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L’église Saint-Louis-de-France sera démolie

L'église entièrement faite de béton se dresse au milieu d'un grand terrain vide et enneigé.
L'église Saint-Louis-de-France a définitivement fermé ses portes au printemps 2018. Photo: Radio-Canada / Pierre Fournier
Radio-Canada

Le sort en est jeté : l'Église Saint-Louis-de-France d'architecture brutaliste subira le pic des démolisseurs pour faire face à un immeuble d'appartements de luxe.

Le conseil municipal de Moncton a adopté un changement de zonage lundi soir pour permettre à la démolition d’aller de l’avant.

L’archevêque de Moncton, Mgr Valéry Vienneau, était présent. Il s’est dit satisfait de la décision. Que le rezonage ait été accepté ou non, le diocèse aurait dû démolir la structure, a-t-il affirmé, parce qu’il est en difficulté financière.

En ce moment, notre situation financière est très précaire à cause de toute la question des agressions sexuelles commises par quelques-uns de nos membres des années 1960 jusqu’en 1985. 

« Les gens ne veulent vraiment pas donner pour que  [les dons] aillent aux victimes. Ça, les gens me le disent très clairement. Il y a cette peur-là », Valéry Vienneau, archevêque de Moncton.L'archevêque de Moncton, Mgr Valéry Vienneau, était présent à la réunion. Il a affirmé que la démolition était inévitable. Photo : Radio-Canada

L’église a fermé au printemps de 2018, notamment à cause de la baisse de fréquentation de fidèles.

Un bon exemple du style brutaliste

Le directeur des collections et des expositions à la galerie d’art Beaverbrook, John Leroux, s’était rendu à la réunion pour inciter les conseillers municipaux à préserver l’église, un exemple du style brutaliste en vogue entre les années 1950 et 1970. Il se caractérise par la simplicité des formes et par le caractère brut du béton.

Nous sommes dans la ville de Resurgo (La devise de Moncton qui signifie « je me relève »), la ville des deuxièmes chances, ça fait partie de votre héritage, a plaidé cet architecte de formation.

M. Leroux a rappelé que l’architecte de l’église Saint-Louis-de-France, Gerry Gaudet, a fait partie de la première vague d’architectes acadiens qui ont dessiné les plans d’églises au Nouveau-Brunswick plutôt que de s’exiler.

Il s’agit probablement du meilleur exemple du style brutaliste au Nouveau-Brunswick

John Leroux, architecte

L’église a été construite en 1972 et son clocher ajouté trois ans plus tard. Il était l’oeuvre d’un autre architecte acadien, Arcade Albert.

John Leroux, architecte et directeur des collections et des expositions à la galerie d'art Beaverbrook, en entrevue.John Leroux, architecte, aurait souhaité que la Ville de Moncton tente de préserver l'église Saint-Louis-de-France, un bon exemple de l'architecture brutaliste. Photo : CBC/Sarah Morin

En mars dernier, le comité consultatif d’urbanisme de la Ville de Moncton avait recommandé que le rezonage ne soit pas accepté, à cause de l’architecture unique de l’église ainsi que pour « préserver et renforcer des lignes visuelles fortes », à Moncton.

Le clocher sera préservé

Le promoteur de l’immeuble d’appartements qui remplacera l’église, Albert Boudreau, de ATMJ Properties, affirme avoir modifié ses plans depuis la proposition initiale. Par exemple, le clocher sera préservé et incorporé au nouvel immeuble pour honorer les architectes de l’église, dit-il.

Schéma de l'immense édifice au milieu d'un terrain vertLe complexe proposé à la place de l'église Saint-Louis-de-France comptera 80 appartements répartis sur quatre étages. Photo : Spitfire Design

Il affirme qu’il aurait voulu préserver une plus grande partie de l’église, mais elle ne répond pas aux normes d’efficacité énergétiques d’aujourd’hui.

John Leroux trouve « raisonnables » les compromis qui ont été faits, d’autant plus que le clocher, d’après lui, est une des parties les plus uniques de l’église Saint-Louis-de-France.

La démolition procédera rapidement. Le promoteur veut lancer la construction de son nouvel immeuble vers le milieu de l’été.

Avec les informations de Tori Weldon, CBC

Nouveau-Brunswick

Politique municipale