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Trudeau s'attend à « l’une des plus ignobles et conflictuelles » campagnes électorales de l’histoire

Justin Trudeau répond à une question à la Chambre des communes.

Justin Trudeau estime que « la campagne positive l'emporte sur la peur et la division » dans une lettre envoyée aux électeurs canadiens.

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Prenez note que cet article publié en 2019 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

« Comme l'ont déclaré les conservateurs, il est probable que la campagne de 2019 soit l'une des plus ignobles et conflictuelles de l'histoire de la politique canadienne », écrit le chef libéral Justin Trudeau dans une lettre adressée aux électeurs du pays, visant à récolter des dons, moins de six mois avant le prochain scrutin fédéral.

« Peur », « division », « négativité » : ces mots sont omniprésents dans ce courrier daté du 2 mai, qui tient, dans le même temps, à mettre de l’avant le « plan positif » et le « changement positif » réalisés par l’équipe de Justin Trudeau.

« Certains politiciens voudraient nous voir revenir à la politique négative et porteuse de division du passé », est-il souligné, en faisant référence à la politique menée par l’ancien premier ministre conservateur Stephen Harper.

Cette lettre a été envoyée, selon le Parti libéral du Canada, « partout au pays et dans les deux langues officielles », afin d'« [insister] sur l’importance du financement de la base », a indiqué un stratège libéral à Radio-Canada, tout en soulignant qu’« Andrew Scheer a repris les mêmes politiques négatives et porteuses de division qui étaient typiques de Stephen Harper ».

Cette communication n’a d’ailleurs pas été réservée uniquement aux sympathisants libéraux. Pascal Bérubé, chef par intérim du Parti québécois (PQ), a assuré sur les réseaux sociaux, photo à l’appui, avoir reçu une telle lettre, qui lui était adressée personnellement.

Trudeau veut « vaincre la politique de la peur »

Disant vouloir faire « passer l’espoir avant la peur », Justin Trudeau espère que cet appel aux dons « nous [aidera] à vaincre la politique de la peur et de la division ».

Au total, les mots « division » et « peur » sont utilisés à neuf reprises dans cette lettre.

Ce n’est pas la première fois que Justin Trudeau avance une telle prédiction pour ces élections qui se dérouleront le 21 octobre.

Fin 2018, au cours d’une soirée de financement, le premier ministre disait être « peut-être face à la campagne politique la plus négative, la plus sournoise et qui suscitera le plus de division de l'histoire du Canada », selon des propos rapportés par La Presse canadienne.

Justin Trudeau et Andrew Scheer se serrent la main dans une foule.

Le parti d'Andrew Scheer a cumulé plus du double de dons que celui de Justin Trudeau depuis le début de l'année.

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Trudeau joue sur « la peur », disent des experts

Selon des experts interrogés par Radio-Canada, cette communication de Justin Trudeau lance clairement la campagne électorale. « Ça sent la panique », avance André Lamoureux, politologue à l'UQAM.

« Il parle d'optimisme, mais dans cette lettre, je ne vois aucun message positif. Il ne donne pas l'exemple. Il pourrait parler de son programme de soutien aux familles, par exemple. Mais il se campe à être négatif et dire que les oppositions sont sources de peur et de division », analyse-t-il.

Justin Trudeau, avec « ces mots très forts », « mobilise cette idée de peur » et « joue sur la peur », confirme Thierry Giasson, professeur de communication politique à l'Université Laval.

C'est une stratégie politique. On répond aux attaques avant qu'elles ne sortent pour diminuer leur portée. On prépare le terrain.

Une citation de : Thierry Giasson, professeur à l'Université Laval

« C'est cohérent, précise-t-il, avec un climat d'insécurité qu'on veut présenter à la population. »

Le premier ministre « doit sentir la soupe chaude, avec un taux d'insatisfaction très élevé », croit André Lamoureux.

Les conservateurs conviennent d'une campagne « rude »

Alors qu'Andrew Scheer, en octobre dernier, avait déjà indiqué, en anglais, que cette campagne serait « nasty » (Nouvelle fenêtre)- ce qui peut se traduire par "sale" -, le Parti conservateur du Canada convient, comme le premier ministre, qu'elle sera corsée.

« C'est clair que la campagne sera rude, très dur, difficile. On voit les attaques des libéraux qui ont inversé les rôles. Au lieu de défendre son bilan, le gouvernement joue les critiques. C'est de la petite politique », souligne le député québécois Alain Rayes.

Andrew Scheer prend la parole

L'équipe d'Andrew Scheer ne renie pas les propos de Justin Trudeau, en confirmant que la campagne à venir sera rude.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Le Parti conservateur en nette avance dans les dons

À moins de six mois du scrutin prévu le 21 octobre, en matière de dons, le Parti conservateur du Canada (PCC) est nettement en avance par rapport aux libéraux, qui ont annoncé, début mai, la nomination d’un ancien directeur national du parti (2013-2015), Jeremy Broadhurst, comme directeur de campagne.

Cette tâche a été confiée, dès octobre 2017, à Hamish Marshall, du côté du PCC.

Les dons reçus au premier trimestre 2019 :

  • Parti conservateur du Canada : 8,01 millions de dolars de 50 026 donateurs
  • Parti libéral du Canada : 3,9 millions de 33 321 donateurs
  • Nouveau parti démocratique : 1,2 million de 13 713 donateurs
  • Parti vert du Canada : 783 278 $ de 9786 donateurs
  • Bloc québécois : 215 421 $ de 2197 donateurs

Au cours du premier trimestre 2019, le parti d’Andrew Scheer s’est par ailleurs targué d’avoir établi un record de financement politique. Selon les données fournies par Élection Canada, le PCC a rassemblé plus de 8 millions de dollars, provenant de plus de 50 000 donateurs.

Dans le même temps, le PLC a reçu 3,9 millions, d’environ 33 300 personnes.

En guise de comparaison, à la fin du premier trimestre 2015, quelques mois avant les élections qui avaient porté Justin Trudeau au pouvoir, le PCC avait récolté 6,4 millions de dollars, contre 4 millions pour le PLC.

« Les libéraux arrivent en campagne beaucoup plus amochés qu'ils ne devraient l'être, juge Thierry Giasson. Ils auront besoin de ressources humaines et financières. Mais leur coffre n'est pas vide, ce n'est pas un parti en mauvaise santé financière. »

Fin 2017, près d'1,7 million étaient dans les coffres du PLC, contre 3,5 millions pour le PCC, selon les derniers rapports financiers disponibles des deux partis.

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