•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

L’industrie des voitures de luxe liée au blanchiment d’argent en C.-B.

Le devant d'une voiture sport

Vancouver est la capitale nord-américaine des voitures sport

Photo : Radio-Canada / Evan Mitsui

Anaïs Elboujdaïni

Le procureur général de la Colombie-Britannique, David Eby, et l'enquêteur indépendant Peter German estiment que l'industrie des véhicules de luxe présente plusieurs zones grises propices au blanchiment d'argent dans la province.

Mardi, les deux hommes ont présenté une partie du rapport sur le blanchiment d’argent dans les industries « vulnérables » des courses de chevaux et du marché des voitures de luxe. Celui-ci a été commandé par le gouvernement provincial dans le cadre d’une enquête pour mieux lutter contre le blanchiment d’argent.

L'utilisation d’hommes de paille - des faux acheteurs -, la revente de véhicules de luxe par de tierces parties, l’exportation de véhicules volés et l’utilisation d’argent comptant pour des transactions importantes sont au nombre des pratiques définies par le rapport qui invitent au blanchiment d’argent.

Les achats en argent comptant à la hausse

Des concessionnaires de voitures de luxe ont admis dans le rapport recevoir des paiements en argent comptant. « Je dirais que cela arrive une fois par mois. Ces gens paient une somme de 40 000, 50 000 ou 60 000 $ », dit un concessionnaire anonyme cité dans le rapport.

Les concessionnaires ne sont pas tenus de déclarer de grosses sommes payées en argent comptant, par exemple, auprès du Centre d'analyse des opérations et déclarations financières du Canada, le CANAFE.

Vancouver est reconnue comme la capitale nord-américaine des voitures de luxe.

Peter German, enquêteur indépendant

L'exportation mise en cause

Le rapport note une augmentation des ventes de véhicules à l’étranger, vers des pays où la valeur d’un véhicule est plus importante.

Comme 24 % des véhicules de luxe volés ne sont pas retrouvés par les autorités, contre 18 % pour les autres types de véhicules, le rapport avance qu’ils sont sans doute vendus à l'étranger.

Ce qui est plus troublant encore, pour Peter German, c'est que les criminels qui exportent des véhicules de luxe profitent ensuite de rabais de la province. En 2016, 3674 véhicules ont profité d’un rabais sur la taxe de vente provinciale, contre moins d’une centaine par année avant 2014. Il est cependant impossible de savoir combien de ces véhicules proviennent d’activités criminelles.

Victoria promet de prendre les choses en main

Le procureur général, David Eby, qui déplore notamment le manque de présence policière permanente dans les ports, soutient que son gouvernement a entrepris de s’attaquer à des zones grises de l’industrie.

Le gouvernement prévoit, entre autres, une révision de la réglementation du secteur des voitures de luxe.

« Le ministère des Finances examine actuellement les conclusions du rapport, ainsi que l'utilisation du programme de remboursement de la taxe de vente provinciale par les exportateurs de véhicules », explique le ministre de la Justice.

Les allégations formulées dans le rapport ont été transmises à la police, à l'ICBC.

David Eby, procureur général de la Colombie-Britannique

D'autres secteurs sous la loupe

L’industrie des courses de chevaux a aussi été étudiée par l’enquêteur indépendant. Deux hippodromes sont en activité dans la province, à Surrey et à Vancouver. Le rapport souligne qu’il s’agit d’un secteur « vulnérable », mais qui ne présente pas de failles importantes pour permettre le blanchiment d’argent.

Un rapport complet, qui présente les constats sur l’industrie immobilière, doit être publié sous peu, selon le ministre de la Justice.

Colombie-Britannique et Yukon

Crime organisé