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Scheer estime que Trudeau s'est montré faible à l'international

Andrew Scheer, chef du Parti conservateur du Canada, devant le Conseil des relations internationales de Montréal (CORIM) le 7 mai 2019.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Anne Marie Lecomte

« Le style au détriment de la substance » : voilà ce qu'a dit le chef conservateur Andrew Scheer de la politique étrangère de son adversaire Justin Trudeau, mardi, lors d'une allocution révélant comment il représentera le Canada dans le monde s'il devient premier ministre, en octobre prochain.

Parmi les menaces à la prospérité et à la sécurité du Canada, le chef du Parti conservateur du Canada (PCC) perçoit en premier lieu la Chine.

« Réinitialiser entièrement » la relation du Canada avec son puissant partenaire commercial chinois : tel est l'un des premiers objectifs d'Andrew Scheer qui ne tentera pas « d'amadouer » Pékin comme l'a fait, sans succès, Justin Trudeau, selon lui.

« D'abord, il y a la confiance et, ensuite, le commerce. Nous arriverons peut-être à ce stade avec la Chine, mais nous en sommes loin », a déclaré M. Scheer dans une allocution prononcée mardi devant les membres du Conseil des relations internationales de Montréal (CORIM).

Intitulé « Un Canada plus fort dans un monde turbulent », ce discours a permis au chef conservateur de tracer les grandes lignes de sa politique étrangère advenant qu'il réussisse à vaincre les libéraux de lors du prochain scrutin fédéral.

Et le chef conservateur n'a pas manqué de critiquer son adversaire.

« Peu après que Justin Trudeau est devenu premier ministre en 2015, il a proclamé : "Le Canada est de retour". Ce qui avait été largement et fort justement critiqué à ce moment-là », a-t-il rappelé. « Les Forces canadiennes venaient de passer une décennie en Afghanistan et combattaient des terroristes génocidaires en Irak et en Syrie », a poursuivi Andrew Scheer.

Avec M. Trudeau, le Canada n’est allé nulle part.

Andrew Scheer, chef du Parti conservateur du Canada, devant le CORIM

De l'avis d'Andrew Scheer, Justin Trudeau mène les affaires étrangères canadiennes « en privilégiant le style au détriment de la substance ».

Le gouvernement libéral « en désarroi »

Pour le chef conservateur, les libéraux ont fait preuve d'un « désarroi total » devant « la détention arbitraire et injustifiée de deux Canadiens » en Chine, de même que devant les représailles exercées par Pékin à l'encontre des agriculteurs canadiens. Les deux Canadiens en question sont le consultant Michael Spavor et l'ex-diplomate Michael Kovrig.

Aujourd'hui, le Canada n'a pas d'ambassadeur à Beijing après que l'ambassadeur précédent, nommé par partisanerie libérale, a été congédié pour inconduite grave. Et le gouvernement n'a toujours pas de plan pour faire revenir ces Canadiens [Michael Spavor et Michael Kovrig] au pays et contrer les tactiques d'intimidation de la Chine.

Andrew Scheer, chef du Parti conservateur, devant le CORIM

Des mesures contre Pékin

Le Canada, dit Andrew Scheer, ne doit plus entretenir d'illusions face au traitement que la Chine réserve à l'État de droit. « Tant et aussi longtemps que la Chine est prête à prendre nos exportations en otage tout en perpétrant des violations aux droits de la personne à une échelle industrielle, nous n'avons d'autres choix, en tant que Canadiens, de trouver d'autres partenaires commerciaux », a déclaré Andrew Scheer devant le CORIM.

S'il accède au pouvoir, M. Scheer promet de mettre fin à l'investissement de 250 millions de dollars du Canada dans la Banque asiatique d'investissement dans les infrastructures. Il entend aussi porter plainte formellement à l'Organisation mondiale du commerce (OMC) si Pékin poursuit ses mesures de représailles.

Je ne permettrai pas à des entreprises étatiques chinoises, uniquement vouées aux intérêts politiques chinois, d'obtenir un libre accès au marché canadien.

Andrew Scheer, chef du Parti conservateur, devant le CORIM

Moscou et ses visées expansionnistes

Andrew Scheer n'a pas cité le cas du géant chinois Huawei, qui veut accéder au marché canadien afin d'y implanter sa technologie 5G. Mais il a fait référence à Meng Wanzhou, directrice financière de Huawei, qui est en liberté surveillée au Canada et qui fait l'objet d'une demande d'extradition de la part de Washington.

« Durant la dernière année, les Canadiens ont appris comment fonctionne la justice chinoise, a dit Andrew Scheer. L'affaire Meng Wanzhou a donné lieu à des griefs tout en étant révélatrice sur bien des aspects. »

M. Scheer a aussi décoché une flèche à la Russie de Vladimir Poutine, autre grande menace à la sécurité et à la prospérité du Canada, selon lui.

De dire le chef du PCC : M. Poutine, avec son « aventurisme militaire », ne doit pas être traité impunément. « Si ce dernier occupe en ce moment l'Ukraine, demain, il pourrait occuper les eaux arctiques canadiennes. »

Entrevue avec Ferry de Kerckhove

À l'instar de Trump...

Andrew Scheer se dit déçu du fait que le gouvernement actuel « a abandonné son soutien de principe à Israël ». Et il a pour projet de reconnaître Jérusalem comme étant la capitale d'Israël et de déménager l'ambassade canadienne dans cette ville s'il devient chef du gouvernement canadien.

Une position par laquelle il se rapproche du président américain Donald Trump, qui a rompu avec près de sept décennies de diplomatie américaine et internationale en reconnaissant Jérusalem comme capitale d'Israël, en décembre 2017.

Un président Trump duquel Justin Trudeau n'a réussi qu'à se distancier, semant méfiance et tension entre deux pays qui devraient être les plus grands alliés du monde, critique le chef conservateur.

Andrew Scheer en cinq discours

Ce discours d'Andrew Scheer devant le CORIM était le premier d'une série de cinq qu'il fera dans les mois à venir au pays. Le dernier d'entre eux portera sur l'environnement et sera prononcé, de nouveau, au Québec.

Jusqu'à présent, le chef conservateur n'a guère étoffé sa position sur l'environnement; devant le CORIM, il a affirmé que la lutte contre les changements climatiques devait être menée par un ensemble de pays, et non par un seul.

Avec les informations de Louis Blouin

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