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Unis pour aider les Autochtones aux prises avec des dépendances

Une femme autochtone debout dans une salle de réunion pendant une entrevue.

Cynthia Sitting Eagle, de la réserve Siksika, a réussi à débarrasser son quartier d'un laboratoire de méthamphétamine.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Comment aider les Autochtones aux prises avec des problèmes de dépendance? C'est le sujet d'une conférence de deux jours qui se déroule à Calgary sur la crise des opioïdes au sein des Premières Nations.

Cynthia Sitting Eagle vit dans la réserve Siksika. Pendant un certain temps, elle y voyait des toxicomanes tous les jours.

« Les gens venaient cogner chez moi pour demander des drogues », explique-t-elle.

La raison? Un laboratoire illégal de méthamphétamine était situé juste à côté de chez elle.

Un jour, exaspérée, elle décide d’installer un petit campement devant la maison qui vendait la drogue.

« La personne visée n’était pas contente, mais le reste de la communauté a réagi de manière très positive. Plusieurs membres de la communauté sont venus s’asseoir avec moi. Ils ont amené du bois pour faire des feux, de l’eau, ils voulaient savoir comment me soutenir », dit-elle.

Avec l’aide de la Gendarmerie royale du Canada (GRC), la communauté a réussi à faire fermer le laboratoire. Cynthia Sitting Eagle est contente, mais elle ne crie pas victoire pour autant.

« Ça se poursuit ailleurs sur la réserve Siksika », dit-elle.

Herman ManyGuns se tient dans un couloir.

Herman ManyGuns est un des aînés de la Première Nation Piikani.

Photo : Radio-Canada

Les Autochtones sont cinq fois plus susceptibles que les non-Autochtones d'être victimes d'une surdose d'opioïdes, selon Statistique Canada.

« C’est un problème très sérieux », lance pour sa part l'aîné Herman ManyGuns, de la Première Nation Piikani.

Il voit un parallèle entre la crise actuelle des opioïdes et l’arrivée des magasins d’alcool dans les réserves autochtones dans les années 1960.

« Ç’a été une épidémie à l’époque, surtout chez les jeunes. L’histoire semble se répéter », souligne-t-il.

Pour le consultant en questions autochtones, Nick Falvo, plusieurs raisons expliquent que les Autochtones sont plus touchés par la crise actuelle des surdoses.

La crise des opioïdes au Canada touche de manière disproportionnée les communautés autochtones.

Nick Falvo, consultant en questions autochtones

« C’est assez courant au Canada que les Autochtones représentent 30, 40 ou même 50 % de la population itinérante d’une ville, alors qu’ils ne sont que 5 % de la population générale. Chez les Autochtones itinérants, les problèmes de toxicomanie sont en général plus présents », dit-il.

« Les Autochtones sont les descendants de dizaines d’années de traumatismes intergénérationnels et de racisme. Ils sont très touchés par la pauvreté. Tout cela crée une tempête parfaite pour une crise de surdoses encore plus importante pour les Autochtones que pour le reste des Canadiens », ajoute Nick Falvo.

Nick Falvo se tient dans un hall d'hôtel de Calgary.

Nick Falvo juge que la crise des surdoses touche plus durement les Autochtones que le reste de la population.

Photo : Radio-Canada

Il aimerait que l'Alberta investisse dans plus de lits de traitement.

« Il y a des gens qui veulent de l’aide, mais ils n’arrivent pas à accéder aux services », dit-il.

Il note aussi le peu de programmes consacrés spécifiquement aux Autochtones et espère que le gouvernement de Jason Kenney n'ira pas de l’avant avec l’idée d’annuler les centres d’injection supervisés dans la province.

Herman ManyGuns ajoute qu’il aimerait bien voir plus de solutions pensées par et pour les Autochtones.

« Sur notre réserve, nous avons ouvert un centre de traitement créé par notre communauté et qui donne de bons résultats jusqu'à maintenant », mentionne-t-il.

Le centre travaille avec d’autres services de santé et des organismes de la région pour offrir un service coordonné.

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