein à Sainte-Marthe-sur-le-Lac. Les sinistrés ont entamé une véritable course contre la montre pour tout sortir avant que la pourriture ne s'empare de leur demeure.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Lundi, la mairesse de Sainte-Marthe-sur-le-Lac, Sonia Paulus, avait affirmé qu’elle n’envisageait pas le déplacement des résidents dont les maisons sont situées sous le niveau du lac des Deux Montagnes.

Mais mardi, François Legault a dit ignorer si la digue mise en cause dans les inondations pourra être entièrement reconstruite.

« Je sais que la mairesse souhaite qu’on rebâtisse une digue de façon permanente, à la grandeur, et ça fait partie des urgences qu’on a actuellement », a indiqué le premier ministre. Mais « pour l’instant, c’est prématuré », a-t-il jugé. « C'est important de savoir si on peut construire une nouvelle digue deux pieds plus élevée que la précédente et, ensuite, être capable de prendre des décisions concernant les réparations ou les déménagements, mais il est trop tôt à ce moment-ci pour répondre à cette question. »

Avec la collaboration de Valerie-Micaela Bain et Myriam Fimbry

Grand Montréal

Incidents et catastrophes naturelles