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Laïcité : Marwah Rizqy attaque ses collègues libéraux... et s'excuse

Marwah Rizqy dans les corridors de l'Assemblée nationale.

Marwah Rizqy a dû présenter des excuses après des attaques contre ses possibles adversaires à la chefferie libérale.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

La députée de Saint-Laurent et possible candidate à la direction du Parti libéral du Québec (PLQ), Marwah Rizqy, a dû faire marche arrière et présenter des excuses, mardi, après avoir mené la veille une charge frontale contre certains de ses collègues et possibles adversaires. Cette sortie lui a valu des remontrances de la part de plusieurs gros noms de la formation, qui ont déploré ces tirs fratricides.

« Ceux qui défendent Bouchard-Taylor, ils ont déjà une maison politique : c'est la Coalition avenir Québec (CAQ), le Parti québécois, ou des fois Québec solidaire », a ainsi déclaré lundi Mme Rizqy, lors de son passage sur les ondes de Qub Radio.

Ce faisant, elle écorchait, sans les nommer, ses collègues Dominique Anglade, Sébastien Proulx et Gaétan Barrette, tous des anciens transfuges de la CAQ et de son ancêtre, l'Action démocratique du Québec, et qui ont récemment évoqué un possible ralliement au « consensus Bouchard-Taylor » sur l'interdiction du port de signes religieux par les agents en position d'autorité dans la fonction publique, soit les juges, les policiers et les gardiens de prison.

Tous trois sont considérés comme des candidats possibles à la chefferie libérale.

« Madame Anglade, si elle pense que l'on peut changer de position pour faire des gains politiques, aussi bien mettre [le sondeur] Jean-Marc Léger au sommet de l'État et gouverner par sondages! », a lancé Mme Rizqy, lors de son entrevue.

Piqués au vif, plusieurs députés libéraux ont fait pression mardi pour que Marwah Rizqy s'excuse de ses propos, ce qu'elle a accepté de faire.

En point de presse, la députée de Saint-Laurent a reconnu avoir tenu des propos « inutilement durs » envers certains de ses collègues. Elle a également précisé avoir appelé directement les confrères en question pour s'excuser.

La sortie de la députée élue pour la première fois lors des élections d'octobre dernier a d'ailleurs suscité bon nombre de réactions négatives.

« Je vous dirais que c’est un manque de maturité – politique et personnelle – évident de la part de Marwah Rizqy », a soutenu son collègue André Fortin, interrogé sur le dossier à l’Assemblée nationale.

« C’est un grand manque de maturité d’attaquer ses collègues », a ajouté Marie Montpetit.

La course [à la chefferie] commence; faisons-la dans le respect, c’est un appel au calme, c’est tout.

Carlos Leitao, député libéral

« Ce que j’ai à dire, c’est la chose suivante : lorsqu’on fait de la politique, il faut le faire dans le respect », a ajouté Sébastien Proulx.

« Les idées nouvelles, c’est intéressant en politique, mais c’est bien que ça soit assorti d’un peu d’humilité et d’humanité », a pour sa part souligné David Birnbaum, député de D’Arcy-McGee.

Le présumé dérapage verbal de Mme Rizqy a cependant laissé de glace au moins l’un de ses possibles adversaires. « Est-ce que j’ai l’air traumatisé? Ce sont des choses qui arrivent, c’est tout », a lancé Gaétan Barrette, tout sourire.

Retour à la normale

Les excuses de Mme Rizqy sont par ailleurs considérées comme une « bonne décision » par le chef libéral intérimaire, Pierre Arcand.

En mêlée de presse dans les corridors de l’Assemblée nationale, celui-ci a nié ne pas suffisamment assurer la discipline au sein de ses troupes.

« C’est très bon d’avoir un brassage d’idées, mais je pense que tout le monde a reconnu que l’on était allé un peu loin. […] J’ai discuté avec Mme Rizqy et avec les autres députés : la discipline doit être au rendez-vous et elle sera au rendez-vous », a-t-il déclaré.

« Il faut se rappeler une chose : il y aura un "après" campagne au leadership, et quelle que soit la personne [élue], il faudra obtenir un appui consensuel de la part de tous les députés. »

Les membres du caucus libéral se sont-ils réconciliés? « Il n’y avait pas vraiment eu de chicane; il y a eu des propos qui ont été trop loin. Ça a été trop loin, et c’est parfait comme ça », a répété M. Arcand.

Le Parti libéral du Québec doit élire un nouveau chef au printemps 2020. Personne ne s’est pour l’instant officiellement lancé dans la mêlée.

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