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Les prestations de maladie : l'autre « trou noir » de l'assurance-emploi

William Morissette devant le Centre d'Oncologie Léon-Richard du CHU Dumont à Moncton

William Morissette déplore le manque de soutien envers les gens atteints d'un cancer qui doivent s'absenter du travail pour plus de 15 semaines.

Photo : Radio-Canada / Camille Bourdeau

Prenez note que cet article publié en 2019 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

William Morissette est atteint d'un cancer qui l'empêche de travailler depuis plus de 15 semaines. Il n'a plus accès aux prestations de maladie et dénonce les failles du système de l'assurance-emploi.

William Morissette, 53 ans, a travaillé toute sa vie, jusqu’à ce qu’il apprenne qu’il était atteint d’un cancer du côlon de stade 3.

Dès le début de ses traitements en janvier dernier, il recevait des prestations de maladie de l’assurance-emploi, mais celles-ci se limitent à 15 semaines seulement.

Or, William  Morissette s’apprête à subir une stomie, une intervention chirurgicale à l'intestin. Son médecin estime qu'il devra ensuite recevoir des traitements de chimiothérapie pendant 4 à 6 mois et subir une deuxième opération. Il ne pourra pas travailler pendant près d’un an.

Prévoyant, le patient s’est tourné vers le Régime de pensions du Canada pour obtenir des prestations d’invalidité, mais elles lui ont été refusées.

Le chaînon manquant de l’assurance emploi

J’étais sûr d’être accepté, avec les papiers et les notes du docteur, lance-t-il, découragé.

Dans la demande, le médecin a indiqué que son patient pourrait reprendre son emploi après tous ses traitements si tout va bien, peut-on lire.

William Morissette affirme lui-même qu'il a hâte de retourner travailler, mais il doit accepter la réalité, ce ne sera pas avant un an.

Selon lui, les travailleurs honnêtes sont pénalisés.

Je veux retourner travailler, j'aime ça, c'est valorisant le travail, mais ceux qui travaillent sont pénalisés des fois et je trouve ça injuste.

Une citation de : William Morissette, atteint d'un cancer

Il croit que les prestations de maladie, dans le cas d’un cancer, devraient s’étendre sur un an afin de permettre aux malades de prendre le temps de guérir.

Une patiente souffrant du cancer se repose après un traitement de chimiothérapie

Une patiente souffrant du cancer se repose après un traitement de chimiothérapie

Photo : iStock

Service Canada a indiqué par courriel à Radio-Canada que d’autres programmes de soutien sont disponibles en cas de maladie ou d’incapacité à long terme, ce qui comprend les prestations d’invalidité qui ont été refusées à M. Morissette.

Le gouvernement ne s’est pas prononcé sur la possibilité de modifier la durée des prestations de maladie.

Les travailleurs comme William se trouvent donc dans une zone grise où ils ne peuvent ni travailler ni obtenir de revenu jusqu’à leur retour au travail.

Des options limitées

À quelques jours de sa stomie, William Morissette a effectué des démarches pour contester le refus de prestations d’invalidité, mais la révision de son dossier pourrait prendre près de trois mois.

L’aide sociale n’est pas une option selon lui, c'est trop de questions, trop d'affaires personnelles impliquées et je ne veux pas me battre à ce point-là, j'ai déjà à me battre avec le cancer, se désole-t-il.

Capture d'écran de la page go fund me de William Morissette

«J'ai besoin de votre aide, parce que les 15 semaines de prestations de maladie ne sont pas suffisantes pour guérir un cancer et qu'on m'a refusé les prestations d'invalidité, même si je dois subir deux chirurgies», peut-on lire sur sa page de sociofinancement.

Photo : Images : Go fund me/Colon Cancer An Stop Ei May 4

Il s’est récemment tourné vers les plateformes de sociofinancement afin d’amasser un peu d’argent pour son quotidien et éviter que son fardeau financier repose sur son entourage.

Il souhaite que son histoire incite le gouvernement à modifier son programme pour éviter que d’autres personnes aux moyens financiers modestes ne se retrouvent dans sa situation.

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